Faits divers – Justice

Assises de Haute-Loire : la famille de Gala face à l'histoire de l'accusé

Par Julien Corbière, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 16 avril 2014 à 1:20

Assises de Haute-Loire : la famille de Gala face à l'histoire de l'accusé

Le procès d'Alain Delannoy a débuté ce mardi devant la cour d'assises de Haute-Loire au Puy-en-Velay. Alain Delannoy, cet habitant d'Yssingeaux, âgé aujourd'hui de 39 ans, est accusé du viol, de la séquestration et du meurtre de Gala, une élève du lycée agricole âgée de 19 ans au moment des faits.

L'enjeu du procès ne sera pas de déterminer la culpabilité de l'accusé, puisque celui-ci a reconnu les faits mais plutôt de chercher à comprendre pourquoi il a pu commettre un tel acte. Pour apporter de premiers éléments, la cour a questionné mardi la personnalité de l'accusé. Il a notamment fait le récit de son enfance, perturbée par un père violent, probablement incestueux et une mère alcoolique. Des experts psychiatriques ont aussi souligné le caractère impulsif et dépressif du personnage et sa dépendance forte aux drogues et à l'alcool.

Pour l'un des deux avocats de l'accusé, Maitre Marcel Schott, ce parcours de vie chaotique permet de comprendre en partie le passage à l'acte, même s'il n'excuse rien.

Maître Marcel Schott, avocat d'Alain Delannoy

"Il nous a élevé au ceinturon" - Alain Delannoy, l'accusé

Alain Delannoy a donc notamment raconté son enfance, ponctuée par les coups d'un père très violent. "Il nous élevé au ceinturon ", dit-il notamment devant la cour, racontant également ces moments où il les "trainait dans les escaliers son frère, ses soeurs, et lui, en les attrapant par un pied ou un bras. ""Si on fait le bilan de la fratrie, il n'y en a aucun qui a une vie stable aujourd'hui ", commente le président de la cour d'assises, précisant qu'une de ses soeurs est hospitalisée en psychiatrie et que l'un de ses frères est toxicomane et sans domicile fixe.L'accusé quitte cette maison à l'âge de 18 ans. Il rejoint ce frère toxicomane dans l'errance. "Il faut alors avoir une armure pour vivre dans la rue " dit-il. Celle qui le sort de là c'est Galith qui va devenir sa future femme et mère de ses deux enfants. Mais leur relation est là aussi chaotique.

La mère de Gala laisse échapper quelques larmes

Elle l'accuse de violence dans ses dépositions et mardi à la barre. Il reconnait certains faits, en nie d'autres. "Un jour je lui ai mis une claquemais ce jour-là je suis parti car je ne voulais pas ressembler à mon père " dit-il. Le couple est finalement séparé mais la figure de son ex-femme semble le hanter. C'est à une centaine de mètres de sa maison qu'il est venu dissimuler le corps de Gala. Un expert psychologue ne manque pas de souligner lors de l'audience que ce prénom est très proche de celui de Galith.Devant ce récit, Alain Delannoy reste prostré, il pleure parfois. Ses avocats disent qu'il est accablé par le sentiment de culpabilité. Les avocats de la famille de Gala ne souhaitent pas s'exprimer pour leur part. La mère, le père, le beau père et les deux frères se tiennent côte à côte très calmes. La mère de la jeune fille laisse échapper quelques larmes par moment. Ce mercredi matin elle pourra témoigner si elle le souhaite devant la cour d'assises.