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Faits divers – Justice

Assises de l’Isère : un couple jugé pour le meurtre de leur bébé de six mois

lundi 8 janvier 2018 à 20:55 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu

Premier jour du procès de Pauline Borella 25 ans et de Mouatazim Azerzar, 33 ans. Ce couple, originaire de Rives, comparaît pour le meurtre de leur fille Lina, 6 mois, le 8 avril 2015. L'enfant était maltraitée depuis sa naissance. Les parents se rejettent mutuellement la responsabilité de sa mort.

La cour d'assises de l'Isère rendra son verdict vendredi
La cour d'assises de l'Isère rendra son verdict vendredi © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble

Dans le box des accusés, Mouatazim Azerzar et Pauline Borella sont séparés par un policier et ne se regardent pas.  De temps en temps, ils sortent leur mouchoir. La Cour examine d'abord la personnalité de la mère. Elle raconte une enfance meurtrie entre un père alcoolique et condamné pour abus sexuels sur ses sœurs et une mère peu aimante. "Je ne savais pas quoi faire de ma vie", dit-elle a la barre.

"Je n'aimais pas Lina, elle ressemblait trop à son père" - Pauline Borella

A treize ans, elle fait une tentative de suicide, subit un avortement à dix-huit. Très jeune, elle se met en couple avec Mouatazim Azerzar. À vingt-et-un ans, elle accouche de sa première fille, Nina (le prénom a été changé), quatre ans et demi aujourd'hui, qu'elle adore. Elle l'a eue avec un amant de passage. Mouatazim qui a reconnu l'enfant l'apprendra pendant l'instruction et en sera meurtri. En revanche, Lina, sa deuxième fille, est bien de son compagnon. "Je n'ai jamais pu l'aimer, elle lui ressemblait trop" explique Pauline qui est jugée immature et renfermée par les experts.

Un couple qui vit en vase clos

Mouatazim, lui, présente une légère déficience mentale. Il sait à peine lire et écrire. Il explique au président de la cour que la mort de sa mère, en 2009, l'a traumatisé et que c'est pour çà qu'il s'est mis à fumer du cannabis et qu'il n'avait plus envie de travailler. Pauline lui reproche sa passivité. Le couple est endetté, se dispute, mais le père affirme qu'il ne se rendait pas compte que sa fille maigrissait à vue d’œil et croyait Pauline quand elle lui disait que les bleus sur le corps de l'enfant : "C'était parce qu'elle l'avait cognée dans la baignoire."

"Tous deux sont accessibles à une sanction pénale" -  L'expert-psychiatre

"Tous deux ne souffrent d'aucun trouble psychique et  leur responsabilité pénale est pleine et entière", selon le psychiatre qui les a examinés. Pour le médecin, Pauline n'a pas pu dire à ses proches qu'elle n'arrivait pas à s'occuper de Lina : "Alors la maltraitance s'est installée et c'était trop tard". Quant au père, l'expert explique qu'il parle surtout de sa propre souffrance et qu'il renvoie sur Pauline la responsabilité du calvaire de Lina, sans se remettre lui-même en cause.

Enfant-martyr, Lina, six mois, était dénutrie et maltraitée depuis sa naissance

Le 8 avril 2015, le couple appelait les pompiers, car leur bébé était en détresse vitale. L'enfant devait mourir avant son arrivée à l’hôpital. Vu l'état du nourrisson,  les médecins ont fait un signalement à la justice. L'autopsie a montré que Lina était morte d'un traumatisme crânien et du syndrome du bébé secoué. Mais son corps présentait des fractures anciennes, elle pesait à peine cinq kilos, le poids d'un bébé de quatre mois, alors qu'elle en avait six. 

Durant l'instruction, les parents se sont renvoyés la responsabilité de sa mort. Pauline a reconnu avoir frappé sa fille, mais accusait son compagnon d'avoir fait de même. Ce dernier affirmait, lui, n'avait jamais porté la main sur le bébé. La Cour a encore quatre jours pour comprendre ce qui s'est réellement passé.