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Assises du Doubs : "Moi, j'ai pris perpète", lâche la victime tétraplégique

Le tir a-t-il été intentionnel ? Le jury de la cour d'assises du Doubs devra répondre à cette question. En 2015, à Seloncourt, un locataire ouvre le feu sur son propriétaire, venu lui réclamer les arriérés de loyers. La victime est tétraplégique. Pour les experts, le tir n'a pas pu être accidentel.

Abdel Babaaroudj, la victime, aux cotés de son avocat et de son ex épouse
Abdel Babaaroudj, la victime, aux cotés de son avocat et de son ex épouse © Radio France - Christophe Beck

Comment faire le deuil de sa vie d'avant, alors que l'on est cloué dans un fauteuil, avec une incapacité permanente évaluée à 96 % ? "Je ne le peux pas. Je n'ai plus envie de vivre." soupire à la barre, Abdel Babaaroudj, la victime de ce tir fatal, à Seloncourt, un après-midi de septembre 2015. Nabila, la mère de ses deux enfants, ajoute "Il n'y a pas un jour où il ne nous demande pas de le conduire en Suisse pour se faire euthanasier" 

J'ai voulu le frapper et le coup est parti

Ce père de famille de 40 ans, au moment des faits, se rend chez son locataire et ami, Hervé Vurpillot, pour lui réclamer les deux mois de loyers en retard. Dans l'appartement, le ton monte. Le locataire avait bu. Il présentait un taux d'alcoolémie de 1,32 grammes par litre de sang. 

Une bousculade. Un coup de feu est tiré à bout touchant. Abdel, le propriétaire, s’effondre. La balle s'est logée dans la joue droite et est ressortie dans la nuque. La moelle épinière est traversée. La victime est tétraplégique, avec une incapacité permanente évaluée à 96%. 

Hervé, le tireur, ne prévient pas les secours. Il continue de boire et s'en remet à son ex compagne qui viendra donner l'alerte 20 minutes plus tard. Les policiers retrouveront dans l’appartement de nombreuses armes chargées et des munitions. La victime était venue avec un couteau de cuisine "car je savais que mon ami disposait de nombreuses armes."

"C'est pas qu'une vie qu'il a détruit, mais toute une famille". Sofia, la fille de la victime.

Sur le banc des parties civiles, Samy 18 ans et Sofia 20 ans, les enfants de la victime, attendent des aveux. « On ne charge pas des armes pour discuter avec un ami » « Pour moi, la manière dont ça s'est passé, ça ne peut pas être un accident". 

Le tir accident est impossible avec un Colt 38 spécial

Le tireur affirme s'être saisi du pistolet pour frapper son interlocuteur, sans actionner le tir. Les deux experts en balistique sont formels. "Le Colt 38 spécial est une arme conçue dans les années 60 avec un dispositif qui empêche tout tir intempestif". Pour actionner le tir, il faut exercer une pression sur la queue de détente. 

A la défense, maître Yannick Barré entrevoit une petite fenêtre en faveur de l'accident. "Il est probable qu'il y ait une action non intentionnelle sur la gâchette à ce moment-là. C'est ce que nous allons plaider". 

La peine encourue pour meurtre est de 30 ans de réclusion. Le verdict est attendu ce vendredi soir au terme d'une deuxième journée de procès particulièrement chargée.

Le palais de justice de Besançon
Le palais de justice de Besançon © Radio France - Christophe Beck
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