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Assises de la Creuse : les parents de Gabin condamnés à 17 ans de réclusion criminelle

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Par , France Bleu Creuse, France Bleu

Les parents du petit Gabin ont été condamnés à 17 ans de réclusion criminelle ce vendredi 15 novembre aux assises de la Creuse. Ils ont été jugés coupables d'avoir privé de soins et d'alimentation leurs fils de 22 mois. L'enfant est mort de faim en 2013.

Le dossier de Gabin
Le dossier de Gabin © Radio France - Camille André

Le jury des assises de la Creuse condamne Edouard et Cécile, les parents de Gabin à 17 ans de réclusion criminelle, avec mandat de dépot. Cela implique que les parents du petit Gabin seront emprisonnés dès leur sortie du tribunal. Les jurés ont estimé que les parents étaient bien coupables de la mort de leur petit garçon de 22 mois, décédé des suites d'une dénutrition chronique, en juin 2013. Les jurés ont suivi les réquisitions de l'avocat général. 

"Une condamnation lourde mais pleine de sens" pour l'avocat des parties civiles

"La cour l'a dit c'est une peine significative. En France on ne peut pas accepter qu'un enfant meurt de faim et de soif", a indiqué Maître Crespin, l'avocat de l'association l'Enfant bleu-enfance maltraitée, la seule partie civile

Dans un second temps, l'avocat a aussi reconnu qu'il s'attendait à ce que le couple écope "d'un peu moins". "Les jurés dans leur sensibilité ont considéré que la vie d'un enfant, ça méritait une condamnation sévère. Ça me paraît normal", a-t-il conclu. 

6 ans et demi après, l'incarcération arrive comme un couperet

L'avocate de la défense, maître Emilie Bonnin en revanche a accusé le coup. A la sortie du procès, elle s'est dit "déçue pour ses clients". Durant toute la durée de l'audience, l'avocate avait essayé de prouver aux jurés que les parents de Gabin avaient changé, notamment pour le bien-être de leur fils ainé. 

En effet Gabin avait un grand-frère qui a aujourd'hui 13 ans. L'enfant est placé, mais entretient toujours des liens étroits avec ses parents. Au fil des ans des droits de visites réguliers ont été accordés. " Ils se sont remobilisés dans l’intérêt de leur fils aîné, notamment d'un point de vue professionnel pour madame, insiste maître Emilie Bonnin qui précise, le weekend dernier, ils ont encore passé le weekend avec leur fils. Pour lui aussi les droits de visite vont s'arrêter"

L'avocate de la défense maintient que les parents n'avaient pas conscience de mal faire

Lors de sa plaidoirie, l'avocate de la défense n'a pas nié l'existence d'une privation de soins, qui a entraîné la mort du petit Gabin. En revanche, elle a estimé : " Ils sont responsables, mais pas coupables". 

Maître Emilie Bonnin a tenté de convaincre les jurés que le couple n'avait pas eu conscience de mal nourrir son plus jeune fils, car ils étaient noyés dans les difficultés "Début 2013, chez eux, c'est la dégringolade. Difficultés financières, difficultés de couple, dépression. 

Ils sont dépassés et perdent pied tous les deux au même moment

Maître Emilie Bonnin a raconté "le couple néglige tout : les factures d'eau, la maison, eux-mêmes et les enfants. Ils n'ont plus aucun repère, plus d'heure de lever, plus de déjeuner. Leur particularité dominante est la négligence". 

L'avocate de la défense estimait que dans ce contexte, les parents avaient pu ne pas voir leur enfant dépérir jour après jour

"En plus, ni la famille élargie (qui est très présente), ni le médecin généraliste ne les alerte. Personne ne leur dit Céline, Edouard, vous ne faites pas les choses comme il faut", a-t-elle relevé, avant de terminer sa démonstration en indiquant que les services sociaux n'étaient pas intervenus à temps, bien que plusieurs signalements leur soient parvenus

D'après l'avocat général, le couple a montré "un désintérêt manifeste pour cet enfant" 

Dans cette affaire, les jurés ont choisi de suivre les réquisitions de l'avocat général à la lettre."Ce dossier m'a bouleversé", a dit  Bruno Sauvage , en préambule de son réquisitoire. Il s'est ensuite employé à démontrer que les parents ne pouvaient pas ignorer le mal qu'ils faisaient à leur fils, en le privant de nourriture. "C'est impossible de penser une seule seconde qu'ils n'avaient pas conscience" a estimé Bruno Sauvage. 

L'avocat général a énuméré plusieurs arguments: Gabin n'était pas le premier enfant du couple, ce qui laisse supposer qu'ils avaient conscience des besoins primaires d'un enfant. Les expertises psychologiques n'ont pas conclu à des abolitions du discernement. Bruno Sauvage a aussi insisté sur "l'oubli", "la souffrance" et "le calvaire" qu'a subi le petit Garçon.

Il a finalement conclu que les parents ont montré un "désintérêt manifeste pour cet enfant" pendant les six dernières semaines de sa vie. "Même s'il y a eu une prise de conscience pendant ce procès, même s'ils ont évolué, les faits sont extrêmement graves", a tranché l'avocat général. 

En revanche, la cour n'a jugé nécessaire de déchoir le couple de son autorité parentale, en ce qui concerne leur fils aîné. Les parents de Gabin ont maintenant dix jours pour faire appel. 

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