Faits divers – Justice

Assises de la Drôme : "Je ne suis ni un dur, ni un mou, je me défends" (Corey Sabattier)

Par Stéphane Milhomme, France Bleu Drôme-Ardèche mardi 4 février 2014 à 6:01

La grande salle du palais de Justice de Valence.
La grande salle du palais de Justice de Valence. © Stéphane Milhomme - Radio France

Les neuf jurés examinent les faits ce mardi. Le caïd de 28 ans Corey Sabattier originaire de Valence comparait depuis lundi avec six autres accusés. Il est poursuivi pour des vols de voitures avec violence, mais aussi pour avoir tenté d'écraser deux gendarmes au Teil en juin 2010. Lundi les jurés ont écouté l'examen des personnalités des accusés.

Tout ce lundi devant les assises de la Drôme à Valence, les experts se sont succédés pour les examens de personnalités à commencer par celle de Corey Sabattier. Il a "une quête identitaire en miroir à son idole : Jacques Mesrine." C'est la psychologue clinicienne qui parle ; elle l'a longuement interrogé et vient à la barre évoquer son "moral d'acier, son esprit militaire"

"Il ne se remet pas en question mais reconnaît que sa vie de cavale n'est pas normale" . Sabattier lui a dit qu'il ne voudrait pas travailler mais "avoir une grosse voiture et une maison en Espagne".   Et toujours Mesrine en modèle, "son statut de délinquant valorise Sabattier ; on a parlé de lui dans les journaux". Un autre expert puis c'est Corey Sabattier qui prend la parole. Il a été longtemps silencieux mais argumente avec une voix plus affirmée : "Jamais j'ai dit à quelqu'un que je me prenais pour Mesrine, je ne suis pas un dur ni un mou, je me défend. Au Teil, j'ai paniqué lors d'un contrôle de gendarmerie".

"Son statut de délinquant valorise Sabattier ; on a parlé de lui dans les journaux". Un expert psychiatre

Pour ce psychiatre, "Sabattier se présente comme quelqu'un d'embarqué dans son histoire et sa réputation. Mais il dit vouloir raccrocher. Il est à la croisée des chemins ; continuer ou s'arrêter ..." mais lors de son entretien il a cité Mesrine et s'est fait prendre en photo avec deux Kalashnikov. Une photo sur un profil facebook. "Oui mais les armes étaient fausses dit Sabattier à la cour et le compte, c'est pas moi qui l'ai créé" ...

Les autres accusés se rejettent aussi la responsabilité ou plutôt, ils ont la responsabilité sélective... lui n'a fait que conduire pour aller faire un braquage car il est le seul du groupe à avoir le permis ... l'autre s'est fait embarquer "comme çà" ... et celui là n'était pas conducteur mais passager.Six personnalités épluchées après un long après-midi par des experts qui notent toujours une cassure dans l'enfance des accusés : un divorce des parents, un père absent et au centre des faits qui leur sont aujourd'hui reprochés, la peur ou l'attirance vers une forte personnalité. Celle de Corey Sabattier.

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