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Assemblée de Corse : les révélations de Paul Giacobbi sur la SNCM

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Par France Bleu RCFM

Dossier SNCM : le président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse règle ses comptes. A l’occasion de la dernière ligne droite de la session, Paul Giacobbi n’a pas mâché ses mots, dénonçant certains agissements de l’Etat, de candidats à la reprise de la compagnie maritime, et laissant entendre de possibles dépôts de plainte.

Assemblée de Corse
Assemblée de Corse © Radio France

Rarement les fins de réunion de l’Assemblée de Corse ont été aussi riches en propos. Il faut dire que c’est le dossier de la SNCM qui est arrivé en discussion dans l’hémicycle via un dernier rapport intitulé « Adoption du principe d'une acceptation de la mise en œuvre d'une subdélégation pour la partie d'activité de service public de desserte maritime abandonnée par la SNCM ». Un dernier rapport qui a été l’occasion pour Paul Giacobbi, en séance publique, d’apporter plusieurs éclairages, sans ménagement aucun.

« Ces derniers mois ont détérioré la situation de la SNCM et fait naitre et développer de nouvelles perversions. L’Etat a raconté beaucoup d’histoires et omis de dire la vérité à propos de l’Europe. Premièrement, il nous a caché jusqu’au bout le procès en manquement devant le tribunal de l’union européenne, c'est-à-dire que, parce que les sommes non pas été recouvrées ni par l’Etat, ni par nous assez vite, l’union européenne accuse la France. … Nous risquons une amende de 200M€ parce que nous n’aurons pas recouvré assez vite, excusez du peu, et l’Etat nous a menti et nous a caché qu’il y avait ce procès. Nous l’avons découvert. Il nous a interdit de présenter notre défense. Tout ça est assez lamentable.

Par ailleurs l’Etat a voulu faire croire à une formule de discontinuité acceptée par l’UE. J’ai le regret de dire que c’était un mensonge, un gros mensonge. Nous nous en sommes rendus compte, puisque nous sommes allés à l’Europe directement et nous avons constaté que l’Union Européenne  n’acceptait la discontinuité qu’à la condition que la nouvelle SNCM ne soit pas repreneur de la DSP mais seulement d’une subdélégation. 

Les révélations effrayantes de la SNCM … 

A la SNCM, nous avons eu des révélations effrayantes, deux affaires assez sordides, assez ignobles. La première a été la vente du Napoléon Bonaparte dans des conditions suspectes, à tout le moins en deçà de sa valeur réelle etc. … Nous envisageons donc une plainte avec constitution de partie civile sur cette ténébreuse affaire, en réalité très claire. J’espère que l’enquête le révèlera.

Navires de la SNCM dans le port de Marseille
Navires de la SNCM dans le port de Marseille © Radio France

Par ailleurs, l’utilisation des fonds ainsi dégagés a été utilisée pour alimenter un plan de départs volontaires, plusieurs dizaines de millions d’euros pour quelques dizaines de salariés, tous choisis naturellement tout en haut de la hiérarchie. Là aussi nous interrogeons la direction de la SNCM qui ne nous répond pas. Et nous envisageons évidemment de saisir la justice sur cette affaire. L’Etat a discrètement, mais de manière constante et déterminée, soutenu, peut être même organisée  l’offre Dufour et Garin. Vous savez que Monsieur Garin est notoirement insolvable. Nous ne connaissons que trop Monsieur Dufour, non seulement à cause de la SNCM mais pour son lourd passé à Air Littoral, sa remarquable expérience dans la défaillance d’entreprise,  son art de faire financer par les collectivités territoriales ses erreurs de gestion et de finir par s’en aller avec un pécule tout à fait considérable. Cette offre consiste à vendre des navires à un tiers, moyennant une caution, et après quelques mois d’activité à liquider et à ce moment là évidemment, avoir soustrait de l’actif des biens pour moins de la moitié de leurs valeurs. Voilà ce qu’a soutenu l’Etat jusqu’à ces quelques jours. Nous avons tout fait pour éviter ce scandale et à la fin nous avons écrit au tribunal en lui disant que s’il choisissait cette offre nous saisirions le procureur de la République.

Cette affaire est menée de la part de la république de manière étrange. Il faudra bien à un moment ou un autre que l’on s’explique.

Aujourd’hui, nous savons que le tribunal de commerce de Marseille va choisir le 10 Juin. Nous savons que le plan social concernera environ 800 salariés sur les 1.550 que compte la société. Il est financé à hauteur de 85 M€. Nous savons que l’Union Européenne a garanti qu’une reprise sans DSP, mais avec la possibilité d’une subdélégation de la DSP par la CMN en faveur du repreneur n’entrainerait aucun risque d’obligation de remboursement des aides d’Etat illégales, ni pour le repreneur, ni pour la CMN. Autrement dit, l’UE dit si le repreneur reprend sans DSP, il peut néanmoins bénéficier d’une subdélégation de la délégation de service public par la CMN et à ce moment là nous lui garantissons que nous considérons qu’il n’y a pas de continuité. Par conséquent, il ne sera pas redevable du remboursement des aides illégales - le montant des aides illégales, c’est quand même 600M€ -

Je rappelle au passage que l’Etat refuse toujours de nous dire que nous pouvons continuer à payer. L’UE nous dit que nous ne pouvons plus continuer à payer. Et nous avons un procès en cours. C’est la raison pour laquelle, le paiement du mois d’Avril, qui devait intervenir fin mai, est retenu jusqu’à décision du tribunal.  »

internet PAUL GIACOBBI ASSEMBLEE

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