Faits divers – Justice

Assises de Loire-Atlantique : le meurtrier présumé de Marion reste silencieux

Par Pascale Boucherie, France Bleu Loire Océan et France Bleu mardi 8 novembre 2016 à 17:53 Mis à jour le mardi 8 novembre 2016 à 18:04

Lors d'une suspension d'audience, le box des accusés de la cour d'assises de Loire-Atlantique, encadré depuis peu d'une imposante cloison en verre.
Lors d'une suspension d'audience, le box des accusés de la cour d'assises de Loire-Atlantique, encadré depuis peu d'une imposante cloison en verre. © Radio France - Pascale Boucherie

Yannick Luende-Bothelo risque la réclusion criminelle à perpétuité. Il est poursuivi pour l'assassinat de Marion Rousset, 14 ans tuée de 68 coups de couteau en 2012 à Bouguenais. Il doit répondre aussi de tentative d'assassinat d'un joggeur de 67 ans et d'agression sur un octogénaire. Il reste muet.

Un silence glacial. L'accusé refuse de répondre aux questions de la cour. Il ne répond pas non plus à celles de l'avocat du père de la jeune victime, et même face à son propre conseil, il reste muet. Yannick Luende-Bothelo ne dit rien. Il se balance légèrement d'avant en arrière. Fait quelques mimiques. Et garde les mains dans ses poches.

Derrière l'épaisse cloison vitrée du box des accusés, on aperçoit son crâne rasé, sa barbe fournie, et son embonpoint. Il est de taille moyenne, pas du tout grand gaillard comme cela avait été dit dans la presse au moment du drame. Ses rares mots sont à destination de la présidente de la cour, Karine Pontchateau :

Écoutez madame la juge, là je suis pas venu pour vous parler. Vous connaissez déjà l'affaire"

De l'autre côté de la salle d'audience : le banc des parties civiles. Au premier rang, meurtrie et digne, la famille de Marion Rousset, l'adolescente de 14 ans violemment assassinée de 68 coups de couteau dans les toilettes publiques de Bouguenais, près de Nantes, le 18 mars 2012. Présente également l'une des deux victimes agressée le lendemain à Vertou : le joggeur âgé aujourd'hui de 71 ans, lui aussi poignardé mais qui a survécu. Un grand absent : le retraité agressé à son domicile. Il a 85 ans et n'est pas en capacité de se déplacer devant la cour.

Une "attitude injurieuse"

Yannick Luende-Bothelo écoute le long énoncé des faits et des témoignages la tête baissée la plupart du temps. En intervenant de façon intempestive et agressive quand c'est sa soeur qui témoigne à la barre. Une attitude qualifiée d'injurieuse par Yvon Chotard, l'avocat du père de Marion Rousset, qui précise à l'audience :

Si vous ne répondez pas, nous allons penser que vous trichez, que vous nous manipulez, que votre silence est calculé"

Interrogé sur ce silence, le père de l'accusé explique : "Je suis dans le même étonnement, moi même je me pose la question, ça fait deux ans qu'il ne veut plus me voir."

Le procès se tient après une très longue instruction et de multiples rebondissements. Avant que les experts n'estiment Yannick Luende Bothelo pénalement responsable, il avait été diagnostiqué schizophrène paranoïde. En garde à vue, il disait être le fils de Dieu. A l'audience, l'accusé est également présenté dans la lecture des témoignages faite par la cour, comme un grand consommateur d'alcool, de sexe et de drogues.

Les témoins ne sont pas autorisés à assister aux débats. Là, le père de l'accuse attend pour venir témoigner à la barre. - Radio France
Les témoins ne sont pas autorisés à assister aux débats. Là, le père de l'accuse attend pour venir témoigner à la barre. © Radio France - Pascale Boucherie

Lors du procès, qui doit durer huit jours, jusqu'au 18 novembre, on abordera aussi le suivi judiciaire de l'accusé. Il compte 11 mentions à son casier ; des faits de vol, de violence et des faits liés à la consommation et au transport de drogue. Le jour du drame, Yannick Luende-Bothelo avait brisé son bracelet électronique depuis neuf jours.