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Faits divers – Justice

Assises de la Loire : "C'était soit lui soit moi" avoue l'accusé qui a tué son dealer

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Depuis ce lundi 4 février et jusqu'à mercredi 6 janvier, un homme de 23 est jugé devant la cour d'assises de la Loire pour avoir tué son dealer à Andrézieux-Bouthéon en 2015. Il encourt jusqu'à la réclusion à perpétuité.

Le tribunal de Grande Instance de Saint-Etienne
Le tribunal de Grande Instance de Saint-Etienne © Radio France - Jeanne Marie Marco

Saint-Étienne, France

Dans le box, c'est un jeune homme de 23 ans en chemise blanche et gilet noir, qui reste impassible. Il s'adresse d'une voix claire et forte à la présidente, et quand ses proches parlent à la barre il ne bouge pas.

En 2015, l'accusé avait 19 ans. Rongé par la drogue, il consomme abusivement des stupéfiants depuis l'âge de 14 ans : d'abord du cannabis, des douilles, de la cocaïne et enfin du crack. "Je consomme par ennui" avoue-t-il. 

Sa vie, il la décrit plutôt tranquille. Il habite avec sa mère à Andrézieux-Bouthéon et ses frères et sœurs. Jusqu'au collège, sa scolarité se déroule bien, mais il se fait renvoyer d'un lycée après avoir insulté une professeure. Il choisi ensuite d'entamer une formation en alternance en maintenance industrielle, pour faire comme son père. Mais sa vie reste rythmée par la consommation de drogue qu'il augmente avec le temps. A l'âge de 18 ans, il fait une bouffée délirante aiguë, et stoppe sa scolarité. Aidé par ses proches, il tente d'arrêter sa consommation de stupéfiant, mais il replonge lorsqu'il reprend les cours. "C'était plus fort que moi, je ne me rendais pas compte que c'était trop", explique le jeune homme. 

Une consommation qui lui coûte cher, il doit 2 000 euros à son fournisseur, la victime. Le jour des faits, il se rend au domicile de son dealer en lui disant qu'il va le payer. « Je savais que si je ne lui donnait pas l'argent, il s’occuperait de moi, c’était soit lui soit moi, j'ai choisi», a dit l’accusé au cours de sa garde à vue. Devant la cour, il reconnait les faits qui lui sont reprochés : le coup de feu et les coups de pieds de table pour tuer la victime. 

Un accusé taiseux

Au gré des témoignages, c'est le portait d'un jeune homme renfermé qui se dessine. Son frère jumeau et sa sœur parlent d’une enfance heureuse, d’une relation complice entre eux, mais avec le temps, la fratrie se perd de vue et chacun prend ses distances. Le père de l’accusé reconnaît quant à lui avoir été absent de la vie de son fils. Après le divorce il n’a pas cherché à garder un contact fort avec son fils, et il reconnaît d’ailleurs que cette absence peut avoir joué dans le drame.

La mère elle dit avoir toujours été présente. Elle raconte avoir sans arrêt tenté de sauver son fils de la drogue, en donnant de l’argent pour rembourser les dettes, en l'accompagnant aussi en cure de désintoxication... "La drogue est entrée dans notre vie, et ça a été la descente aux enfers", raconte-t-elle des sanglots dans la voix. Elle semble avoir toujours connu les pratiques de l’accusé, "Mon fils n'est pas un monstre, il doit être puni pour ce qu'il a fait et je l'aime". 

Toute la famille est au courant de la consommation excessive de drogue de l’accusé, mais le sujet semble tabou. Personne n'aborde la question avec lui, et aujourd’hui la famille ne semble pas capable d’expliquer le geste mortel du jeune homme. Pour confier son lourd secret, l'accusé se tourne finalement vers une ancienne amie dont il est secrètement amoureux et qu'il n'a pas vu depuis plusieurs mois. "Qu'est ce qu'un humain peut faire de pire dans une vie ?" lui demande-t-il. Elle comprend rapidement, et c'est elle qui ira le dénoncer auprès de la gendarmerie d'Andrézieux-Bouthéon, en 2015. 

Jusqu'à la réclusion à perpétuité

Ce lundi devant la cour d'assises de la Loire, c'est aussi la personnalité de la victime qui a été évoquée. Un homme que sa sœur décrit comme une personne souriante, vivant modestement et qui faisait trop confiance aux gens. Son ex-femme est elle un peu plus sur la réserve : "il consommait trop de drogue", dit-elle pour justifier la séparation du couple. La victime était déjà connue de la justice pour ports d'armes, outrage à agents et trafic de stupéfiants. 

La victime garde tout de même des liens avec son ancienne femme. Cette dernière lui donne parfois de l'argent, et l'aide pour des tâches ménagères notamment. Peu de temps avant le drame, l'homme décédé aurait dit à son ancienne femme : "Bientôt tu n'auras plus besoin de travailler, il y aura plein d'argent". Une phrase qui interroge l'ex-femme de la victime. C'est elle qui se rend compte de la disparition du dealer. Il ne vient pas chercher les enfants, et il est injoignable. 

Ce mardi 5 janvier, ce sont les experts et les médecins qui doivent délivrer leurs analyses devant la cour d'assises. Pour avoir tué son dealer, l'accusé encourt jusqu'à la prison à perpétuité. S'il a reconnu les faits, il dit ne pas avoir prémédité son geste. Le procès dure jusqu'à mercredi 6 janvier.

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