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Faits divers – Justice

Assignée à résidence à Allonnes, elle raconte

mardi 22 décembre 2015 à 22:24 Par Magali Fichter, France Bleu Maine et France Bleu

Le Conseil constitutionnel a jugé "conformes" les assignations à résidence dans le cadre de l'Etat d'urgence. En Sarthe, depuis les attentats, quatre personnes ont été soumises à ce régime. L'une d'entre elles témoigne.

Sylvia tient dans ses mains son assignation à résidence
Sylvia tient dans ses mains son assignation à résidence © Radio France - Magali Fichter

Allonnes, France

Sylvia, c'est un prénom d'emprunt, est musulmane. Elle habite à Allonnes, et elle est assignée à résidence depuis vendredi dernier. Les mains serrées sur la lettre qui l'informe de sa nouvelle situation, elle se remémore la soirée.

Une brigade, avec une estafette, ils étaient plusieurs, cinq ou six, peut-être. Ma première réaction ? Je leur ai demandé si c'était une blague. Je ne comprends pas. 

La maison de Sylvia a déjà été perquisitionnée il y a un mois. A cause, notamment, du père de sa fille, qui vit dans le sud de la France ; il est soupçonné de faire partie de la mouvance islamiste radicale. La lettre d'assignation à résidence évoque aussi un voile intégral que la jeune femme assure n'avoir jamais porté (elle porte un voile qui couvre ses cheveux mais pas son visage). Désormais, elle n'a plus le droit de sortir d'Allonnes, sauf pour pointer, deux fois par jour, au commissariat rue Coeffort au Mans. 

Je me dis que si mes enfants ont besoin de quelque chose en dehors d'Allonnes, je ne peux rien faire !

Sylvia raconte les conditions de son assignation à résidence

Mais le plus dur, dit-elle, c'est de n'avoir aucune information. Par exemple, elle n'a aucune idée du moment où son assignation à résidence se terminera. 

J'aurais presque préféré aller en garde à vue. Au moins, j'aurais pu peut-être avoir quelques réponses à mes questions, parce que là, à part ce qui est écrit sur ce bout de papier, je ne sais rien.

La jeune femme a contacté plusieurs associations, comme la Ligue des droits de l'homme, et elle a écrit au ministère de l'Intérieur.