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Faits divers – Justice

Assises de la Dordogne : "Je veux savoir pour pouvoir faire mon deuil" dit le père du boulanger de Port Sainte Foy

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Par , France Bleu Périgord

Troisième jour du procès des accusés de l'assassinat du boulanger de Port Sainte Foy devant les assises de la Dordogne ce mercredi. Journée éprouvante pour la famille de la victime, confrontée aux rapports d'expertises et à l'attitude des trois assassins présumés

Une nouvelle journée où les accusés se sont rejetés la responsabilité du crime
Une nouvelle journée où les accusés se sont rejetés la responsabilité du crime © Radio France - Antoine Balandra

Troisième jour ce mercredi du procès devant les assises de la Dordogne de trois hommes âgés de 22 à 26 ans, accusés de l'assassinat du jeune apprenti boulanger de Port Sainte Foy.

Les faits datent de septembre 2016. Le corps de Benjamin le Borgne âgé à l'époque de 24 ans avait été retrouvé sur un terrain très isolé à Vélines, lardé de 13 coups de couteaux.

Ce mercredi, les jurés ont entendu plusieurs experts. Spécialistes des tâches de sang, médecin légiste, expert psychiatre aussi.

Mais les accusés eux n'ont pas varié, se rejetant toujours la responsabilité du crime malgré les appels désespérés des parents de la victime, entendus mercredi soir. 

Car le père de la victime, Pascal Le Borgne, est appelé à la barre vers 17h45. Un homme que l'on sent fragile encore profondément bouleversé.

"Il me manque" lâche t il d'abord pudiquement, évoquant son fils, assassiné en Dordogne. Ce père de famille brestois parle peu, mais il bouleverse la cour. Il évoque sa vie, aujourd'hui. Sans emploi, en dépression.

"Je ne fais que pleurer mon fils, je fais des cauchemars la nuit, je vois mon fils se faire assassiner" lâche-t-il. Une larme coule sur sa joue.

"Je veux savoir la vérité pour pouvoir faire mon deuil", ajoute-t-il. Car depuis lundi, la famille de la victime a bien peu de réponses, face à des accusés qui se rejette la responsabilité du crime. "Pourquoi ?"crie presque la maman de Benjamin le Borgne, appelé à son tour à la barre. "Ma vie est un combat, ils ont détruit ma vie. J'ai pris perpétuité." "Qu'ils aient au moins la décence et le courage de dire pourquoi ils ont fait ça" termine-t-elle en se tournant vers les accusés qui restent quasi muet. "La famille va donc repartir sans réponse" demande l'avocate générale."Oui", répond simplement Luc, l'un des accusés. Et si ce n'était que cela... 

Pas de pathologie mentale, mais pas de certitude sur les responsabilités

Plus tôt dans la journée, il y a d'abord eu le rapport sur les tâches de sang. La révélation que Benjamin Le Borgne a reçu au moins un troisième coup dans la voiture. Et sans doute une agression supplémentaire, à l'extérieur du véhicule, à l'avant gauche de la voiture, sans que les accusés ne soient visiblement capable de s'expliquer sur ce point. 

Le rapport très cru du médecin légiste aussi, parlant de ce coup mortel, porté au cœur, et d'une éventuelle strangulation finale. Et puis pour finir la photo du visage du jeune boulanger, après sa mort diffusée sur grand écran.

Sans oublier les rapports de l'enquêtrice sociale, sur la personnalité de Benjamin Le Borgne. Un jeune homme décrit comme naïf, souriant, réservé avec des zones de fragilité dit elle. Un homme très attaché à sa mère, son pilier selon l'enquêtrice.

Dans la salle la maman justement, fond en larmes. S'en suit la diffusion de l'album de famille des Le Borgne dans un silence de cathédrale. Puis le président reprend la parole, et s'adresse aux trois accusés. "Vous avez vu les images d'une vie brisée... Alors pour la dernière fois, avez vous quelque chose à dire ?" "Non" répondent un nouvelle fois les trois hommes... Impassibles dans leur box. 

Seul Alexandre prendra alors dans un premier temps la parole. "Je voudrais bien vous en dire plus" dit-il à la maman de Benjamin. "Mais celui qui détient la vraie explication, c'est celui qui a tué, c'est Valentin, je ne peux pas expliquer un geste que je n'ai pas fait" dit l'accusé.

Valentin, lui reprend le micro et répète une nouvelle fois : "je n'ai rien fait". 

Tout cela donc sous les yeux du papa de la victime également. "Je suis déçu, je n'ai pas de réponses, mon fils me manque tous les jours, je suis démoli. C'est dur. Je n'ai pas pu faire le deuil de mon fils. Moi j'ai pris perpétuité, parce que eux, s'ils prennent 20 ans, ils vont sortir, alors que moi mon fils il est entre quatre planches" dit Pascal Le Borgne.

Par ailleurs ce mercredi l'expert psychiatre a indiqué que les trois accusés ne souffraient d'aucune pathologie mentale. Mais seulement pour Valentin, d'une personnalité "limite", avec une certaine impulsivité et des accès d'agressivité.