Faits divers – Justice

Assises de la Savoie : 15 ans de réclusion criminelle pour l’agresseur de Nicole Pallud

Par Bleuette Dupin, France Bleu Pays de Savoie mardi 27 septembre 2016 à 19:44

L'avocat d'Aboussalem Nagad, qui a redit qu'il n'avait "rien à voir avec cette histoire", va faire appel
L'avocat d'Aboussalem Nagad, qui a redit qu'il n'avait "rien à voir avec cette histoire", va faire appel © Maxppp - PQR

La cour d’assises de Chambéry a condamné Aboussalem Nagad à quinze ans de réclusion criminelle et à l'interdiction définitive du territoire français pour l'agression mortelle de Nicole Pallud en septembre 2013 à Chambéry, et Karim Bendib à un an dont six mois ferme pour recel de vol de son collier.

En condamnant Abousalem Nagad à quinze ans de réclusion criminelle, les jurés de la cour d’assises de la Savoie sont conformes aux réquisitions de l’avocat général qui avait réclamé vingt ans. Abousalem Nagad, Tunisien de 26 ans, est détenu depuis trois ans pour le vol avec violence du collier de Nicole Pallud le 29 septembre 2013 en marge de la braderie. Cette femme de 70 ans avait chuté, elle était décédée trois semaines plus tard des suites d’un traumatisme crânien.

A l’encontre de Karim Bendib l’avocat général avait requis un an de prison dont six mois avec sursis avec mise à l’épreuve durant deux ans. Les jurés ont suivi très exactement les réquisitions du ministère public. K. Bendib, qui comparaissait libre, sera convoqué par un juge d’application des peines.

Vers un deuxième procès

« Je suis désolée pour la famille de la victime », a dit Abousalem Nagad lundi matin avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, « je n’ai rien à voir avec tout cela ». Son avocat a plaidé l’acquittement. Pour Me Laurent Pascal, son client est le coupable idéal: « C’est l’étranger, l’arabe, le bouc émissaire, sans papier, sans âme, sans scrupule ». Oui, il est aussi menteur. « Mais quand on vit en situation irrégulière, c’est atavique de mentir » a plaidé Me Pascal.

Il a rappelé les failles du dossier : les déclarations décisives pour l’enquête d’un témoin totalement disparu de la circulation, les questions autour de l’ADN retrouvé sur les restes de collier. Pour l’avocat de la défense, son client a bien eu ce collier entre les mains mais cela ne prouve pas qu’il l’ait volé. Me Pascal avance une autre hypothèse : la personne qui a donné ce collier à A. Nagad, un certain Mustafa, a essuyé ses propres empreintes. Voilà pourquoi on ne retrouve que les empreintes de A. Nagad, outre celles du policier directeur d’enquête.

« Il y a dans ce dossier un doute effroyable », a conclu Me Pascal, « et ce n’est pas en noircissant le caractère de Nagad que vous en saurez plus ». Les jurés ne l’ont pas entendu. Il a indiqué qu’il allait faire appel et de demander la délocalisation du procès à Grenoble, et non pas à Annecy comme c’est l’habitude, afin de « dépassionner les débats ».

« Ma femme ne reviendra pas »

Du côté de la partie civile, l’époux de Nicole Pallud a exprimé son soulagement : « la justice a fait son travail, a dit Jean Pallud au micro de France Bleu. Mais sur le plan moral ma femme ne reviendra pas. C’est difficile. Il y a eu constamment des contradictions dans ce procès, même si on s’y était préparé ».