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Faits divers – Justice

Assises de la Gironde : 20 ans requis pour le meurtre d'un bébé dans le Médoc en 2009

jeudi 22 juin 2017 à 19:43 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde

Comment est morte Eugénie, fin décembre 2009 à Lesparre-Médoc ? Question au centre des débats de la cour d'assises à Bordeaux depuis cinq jours. Une femme de 42 ans est jugée pour meurtre. C'est l'ex-compagne de la mère biologique du bébé. Vingt ans ont été requis. Son avocat a plaidé l'acquittement

L'entrée du palais de justice de Bordeaux
L'entrée du palais de justice de Bordeaux © Radio France - Stéphanie Brossard

Le verdict sera rendu ce vendredi après cinq jours d'audience devant la devant la cour d'assises de la Gironde. Une femme, Yamina, 42 ans, est jugée pour le meurtre du bébé de sa compagne Delphine, le 29 décembre 2009, à Lesparre-Médoc, alors qu'elles venaient de se séparer après 11 ans de vie commune. L'accusée a toujours nié les faits : durant l'instruction et durant les débats. Elle évoque elle, la mort subite du nourrisson.

20 ans de réclusion criminelle requis

Dans ses réquisitions, l'avocat général, qui a réclamé une peine de vingt ans, a rappelé que Delphine la mère biologique, depuis le début (et cette soirée où elle a découvert le corps inanimé de son bébé de cinq mois à l'étage et vue Yamina s'échapper par la fenêtre), est persuadée de la culpabilité de son ex-compagne Yamina, "qu'elle a tué sa fille, qu'elle en a la conviction, qu'elle le sent et le ressent au plus profond d'elle, mais que ça ne suffit pas à faire de Yamina l'auteur du crime". Dans ce dossier, malgré tout, selon l'avocat général, tout plaide en faveur de cette thèse du meurtre : les conclusions des experts médicaux, les preuves matérielles et les "menaces de mort" réitérées devant plusieurs témoins. Et de poursuivre que l'arrivée d'Eugénie avait tout bouleversé dans ce couple atypique. Le bébé a été le déclic pour Delphine "pour s'extraire de l'emprise de Yamina", pour la quitter : il n'y avait "plus de fusion du couple, et cette chose -Delphine- avait fini par devenir un être vivant capable de décider".

Trop d'apparences dans ce dossier ?

C'est également ce qu'avait plaidé juste avant maître Benayoun l'avocate de la partie civile. Pas de doute selon elle, quand "vous surprenez en train de s'échapper de chez vous, par la fenêtre de la salle de bain et que dans les minutes qui suivent, vous trouvez votre bébé inanimé, forcément, vous pensez que cette personne est le responsable". Et toutes les investigations qui ont été faites le confirment.

Maître Benayoun l'avocate de la partie civile

Une thèse démontée point par point, par l'avocat de la Défense, pour qui les apparences sont trompeuses dans cette affaire. Selon lui, parce que"l'enfant est sacré dans notre société, l'enfant est le vecteur idéal de l'erreur judiciaire". Selon lui, l'hypothèse la plus probable dans cette affaire est l'accident. _"Il y a des morts subites de nourrisson dans des transats, c'est déjà arrivé et il ne faut pas balayer cette possibilité, même si c'est difficile à entendre : la maman biologique "a placé son enfant dans une situation imprudente et dangereuse en le faisant dormir dans son transat, et le bébé a pu s'étouffer". Aucun expert ne l'a exclu formellement. Pour Maître Dufranc, la justice "a bâti l'accusée", parce que **"dans les dossiers où il est question de la mort d'un enfant, il faut forcément un coupable!"_**

Maître Dufranc, l'avocat de l'accusée

Le verdict est attendu dans la journée.