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Faits divers – Justice

Assises de la Gironde : l'accusé aurait été le dernier à avoir vu, vivante, la disparue de Mérignac

mercredi 4 juillet 2018 à 21:01 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde

Le quatrième jour de débats devant la cour d'assises où un homme de 55 ans est poursuivi pour le meurtre d'une jeune femme de 20 ans qu'il avait pris sous son aile à la demande de sa famille et qu'il faisait travailler dans son kebab à Bordeaux. Il aurait été le dernier à l'avoir vu vivante.

Quatrième jour d'audience dans le procès du meurtrier présumé de la disparue de Mérignac
Quatrième jour d'audience dans le procès du meurtrier présumé de la disparue de Mérignac © Radio France - Stéphanie Brossard

Que s'est-il passé le 15 septembre 2008 ? Date de la disparition d'une jeune femme de 20 ans dont le corps a été retrouvé, plus d'un an plus tard (en novembre 2009), dans le parc du crématorium de Mérignac ? C'est l'objet des débats devant la cour d'assises de la Gironde. Un homme de 55 ans comparaît pour meurtre. Il la faisait travailler dans son kebab du cours de la Somme à Bordeaux. Il était aussi (on l'a vu en début de semaine), celui qui avait la mainmise, l'emprise, sur ses sœurs, et plus globalement sur cette famille d'Irakiens Kurdes réfugiés à Mérignac depuis 1991. 

"Elle part énervée et ne veut plus travailler"

La cour d'assises a longuement entendu, l'accusé, ce mardi, au quatrième jour d'audience sur ses relations avec la victime et cette journée de la disparition. Un accusé, posé, poli et multipliant les "monsieur le président", avant de répondre. "Ce 15 septembre 2008, elle est partie plus tôt que d'habitude, vers 20h30 du kebab, énervée, et affirmant qu'elle ne voulait plus revenir travailler". Et lui, comme toute la famille, dont il est l'ami et le bienfaiteur comme il se présente lui-même, a pensé à une fugue puisqu'elle n'est pas rentrée. "Mais d'habitude", fait remarquer le président, "c'est vous qui la raccompagnez le soir en voiture, comme convenu avec ses parents qui vous ont demandé de la prendre sous votre aile? Et là vous la laissez partir ? Sans passer  un coup de fil, pour vérifier qu'elle est bien rentrée ? Alors que le matin même", poursuit le président, "parce qu'elle est en retard, puis, parce qu'elle traîne trop pour aller acheter de la salade, vous l'appelez à 8h57, 9h41, 9h44, 9h45, 9h46 et 9h48. Du harcèlement !" 

La seule hypothèse, c'est lui

Pour la partie civile, il n'y a pas de doute possible. Il n'a pas essayé parce qu'il savait qu'elle ne répondrait plus. C'est la seule hypothèse dans cette histoire, ajoute l'avocat général. "Ce n'est pas un crime crapuleux (car ses bijoux ont été retrouvés avec le corps), et ce n'est pas une mauvaise rencontre non plus (car le corps a eu droit à une vraie sépulture)"

Chaque détail a son importance

"Vous partez du postulat que partie du kebab pour rentrer à la maison, mais on n'en sait rien", martèle la Défense. _Et de rappeler également qu'elle avait des rapports compliqués avec ses sœurs, "qu'elle se voyait comme un souffre douleur, et c'est pour ça qu'elle avait demandé son placement deux ans plus tôt!". Quant à la datation de la mort? Impossible de le dire à 100%. "Chaque détail a son importance et le doute doit profiter à l'accusé"_, rappelle la Défense.

Le verdict est attendu vendredi. Il encourt 30 ans de réclusion criminelle.

Ce jeudi, place aux plaidoiries des parties civiles et aux réquisitions..