Faits divers – Justice

Assises de Loire-Atlantique : une femme jugée pour avoir laissé mourir son enfant

Par Pascale Boucherie, France Bleu Loire Océan et France Bleu mardi 11 octobre 2016 à 5:00

Aux assises de Loire-Atlantique, une femme de 47 ans encourt 30 ans de réclusion criminelle pour avoir délaissé son enfant à la naissance.
Aux assises de Loire-Atlantique, une femme de 47 ans encourt 30 ans de réclusion criminelle pour avoir délaissé son enfant à la naissance. © Radio France - Pascale Boucherie

Elle avait caché sa grossesse puis accouché seule dans la chambre parentale. A l'arrivée des pompiers, le corps de l'enfant sans vie était dans le lit. C'était à Paimboeuf, en avril 2013. Cette mère de famille, aujourd'hui âgée de 47 ans, reconnait l'absence de soins. Elle risque 30 ans de prison.

La salle d'audience de la cour d'assises de Loire-Atlantique est presque vide. Et pourtant, c'est une histoire hors du commun qui se raconte entre ces quatre murs. Celle d'une mère de famille qui fait un déni de grossesse, laisse son enfant nouveau-né mourir faute de soins, et qui au bout de plusieurs années finit par reconnaître l'existence de sa petite fille.

Les faits remontent à avril 2013, à Paimboeuf. Cette femme, alors âgée de 43 ans, met au monde son troisième enfant. Seule, dans la chambre parentale. Personne ne s'était rendu compte de rien. Ni le compagnon, ni l'aînée de 15 ans, ni le cadet de 2 ans. Le médecin généraliste n'avait pas, lui non plus, remarqué de transformation physique chez sa patiente.

Clara, décédée d'une détresse respiratoire

Quand les pompiers arrivent, appelé par le père pour "une hémorragie vaginale", ils découvrent le corps du bébé sous la couette, face contre le matelas. L'autopsie ne révèle aucune trace de violence. L'enfant, qui sera plus tard prénommée Clara, est décédée d'une détresse respiratoire.

Depuis lundi et jusqu'à ce soir mardi, l'accusée comparaît libre. Interrogée sur les causes du décès, elle reconnait "un manque de soins".

Je vivrai toute ma vie avec ça. J'espère pouvoir me reconstruire, avec un suivi, mais je n'ai plus de vie" - témoigne l'accusée dans un sanglot.

Elle sait qu'elle peut être incarcérée, elle risque 30 ans de réclusion criminelle. En larmes elle révèle :

Je vais régulièrement sur la tombe de ma fille, je lui parle, je mets des fleurs.

L'accusée explique enfin qu'après plusieurs mois et plusieurs séances de travail, elle a pu dire à haute voix que Clara était sa fille. Celle-ci figure sur le livret de famille.

Lors de l'instruction, elle avait expliqué à une psychologue : "J'ai su être enceinte, puis je l'ai oublié". Puis elle avait précisé "n'avoir pas voulu faire de mal à cette petite fille. Je voulais seulement ne pas avoir d'autre enfant".

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