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Faits divers – Justice

Assises de la Sarthe : « aujourd’hui encore, j’y pense tout le temps »

jeudi 13 septembre 2018 à 15:15 Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine

Au 2e jour du procès pour viol et agression sexuelle d’un entraîneur de rugby, les jurés entendent l’une des deux plaignantes. L'ancienne joueuse raconte des caresses et des attouchements. Elle explique avoir tardé à en parler à cause d’un sentiment de "honte" et de la "peur du regard des autres".

Le procès doit durer jusqu'à lundi inclus (illustration au Palais de justice du Mans)
Le procès doit durer jusqu'à lundi inclus (illustration au Palais de justice du Mans) © Radio France - Bertrand Hochet

A la barre, la jeune femme, âgée aujourd’hui de 22 ans, raconte que l’accusé lui caressait les fesses lors de regroupements avant les matches et qu’il lui caressait les cuisses dans les vestiaires, où « il rentrait sans frapper ». D’une voix tremblante, l’ancienne joueuse raconte aussi que son entraîneur lui répétait : « j’ai envie de toi. Il me demandait si j’avais envie de faire l’amour ». La jeune femme, régulièrement submergée par l’émotion, témoigne : « ça s’est passé plusieurs fois, je l’ai repoussé ».
 

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Cheveux blonds, lunettes noires, la plaignante raconte également que l’accusé l’a invité plusieurs fois à dormir chez lui pour éviter à ses parents de faire des déplacements en voiture, tôt le matin avant des matches de rugby. Son père et sa mère étaient d’accord car ils avaient confiance. « Il avait mes parents dans la poche », résume la jeune femme. L’ancienne joueuse évoque alors le soir, où, chez lui, l’accusé s’est déshabillé et s’est glissé dans le lit dans lequel elle devait dormir. Elle détaille aussi, le moment, où lors d’un tournoi en région parisienne, il s’est arrangé pour loger dans la même chambre qu’elle: « On était cinq filles et c’était des chambres de deux, il voulait être avec moi. Il a mis un film pornographique. Il a commencé à mettre sa cuisse sur moi. Je l’ai repoussé ». La jeune femme confie : « aujourd’hui encore, j’y pense tout le temps ».

La difficulté de porter plainte 

« Pourquoi n’avoir rien dit ? », s’interroge le président de la Cour d’Assises. Réponse de la plaignante : « parce que j’avais peur de briser une famille, peur du regard des autres ». La crainte aussi de devoir, dans ce cas, abandonner le rugby, un sport auquel elle tenait beaucoupIl avait dit (l’entraîneur, accusé de viol et agression sexuelle, ndlr) : si vous parlez, le rugby, c’est fini ! En réalité, il nous faisait peur », témoigne la jeune femme qui s’est confiée non pas à ses parents mais à une cousine, bien plus tard. « J’avais peur que mes parents se sentent coupables », explique-t-elle.

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Le père de la jeune femme, invité à témoigner à la barre raconte qu’il est tombé de haut, lorsqu’il a appris les faits que sa fille reprochait à son entraîneur: « on était loin de s'en douter, nous avions des relations de confiance avec lui ». Pour autant, l'homme ne semble pas avoir manifesté d'inquiétude particulière pour sa fille, ce qui, visiblement, agace le président de la Cour d'Assises : « n’importe quel père aurait cherché à savoir ce qui s’est passé et ne se serait pas contenté d’évocations assez vagues. J’ai un peu de peine à entendre ça ».