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Faits divers – Justice

Assises de l'Yonne : 20 ans de prison pour le meurtre de sa femme

mardi 4 décembre 2018 à 20:54 Par Delphine Martin, France Bleu Auxerre et France Bleu

Un homme de 44 ans a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour une tentative de viol sur sa femme et son meurtre d'un coup de couteau, à Joigny, dans l'Yonne, en avril 2015.

La grande salle de la cour d'Assises de l'Yonne, à Auxerre
La grande salle de la cour d'Assises de l'Yonne, à Auxerre © Radio France - Delphine Martin

Auxerre, France

Après deux jours de procès devant les assises de l'Yonne, un Icaunais de 44 ans a finalement été reconnu coupable d'une tentative de viol sur son épouse et de son meurtre d'un coup de couteau dans le cœur, à Joigny, en avril 2015.  Les jurés des assises de l'Yonne ont prononcé à son encontre une peine de prison de 20 ans, assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Ils ont suivi les réquisitions de l'avocat général. 

Une femme au cœur transpercé

"Cette femme a eu le cœur transpercé par son mari, devenu en quelques secondes son bourreau", avait dit le magistrat dans son réquisitoire. Il avait évoqué cette jeune femme de 35 ans, tuée brutalement, 10 mois seulement après son mariage, "par un homme bancal" qui avait trop bu, parce qu'elle s'était refusée à lui.

"Un homme nitroglycérine, qui ne supportait aucune frustration, happé par sa libido incontrôlable" avait ajouté l'avocat général. Les jurés l'ont entendu, donc, et ont pris en compte les expertises psychiatriques, qui évoquent une altération du discernement pendant les faits.  

Stoïques malgré la douleur, trois des quatre frères de Sylvie et son papa étaient présents pendant tout le procès et jusqu'à l'énoncé du verdict. L'un de ses frères avait souhaité s'exprimer devant la cour. Il avait décrit une jeune femme très joyeuse, qui, malgré son handicap mental léger, était parvenue à vivre sa vie et à travailler. "Elle faisait des cadeaux. Elle était la joie de vivre. Mes enfants l'adoraient. Ils me demandent chaque semaine pourquoi leur tata n'est plus là", dit-il doucement.

L'avocat des parties civiles est lui aussi revenu sur cette femme simple, qui voulait simplement mener une vie heureuse. Et il rappelle l'épisode de ce SMS, que la victime avait envoyé à sa belle-mère, trois mois avant le meurtre : un message où elle indiquait que son mari avait tenté de la violer, en pleine nuit. Et que c'était la deuxième fois. "Est-ce ainsi qu'une femme, qu'un être humain, mérite de vivre ?" s'interroge l'avocat, qui confie : "Ce qui glace le plus, c'est l'absence de remords apparents de l'accusé. Certes, j'entends bien qu'il est handicapé, qu'il en souffre beaucoup, qu'il n'a sans doute pas eu une vie facile. Mais lui, il a une vie".

Des propos confus et un déni inquiétant

L'accusé était en récidive, puisqu'il avait déjà été condamné par une cour d'assises, en 1995, pour un viol et plusieurs agressions sexuelles. Au cours de ce procès, il est apparu comme un homme instable, qui n'a pas retenu les leçons de cette précédente condamnation. Ni de l'agression d'une voisine, en 2001, qui lui avait valu une hospitalisation d'office en psychiatrie.

Ces deux épisodes ont été évoqués plusieurs fois au cours du procès. A chaque fois, l'accusé a répondu en montrant une forme de déni inquiétant. La promeneuse de la forêt ? "Elle était consentante", dit-il, "elle s'est déshabillée devant moi". La voisine aspergée de gaz lacrymogène et prise par le cou ? "C'est elle qui m'a invité. J'étais amoureux. Elle m'a pris pour un con".  

Quant à sa femme : oui, il voulait avoir des rapports sexuels. Oui, il était frustré. Oui, quand il la frappe avec le couteau, il veut la tuer. Et puis non, finalement, il veut juste lui faire peur. Au milieu de ces propos confus : un homme qui semble ne jamais saisir la dangerosité de son rapport aux femmes et au désir. Qui, jamais, ne semble vraiment se repentir. A part à la toute fin des débats, lorsqu'il s'adresse à la famille de Sylvie : _"Je voudrais m'excuser, je regrette tellement, je l'aimais".  _Ces confidences sont sans doute arrivées un peu trop tard.

Un suivi socio-judiciaire pendant sept ans

La peine de 20 ans de réclusion criminelle prononcée par les assises de l'Yonne a été assortie d'une peine de sûreté des deux tiers et d'une injonction de soin. L'accusé devra aussi indemniser les victimes et se soumettre à un suivi socio-judiciaire pendant une durée de 10 ans. En cas de manquement à cette obligation, il encourt une peine de prison supplémentaire de sept ans.