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Faits divers – Justice

Assises de la Haute-Vienne: trois ans de prison ferme pour la mère de famille qui avait tué son mari violent

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Par , France Bleu Limousin

Cinq ans de prison dont trois ferme: le verdict est tombé ce mercredi après-midi aux Assises de la Haute-Vienne à l'encontre d'une mère de famille de 43 ans qui comparaissait pour avoir tué en 2013 son mari, à Limoges. La Cour d'Assises a aussi proposé un aménagement de peine.

Les jurés de la Cour d'Assises de Limoges ont rendu leur verdict ce mercredi soir
Les jurés de la Cour d'Assises de Limoges ont rendu leur verdict ce mercredi soir © Radio France - Alain Ginestet

Limoges, France

Les Assises de Haute-Vienne jugeaient depuis lundi une femme de 43 ans, accusée d'avoir tué son mari en juin 2013 à Limoges, après qu'il soit rentrée chez elle en pleine nuit. Le couple était en cours de séparation. L'accusée a fait l'objet d'un mandat de dépôt automatique, mais le président de la Cour d'Assises a aussi indiqué qu'il laissait la possibilité d'un aménagement de peine.

Incompréhension du côté des avocats de la défense

Un verdict accueilli avec "incompréhension" par Maître Catherine Dupuis, l'une des avocats de l'accusée, dont la plaidoirie ce matin s'était appuyée sur les violences conjugales qu'avaient subit sa cliente. Même scepticisme pour Maître Frédéric Olivé, autre défenseur de l'accusée, qui fait part de sa "grande insatisfaction puisqu'on a l'impression de ne pas avoir été entendus", a-t-il déclaré après l'énoncé du verdict. "On a une inadéquation entre la nature des faits et la sanction prononcée", a commenté l'avocat, regrettant que "l'argumentaire sur la légitime défense n'ait pas été entendu".

De son côté, Maître Plas, avocat des proches de la victime, a estimé que les choses "étaient assez claires pour les jurés, à la fois sur l'acte et sur l'absence de légitime défense", ce qui veut dire à ses yeux que "les explications données par les parties civiles et le Ministère public étaient les bonnes".

Quand vous tirez à dix ou vingt centimètres avec un fusil, vous savez que vous tuez"- l'avocat général

Plus tôt dans la journée,  l'avocat général avait requis sept ans de prison. Dans son réquisitoire, il avait présenté aux jurés les "thèses possibles". Soit un homicide volontaire, "elle tue par énervement, par angoisse ou par danger, mais _où est le danger quand un homme est à terre_?" s'était-il demandé. Quant à l'hypothèse d'avoir "tiré sans intention de donner la mort", elle n'avait pas eu plus de légitimité à ses yeux: "quand vous tirez à dix ou vingt centimètres avec un fusil, vous savez que vous tuez", avait développé l'avocat général, avant de demander aux jurés de "ne pas se laisser envahir par (leurs) émotions".

A l'inverse, les avocats de l'accusée avaient, eux, développé une double-défense. Avec d'abord une plaidoirie axée sur des violences conjugales. Maître Catherine Dupuis a rappelé que le mari avait été condamné à trois reprises pour des faits de ce type, soulignant "l'animalité" du mari vis-à-vis de sa femme "qu'il a avilie, domestiquée et cantonnée au rôle de femme de...". "Les violences conjugales sont niées par l'accusation, mais elles doivent avoir un impact sur les décisions que vous allez prendre" avait également lancé Maître Dupuis aux jurés.

Présomption de légitime défense

Quant à Maître Frédéric Olivé, autre défenseur de l'accusé, il vait méthodiquement démonté le dossier parlant de "fiasco _dans l'investigation, de ratés invraisemblables, d'_approximations et de raccourcis", avant de plaider la légitime défense, et même la "présomption de légitime défense": "Lorsque quelqu'un pénètre chez vous nuitamment par effraction ou par ruse, si vous réagissez à ce qui est une agression commise dans ces conditions, vous êtes présumé agir en état de légitime défense. C'est une particularité légale", a expliqué l'avocat à France Bleu Limousin.

"Je m'excuse d'être en vie, avec mes enfants" avait pour sa part rajouté l'accusée, avant que les jurés se retirent pour délibérer.

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