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Faits divers – Justice

Assises de la Creuse : les avocats des gendarmes et des voisins réclament de la fermeté contre Alain Volatron

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Par , France Bleu Creuse

Au quatrième et avant dernier jour du procès d'Alain Volatron, cet homme jugé aux Assises de la Creuse pour tentatives de meurtre sur des gendarmes et des voisins en 2016, les plaidoiries des parties civiles réclament de la fermeté contre celui qui a blessé quatre personnes lors de son expulsion.

Le quatrième jour du procès Volatron a vu les parties civiles faire leur plaidoiries. Elles pointent du doigt la personnalité de l'accusé, strict et qui ne supporte pas l'opposition.
Le quatrième jour du procès Volatron a vu les parties civiles faire leur plaidoiries. Elles pointent du doigt la personnalité de l'accusé, strict et qui ne supporte pas l'opposition. © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

Guéret, France

"Quand vous prendrez votre décision, pensez au jour où Monsieur Volatron sortira de prison..;", conclue l'un des avocats des parties civiles, qui représente les gendarmes et l'un des voisins de cet homme de 62 ans. A la veille du verdict, au procès de cet ancien ingénieur, devenu charpentier, accusé de tentative de meurtre sur les gendarmes et des voisins de son hameau de Langledure, à Bussière Dunoise, les avocats des parties civiles ont plaidé ce jeudi.  

D'abord Maître Leonardo Pinto, le conseil des deux huissiers, des "hommes de 32 et 29 ans, qui ne faisaient que leur travail, mettre en exécution une décision de justice, et qui se retrouvent victimes des agissements violents d'Alain Volatron". Ses clients, dit-il, "ont une certitude, ils ont eu beaucoup de chance, car les débats montrent qu'ils étaient en danger." Il rappelle qu'un de ses clients voit l'accusé, ce jour du 26 octobre 2016, lever le fusil vers un des gendarmes et faire feu. "Vous imaginez la crainte, la terreur ? J'ai la certitude que si Alain Volatron avait vu mes clients dans la coursive, l'image, c'est de tuer un éléphant dans un couloir, il n'aurait eu qu'à viser."

Des avocats qui espèrent de la sévérité de la part des jurés

Vient ensuite le tour de l'avocat d'un des voisins, blessé sérieusement par deux tirs, et qui en garde de lourdes séquelles aujourd'hui : l'homme prend de la morphine tous les jours. "Un jour de chance, ou de malchance ?" fait mine de s'interroger son avocat. André à certes eu "la malchance de rencontrer Monsieur Volatron, mais il aussi eu de la chance, avec ce plomb qui vient juste lui couper l'oreille.. s'il était arrivé deux centimètres plus à droite..." 

Maître Philippe Lefaure poursuit, évoque le traumatisme, psychologique et physique, trois ans après. "Ce jour restera dans sa tête toute sa vie, car elle a basculé".  L'avocat tente de balayer les explications de l'accusé, qui assure avoir pris son voisin pour un gendarme en civil, et avoir posé son arme après s’être rendu compte de la méprise : "Mais un gendarme, même en civil, ne se balade pas en short, t-shirt et tongs pour aller nourrir des poules ! Vous ne vous êtes pas rendu par empathie, mais parce que les gendarmes se reformaient". Il conclue sa plaidoirie en s'adressant aux jurés : "Aujourd’hui, mon client aimerait avoir une chance.. celle ne plus jamais rencontrer Alain Volatron."

C'est enfin à Maître Guillaume Viennois de se lever : il représente les intérêts des  gendarmes et du dernier riverain. "Une demi heure de sidération, d'horreur, vécue par l'ensemble des parties civiles", commence-t-il. Il assure comprendre le sentiment d'injustice de cet homme, qui a perdu sa maison à la suite d'un différend judiciaire, au profit de ses voisins les plus proches. "Mais je ne peux pas comprendre que dans une société, un homme veuille en tuer neuf autres. Tout l'aspect humain est balayé par l'autre aspect, celui d'un homme persuadé d'avoir toujours raison." 

Vous vous interrogerez sur ce qu'il se passera, compte tenu des expertises, pessimistes, quand Monsieur Volatron sortira et qu'il rencontrera un gendarme, un sous-officier, ou toute personne qui ne partagera pas son point de vue."

"Vous n'étiez pas en guerre, car vous n'êtes pas un militaire, vous n'en avez pas la carrure, vous n'avez pas le courage de ces hommes", lance-t-il à l'accusé, pointant de la main les gendarmes assis dans la salle. "Vous n'avez pas la stature d'un résistant, seulement celle d'une personne qui ne peut pas accepter la contradiction. Vous vouliez la mort de huit gendarmes, deux civils, et deux huissiers." Il se retourne finalement vers les jurés : "Vous jugerez Monsieur Volatron sur ce qu'il a fait, sa personnalité, ses absences de remords. Et vous vous interrogerez sur ce qu'il se passera, compte tenu des expertises, pessimistes, quand Monsieur Volatron sortira et qu'il rencontrera un gendarme, un sous-officier, ou toute personne qui ne partagera pas son point de vue."

Pour l'avocate de l'accusé, Alain Volatron n'a pas voulu tuer les gendarmes

Ce vendredi, après l'avocat général, la parole sera donnée à la défense.  Pour l'avocate de l'accusé, Maître Marie-France Galbrun, ce procès est utile à son client. "Je pense qu'il a commencé à changer, les débats le démontrent sur ces derniers jours. Il explique, il parle, c'est un silencieux au départ donc il se libère. J'ai l'impression que le ton est donné sur un climat beaucoup plus serein, avec ces quatre jours de débat.

Quand elle devra plaider l'avocate va devoir se détacher "un peu de Monsieur Volatron, que j'ai ma propre analyse du dossier, de sa personnalité, sans jamais oublier les victimes. En ayant peut être aussi une démonstration à faire sur les faits, par rapport à l'intention, qui n'était pas celle de tuer les gendarmes, et bien entendu ses amis. C'était décourager, c'est son mot."

L'accusé risque la prison à perpétuité pour tentatives de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique, et trente ans de réclusion pour tentatives de meurtre. Le verdict est attendu ce vendredi, dans l'après-midi. 

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