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Employé municipal tué à Elne : "J'ai tiré sur un homme pour une chaise"

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Amin Benidjer, 31 ans, est jugé depuis ce lundi par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales pour avoir tué de plusieurs coups feu un employé municipal en pleine rue à Elne en 2017. Les troubles bipolaires de l'accusé sont au cœur des débats.

Palais de justice de Perpignan
Palais de justice de Perpignan © Maxppp - Michel Clementz

"Je ne peux pas avoir d'explication cohérente à quelque chose qui ne l'est pas. Je n'étais pas moi-même. J'ai vrillé." Dans le box des accusés, Amin Benidjer, calme et posé, revient en détail sur cet après-midi du 13 mai 2017 où tout à basculé. Quelques jours auparavant, après avoir visionné une vidéo YouTube sur le sujet, il a choisi de stopper le traitement qu'il prenait depuis des années pour contenir ses troubles bipolaires. Il est pourtant dans une phase maniaque depuis un moment. 

En début d'après midi, ce 13 mai 2017, il place dans son sac un poing américain, un couteau et pistolet chargé qu'il cachait dans sa chambre. "C'était pour me protéger de quelqu'un qui me devait de l'argent, le but n'était pas de tirer sur un innocent" explique-t-il. Il passe d'abord dans un premier bar : "J'ai commencé à dérailler et à m'en prendre à tout le monde". Puis il décide de fumer un joint devant le café Chez Cricri, rue Nationale. C'est là qu'il aperçoit un homme avec qui il s'était disputé quelques mois auparavant. "Je suis allé m'embrouiller avec lui. Mon impulsivité a pris le dessus."

J'ai tiré mais je ne pense pas avoir eu l'intention de tuer

Amin Benidjer frappe. Des clients tentent de le maîtriser, notamment Mario Tavares Osorio, un employé municipal de 49 ans, père de trois enfants. Le forcené prend un coup de tête mais parvient à se dégager et récupère son arme. Mario Tavares Osorio lance une chaise dans sa direction. C'est le déclic fatal. "Je reçoit la chaise sur la jambe et je vis ça comme une agression" raconte l'accusé. "J'ai levé le bras et j'ai tiré. À ce moment là, je ne pense à rien, c'est la noirceur. Je reprends mes esprits quand j'entends les hurlements de son épouse. J'ai tiré mais je ne pense pas avoir eu l'intention de tuer." Amin Benidjer se livrera aux gendarmes quelques minutes plus tard après avoir pris soin de retirer son t-shirt pour prouver qu'il n'est plus armé.

Plusieurs plaintes contre l'accusé pour des violences et des menaces

Dans quelle mesure la maladie psychique de l'accusé a-t-elle favorisé son passage à l'acte ? La question est au cœur du procès. Amin Benidjer est en effet en proie depuis son adolescence à de sévères troubles maniaco-dépressifs que la consommation régulière de cocaïne et de cannabis n'ont certainement pas arrangés. "Il aurait pu devenir avocat mais la maladie a ruiné sa vie" se désole sa mère à la barre. 

Ainé d'une fratrie de quatre enfants, excellent élève jusqu'au collège, il est diagnostiqué bipolaire à 19 ans après une première bouffée délirante deux années auparavant. S'en suivront une quarantaine de séjours à l'hôpital psychiatrique et plusieurs tentatives de suicide. Il ne termine pas son cursus au lycée Jean Lurcat où ses problèmes d'indiscipline lui valent un renvoi. Dans l'incapacité de travailler, il vit ensuite de l'allocation adulte handicapé. À Elne, sa réputation de bagarreur n'est plus à faire. L'ancien maire, Yves Barniol, a d'ailleurs porté plainte plusieurs fois contre lui pour des violences et des menaces contre des policiers municipaux.

"J'ai tiré sur un homme pour une chaise, chaque jour j'y pense, je demande pardon"

Discernement altéré mais pas aboli

Dans cette affaire, tous les experts psychiatres mandatés par la justice estiment qu'au moment des faits le discernement d'Amin Benidjer était "altéré" par une "phase hypomaniaque". Discernement altéré mais pas aboli. "Malade mental mais pas irresponsable" résume un médecin. "Il avait encore un pied dans la réalité". De son côté, si l'accusé estime également qu'il "n'était pas lui-même" cette après-midi-là, il tient tout de même à assumer les conséquences de ses actes. "J'ai tiré sur un homme pour une chaise, chaque jour j'y pense, je demande pardon" dit-il en regardant l'épouse en pleurs de Mario Tavares Osorio.

Aujourd'hui, Amin Benidjer assure aller mieux. Il explique avoir arrêté la drogue et suivre scrupuleusement son traitement. Il voit sa régulièrement sa fille de sept ans au parloir. Et il s'est fiancé l'an dernier en détention.

La cour d'assises des Pyrénées-Orientales doit rendre son verdict ce jeudi.

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