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Faits divers – Justice

Assises de la Gironde : dix ans après, le procès du meurtrier présumé de la disparue de Mérignac

lundi 2 juillet 2018 à 19:01 Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde et France Bleu

Un homme de 55 ans est jugé à Bordeaux pour le meurtre d'une jeune femme de 20 ans, portée disparue en 2008 et dont le corps avait été retrouvé dans le parc du crématorium de Mérignac, en 2009. Il est l'ex-patron du kebab où elle travaillait, et le dernier à priori, à l'avoir vue vivante.

Le palais de justice de Bordeaux
Le palais de justice de Bordeaux © Radio France - Stéphanie Brossard

Mérignac, France

Dix ans après la disparition d'une jeune femme issue de la communauté kurde, et neuf ans après la découverte de son corps dans le parc du crématorium de Mérignac, la cour d'assises de la Gironde, juge, pour meurtre, jusqu'à vendredi, un homme de 55 ans. 

Il était son employeur dans un kebab du cours de la Somme, à Bordeaux. Il est, à priori, le dernier à l'avoir vue, vivante, le 15 septembre 2008, jour de sa disparition. Mais il nie les faits. Il a simplement expliqué que ce jour-là, elle a quitté le kebab, "plus tôt et énervée".

"Au début, on le voyait comme un bienfaiteur. Mais il nous a retourné le cerveau"

Ce lundi, a été consacré aux auditions de la mère et de plusieurs des 11 frères et sœurs de la victime, qui ont quasiment raconté la même histoire. Il est "manipulateur" et "violent". C'est un "gourou" selon l'aînée des sœurs, venue témoigner à la barre. "Quand on a fait la rencontre de ce monsieur, il a vu, qu'on n'était pas soudé, qu'on ne se parlait pas dans cette famille, et que notre père s'absentait souvent de la maison. C'est comme ça, qu'il s'est immiscé", raconte-elle. "On lui a ouvert notre cœur et notre maison et il nous a retourné le cerveau. Il nous a "sectisé" dit-elle, en inventant un mot. 

Face aux magistrats qui l'interpellent sur les contradictions entre ce que la famille racontait au début sur lui, et la fin de l'instruction, elle précise : "oui, au début, devant les policiers, on l'a défini comme un bienfaiteur, parce qu'on le voyait comme ça (un père, un oncle, un confident, ce que vous voulez). C'est l'enquête qui nous a ouvert les yeux"

Et de raconter qu'il ne payait aucune de celles qui venaient l'aider au kebab (y compris elle, l'aide soignante qui venait sur son temps libre) : "de l'esclavage ! Et si on se rebellait, il nous frappait". Et de confier également que trois sœurs ont couché simultanément, avec lui, sauf qu'aucune, à l'époque, ne le savait. Et qu'elle, l'aînée, a été "forcée". Mais qu'elle n'a rien dit, trop "soumise"

"Elle a du découvrir quelque chose ce jour-là qui lui a coûté la vie"

Alors ce jour-là, ce 15 septembre 2008, selon elle, c'est clair, sa petite sœur, "a du découvrir quelque chose, qui lui a coûté la vie". Face à cette charge, l'accusé reste de marbre et répond simplement : "elle ment énormément", avant de se rasseoir. Elle reprend alors son récit, et pointe le doigt sur lui : "Qu'il nous dise, ce qui s'est passé! Moi, je n'ai plus rien à perdre ici, en allant raconter des mensonges. J'ai perdu mon âme, ma dignité et bien plus encore : ma sœur!"

Il "nous a dépouillé" racontera une autre soeur. "C'est incroyable ce qu'on a vécu, mais c'est pourtant vrai". Elle aussi s'interroge : "qu'est-ce que Hamdiya a découvert ce jour-là? Qu'il nous mentait à toutes ? Je ne sais pas, mais quelque part, elle nous a quelque part, sauvé la vie".

Comme une leçon bien apprise ?

A plusieurs reprises, ce lundi, le président, fait remarquer : "tout le monde a menti dans cette affaire. Mais il s'agit cette semaine,  si je puis dire, de dire la vraie vérité ici !". "Secte, gourou, etc.. ce sont des termes qui apparaissent bien après dans ce dossier", s'interroge maître Azera, l'un des avocats de la Défense, ayant l'impression d'entendre, comme une leçon bien apprise. 

Les débats vont se poursuivre jusqu'au verdict, ce vendredi.