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Meurtre conjugal à Abère : "C'est impardonnable, je préférerais être morte" témoigne l'accusée

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Le procès de cette femme de 63 ans, Chantal Corbin, qui a tué son mari à Abère le 1er juin 2018 s'est ouvert ce mercredi 23 juin à Pau. Une première journée où l'accusée et ses enfants se sont exprimés pour expliquer les circonstances du drame et revenir sur la personnalité complexe du couple.

Le tribunal correctionnel de Pau Le tribunal correctionnel de Pau
Le tribunal correctionnel de Pau © Radio France - DC

La personnalité de l'accusée et le témoignage de ses enfants étaient au cœur de la première journée du procès de Chantal Corbin, 63 ans, jugée par la cour d'Assises de Pau ce mercredi pour avoir tué d'un coup de fusil son mari Frédéric Laviano, 63 ans à l'époque, dans leur pavillon d'Abère le 1er juin 2018.

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Un contexte lourd

Le passé compliqué de Chantal Corbin a été évoqué en début d'audience : elle raconte à la barre son agression sexuelle par l'un de ses frères lorsqu'elle était plus jeune, son premier enfant qu'elle a eu à l'âge de 16 ans, le suicide par pendaison de son deuxième compagnon avec qui elle a eu trois garçons, et la rencontre en discothèque de son dernier conjoint, Frédéric Laviano, dont elle a eu deux filles. Elle reconnaît aussi des problèmes d'alcoolisme depuis une vingtaine d'années, et une mésentente avec son conjoint

Le 1er juin 2018 au soir, devant un épisode de la série "Plus Belle La Vie", elle lui demande d'aller prendre sa douche. Il refuse, le ton monte. Chantal Corbin se rend dans le garage du pavillon pour s'éloigner et "fumer une cigarette", alors que son mari l'insulte copieusement. Elle se saisit d'un fusil rangé là, elle le charge : "je voulais me tuer" explique-t-elle à la barre. Elle raconte qu'il se moque, qu'il affirme qu'elle ne saura pas se servir de l'arme. Mais elle tire sur lui, en plein thorax. L'homme s'effondre, elle appelle les secours, qui emmènent son mari à l'hôpital, où il décédera quelques heures plus tard.

Je n'ai jamais voulu faire ça

Derrière l'accusée, ses enfants écoutent son témoignage : ses trois premiers fils d'un côté, et de l'autre les deux filles du couple. "Pardon, pardon. Je ne voulais pas le tuer", lâche l'accusée en s'adressant à ses enfants. "Je n'ai jamais voulu faire ça. C'est impardonnable ce que j'ai fait, je préférerais être morte", ajoute-t-elle avant d'exploser en sanglots. 

Le témoignage sévère des enfants

Invités à témoigner, les enfants de l'accusée se succèdent devant la cour pour parler de leur mère et du couple qu'elle formait avec la victime. "C'était comme des enfants dans une cour de maternelle" raconte l'un des fils. "On se doutait que ça arriverait un jour, que ce soit d'un côté ou de l'autre", admet un autre, avant de lâcher : "je ne pourrai jamais pardonner"

Les deux filles du couple se sont exprimées en qualité de partie civile. "On a tenu la main de notre père à l’hôpital jusqu’à son dernier souffle." Les sœurs décrivent une relation quasi fusionnelle avec leur père. Elle parlent d'un "papa poule" qui avait toujours des petites attentions pour elles. En revanche, quand elles évoquent leur mère, c'est pour la qualifier de personne manipulatrice et méchante.

J'ai enterré ma mère avec mon père.

Elles relatent même un événement marquant de leur enfance. Quand elles avaient entre 8 et 12 ans, elles ont assisté à une scène de violence durant laquelle leur mère a mis, devant elles, un couteau sous la gorge de leur père. 

L'une des deux sœurs a conclu son passage à la barre en disant : "J’ai l’impression qu’on a amputé un bout de moi. J’y pense tous les jours." Quand on a demandé à l'autre comment elle envisageait sa future relation avec sa mère, elle répond du tac-au-tac "J'ai enterré ma mère avec mon père." Cette dernière, la plus jeune des deux filles, a accouché il y a une semaine. "Ce que je souhaite, c'est que mon bébé ne rencontre jamais sa grand-mère." 

Les deux sœurs expliquent pourtant avoir dit à plusieurs reprises à leurs parents que s'ils n'étaient plus heureux ensemble, il fallait se séparer. L'une d'elle déclarera même : "Je crois qu'il y a d'autres issues au mariage que le meurtre."

Le procès doit durer trois jours, le verdict est attendu ce vendredi 25 juin.

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