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Faits divers - Justice

Assises de la Creuse : l'accusé face aux gendarmes sur lesquels il a tiré

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Par , France Bleu Creuse

Au troisième jour du procès Volatron aux assises de la Creuse, l'accusé a fait face aux victimes. Le tribunal a entendu le témoignage des deux voisins et des gendarmes présents le 26 octobre dans son hameau de Bussière-Dunoise, lors de son expulsion. Il avait alors tiré et fait quatre blessés.

Troisième jour du procès Volatron aux assises de la Creuse ce mercredi. Le tribunal a entendu le témoignage des  voisins et des gendarmes pris pour cibles.
Troisième jour du procès Volatron aux assises de la Creuse ce mercredi. Le tribunal a entendu le témoignage des voisins et des gendarmes pris pour cibles. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Guéret, France

Trois ans après, les souvenirs sont encore douloureux pour les victimes.  Gendarmes et voisins ont fait face mercredi à Alain Volatron, devant la cour d'Assises de la Creuse. L'homme de 62 ans est accusé d'avoir tiré sur les militaires et deux riverains lors de son expulsion en 2016, à Bussière-Dunoise, des faits qu'il reconnait. Quatre personnes avaient été blessées. Le tribunal a notamment entendu les témoignages des deux gendarmes touchés durant l'assaut. 

"Ce matin là, j'ai embrassé ma femme, et je lui ai dit, je ne la sens pas cette intervention", explique à la barre Jean-Luc, le lieutenant qui commandait la colonne des hommes du PSIG. Chemise blanche, képi posé devant lui, il revient sur l'opération, quand les gendarmes s'élancent, qu'il se décale pour demander à Alain Volatron de sortir de son chalet. "J'ai vu les deux canons, les deux gerbes partir, les flammes au bout du fusil." Les hommes se retirent, il ressent une forte douleur à l'épaule, brûlé par un projectile arrêté par son gilet pare-balles. Il entend les coups de feu qui se poursuivent, plus loin dans le village, un autre collègue blessé.  Il décide alors : "Dès qu'on l'a en vue, on le tue". Finalement Alain Volatron posera son arme, et les militaires n'auront pas besoin de faire feu. 

Les premières excuses de l'accusé

Ce matin du 26 octobre 2016 marquera longtemps ce militaire d'une cinquantaine d'années. Pendant plusieurs jours, il reste prostré, se refait sans cesse la scène, pense à ses enfants qui auraient pu perdre leur père. Mais "il faut remonter sur le cheval", conclue-t-il. Alain Volatron lui assure, "Je ne voulais pas tuer, juste faire reculer, je protégeais mon bien." L'accusé fixe le lieutenant,"je présente mes excuses et lui souhaite de se rétablir le plus vite possible". 

C'est la première fois que l'accusé présente ses excuses, comme à Jérôme, l'autre militaire, touché à la jambe par les tirs. "Ma vie est terminée", explique ce gendarme.  Les mots sont difficiles : l'homme, s'arrête souvent, des sanglots dans la voix, à l'évocation de sa blessure. 

Quand Jérôme entend les premiers tirs d'Alain Volatron, il se trouve avec un collègue dans une impasse, à quelques dizaines de mètres de la colonne du PSIG prise pour cible. "Là je me dis qu'on est plus dans le monde des Bisounours, c'est du sérieux". Puis il voit l'accusé, à 15-20 mètres, qui le surplombe, décide de se mettre à l'abri. Il y a cette détonation. "Avant même de la sentir, je sais qu'elle est pour moi," s'étrangle t'il, les larmes aux bords des yeux. Il perd beaucoup de sang,  s'attend à ce que tireur vienne le finir, mais est finalement mis à l'abri par deux autres gendarmes.

Des gendarmes encore très marqués aujourd'hui

Quatre mois et demi d'ITT, et une carrière qui est terminée : le militaire ne peut pas revenir sur le terrain, et est muté à un poste administratif. "Je suis tout à fait conscient des dégâts psychologiques. je fais des excuses, je ne sais pas si c'est suffisant", reconnait Alain Volatron depuis le box. Le gendarme lui répond," Les excuses, ce n'est pas maintenant, pas aujourd'hui qu'il fallait les faire."

Durant la vingtaine de minutes qu'a duré le parcours de l'accusé dans le village, quatre personnes ont été blessées. L'accusé a reconnu devant le tribunal avoir voulu se rendre chez les propriétaires de sa grange, qui l'avaient récupérée après sa condamnation à des dommages et intérêts pour des violences, qu'il avait toujours refusé de payer. Le procès se poursuit jusque vendredi, Alain Volatron risque la réclusion criminelle à perpétuité. 

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