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Faits divers - Justice

Assises de la Creuse : "On a laissé mourir de faim notre fils" reconnait la mère de Gabin

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Par , France Bleu Creuse, France Bleu

Au deuxième jour du procès des parents du petit Gabin, plusieurs médecins ont livré leurs expertises sur la mort du garçon de 22 mois. Ils n'ont trouvé aucune trace de maladie. Ils estiment que l'enfant souffrait de dénutrition chronique. Les parents ne nient pas ces conclusions.

Le tribunal de Guéret
Le tribunal de Guéret © Radio France - france bleu creuse

Guéret, France

Le procès des parents du petit Gabin s'est poursuivi ce mercredi 13 novembre, devant la cour d'assises de la Creuse. Le père et la mère de l'enfant sont jugés jusqu'en fin de semaine pour privation de soin, après la mort de leur petit garçon de 22 mois en 2013. Aux urgences, les secours n'avaient pas réussi à réanimer l'enfant, arrivé très amaigri et totalement déshydraté.

Tous les experts s'accordent pour dire que Gabin est mort de faim

Au deuxième jour du procès de nombreux experts se sont succédé à la barre. Les deux médecins légistes qui ont examiné le corps de l'enfant dans les heures qui ont suivi sa mort, ont d'abord été entendus. Le médecin urgentiste qui avait reçu la famille à la clinique de Moutier-Rozeille ainsi qu'une pédiatre et une radiologue se sont ensuite exprimés par visio-conférence. 

Tous, ont des analyses concordantes. Ils estiment que l'enfant souffrait de dénutrition depuis de longs mois. Le corps ne portait pas de trace de violence. Aucun des examens réalisés sur le corps du petit Gabin n'a permis de découvrir une maladie qui aurait pu expliquer cette tragédie. 

Les parents ne nient pas leur responsabilité

A l'issue des interventions des experts, les parents ont été invités à s'exprimer. Il semble que l'exposé des spécialistes ait eu l'effet d'un révélateur pour ce couple. A la question "que retenez-vous de ces analyses?", Céline, la maman a admis d'une voix blanche " On a laissé mourir de faim notre fils ". Un peu plus tôt, elle avait déjà indiqué : " On est totalement dans notre faute ".

De son côté, Edouard, le père de Gabin a toujours semblé plus en retrait. Interrogé par la présidente de la Cour, le quadragénaire a indiqué comprendre seulement aujourd'hui de quoi son fils était décédé.

On ne se rendait pas compte du mal qu'on pouvait lui faire

Néanmoins les parents ont toujours du mal à expliquer le mécanisme qui a mené au drame. Ils assurent qu'ils n'avaient aucune intention de nuire à leur enfant. Ils répètent aussi qu'ils ne l'ont pas traité différemment de leur aîné, qui est aujourd'hui placé, mais qui n'avait pas de souci de santé majeur, d'après les bilans médicaux réalisés le lendemain de la mort de Gabin.

Comme le premier jour du procès la maman a évoqué l'aveuglement dans lequel le couple évoluait lors des derniers mois de la vie de Gabin : "A l'époque on ne se rendait pas compte de la gravité de son état. Sinon nous l'aurions emmené voir un médecin plus tôt", assure-t-elle.

Le dossier de l'affaire Gabin. - Radio France
Le dossier de l'affaire Gabin. © Radio France - Camille André

Parallèlement, elle reconnait du bout des lèvres :"Peut-être avons-nous oublié de lui donner quelques biberons. Comme mon conjoint et moi ne nous parlions plus, il a pu arriver que l'un pense que l'autre avait nourri Gabin, alors que non..."

La pédiatre, interrogée en qualité d'experte, a également eu du mal à formuler une hypothèse pour expliquer comment cet enfant avait pu mourir de faim, sans que les parents, ni même la famille élargie ne se rende compte de la détresse du petit Gabin : "J'ai l'impression qu'ils ne voyaient pas cet enfant. Il n'y a pas d'autres explications", a-t-elle conclu. 

Gabin était dans un état de maigreur très rare

Le jour de sa mort, le petit Gabin pesait moins de 6kg. Il avait 22 mois. Les experts ont rappelé qu'à cet âge, les enfants pesaient généralement entre 11 et 12kg, soit le double

Les analyses des médecins légistes ont permis de montrer que les muscles de l'enfant avaient complètement fondu. Tous ses organes étaient beaucoup moins lourds que ne le sont ceux des autres enfants de son âge, ce qui indique une croissance anormale. Ainsi le cœur de Gabin correspondait à celui d'un enfant de 4 mois et ses poumons à celui d'un enfant de 6 mois

On voit rarement ça en pédiatrie

Au cours de la première journée d'audience, les arrières-grands-parents de Gabin, ses grands-oncles et grandes-tantes avaient décrit le comportement alimentaire étrange de Gabin qui " mangeait énormément, parfois plus qu'un adulte", "avait un très bon coup de fourchette" et "réclamait tout le temps des gâteaux".

L'experte en pédiatrie a estimé qu'il s'agissait d'un comportement fréquent chez les enfants privés de nourriture: "Ces enfants, lorsqu'ils se retrouvent ponctuellement en présence d'aliments vont se remplir autant qu'ils peuvent. Ils ne connaissent pas le sentiment de satiété".

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