Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Assises de Côte-d'Or - Pascal Jardin, l'homme qui n'aimait pas les femmes ?

mardi 2 octobre 2018 à 19:38 Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne

Le procès en appel de Pascal Jardin, accusé d'avoir violé et tué Christelle Blétry en Saône-et-Loire en 1996, touche à sa fin. L'audience de ce mardi a dressé le portrait d'un homme qui en veut aux femmes.

La famille de Christelle Blétry et ses avocats en première instance
La famille de Christelle Blétry et ses avocats en première instance © Radio France - Faustine Mauerhan

Dijon, France

"Vous avez la haine, la rage des femmes", tonne Didier Seban, l'avocat des parties civiles. L'audience de ce mardi aux Assises de Côte-d'Or a été largement consacrée à l'agression sexuelle pour laquelle Pascal Jardin a été condamné à deux ans de prison dont un ferme en 2004. Une agression qui a permis ensuite, grâce à son ADN, de faire le lien entre le mis en cause et le meurtre de Christelle Blétry, huit ans auparavant. 

Un homme qui se positionne toujours comme victime

Le psychiatre qui a expertisé Pascal Jardin en 2014 parle à l'audience d'un homme qui "a besoin de passer du marasme à un homme dominateur qui reprend en main la figure féminine." Un homme qui ne voit les rapports entre hommes et femmes qu'en terme de domination. Qui voue une "haine inconsciente à l'image maternelle." En 2004, interpellé en slip et avec un couteau chez une jeune femme qui lui a ouvert la porte parce qu'il prétendait être un plombier, il explique au policier chargé de sa garde à vue : "je voulais la menacer pour qu'elle soit dans le même état que moi : stressée et humiliée. Je voulais la dominer totalement." 

Comment expliquer alors les témoignages que sa femme et ses belle-filles ont livré au tribunal ? Ceux qui le présentent comme "un sauveur", qui leur a offert "une nouvelle vie" ? Le psychiatre est formel : "il y a ceux qui ont accès à la face cachée de Pascal Jardin, et ceux qui n'y ont pas accès. Il peut tout à fait mener une vie parfaitement normale par ailleurs."

Le policier raconte que Pascal Jardin explique être passé à l'acte parce qu'il se sentait rabaissé par sa supérieure hiérarchique. Il a d'ailleurs envoyé ensuite une lettre à sa compagne, dans laquelle il écrit: "tu as mon accord le plus profond pour l'exterminer", évoquant un devoir, et un honneur à laver. En 2014, lors de ses aveux sur lesquels il est finalement revenu, il explique cette fois avoir tué Christelle Blétry parce qu'il se sentait humilié par sa femme. 

Pour l'expert psychiatre, Pascal Jardin est un homme "qui a réponse à tout et qui se positionne toujours comme victime." 

Je voulais être reconnu en tant qu'homme 

Et c'est ce qui fait bondir Corinne Herrmann, l'avocate de la famille de Christelle Blétry. "Je suis horrifiée par la manière dont vous parlez des femmes", lui lance t-elle lors de sa plaidoirie. "C'est indigne, on dirait que c'est vous la victime de cette femme qui toque au carreau de votre voiture en pleine nuit." A ces mots, dans le box des accusés, Pascal Jardin se frotte les yeux. 

Un peu plus tôt, il a expliqué à la cour, que s'il s'est mis en slip chez cette jeune femme en 2004, "c'est pour être reconnu en tant qu'homme". "Il n'y avait pas d'autre moyens", lui lance le Président? "Je faisais une dépression, plus rien n'allait dans ma vie, c'était mon point de vue à l'époque." 

La famille espérait que vous seriez un homme, au moins une fois dans votre vie

Tentant d'évacuer l'intention sexuelle de cette agression, il explique qu'il avait "simplement besoin de changer d'air, de souffler un peu et d'enfin exister." Pascal Jardin soupire souvent et lève les yeux au ciel quand on lui pose des questions. Il explique d'un ton nonchalant que "les mots peur ou domination" qu'il a utilisés à l'époque "_sont peut être un peu excessifs"_par rapport à ses pensées, qu'il faudrait sûrement en trouver d'autres. Mais il ne parvient pas à être plus précis. 

"Qu'avez-vous à ajouter sur cet épisode de 2004", l'interroge le Président? "Que j'en ai gardé des séquelles, comme la victime d'ailleurs", répond l'accusé sans le moindre mot d'excuse. 

"Lors de cette deuxième audience, la famille de Christelle espérait que vous seriez un homme, au moins une fois dans votre vie, Monsieur", tente Corinne Herrmann, en le regardant droit dans les yeux.