Faits divers – Justice

Assises : rebondissement au procès de l’assassin présumé de Carmelo Castronovo

Par François Pelleray, France Bleu Lorraine Nord mardi 18 octobre 2016 à 13:48 Mis à jour le mardi 18 octobre 2016 à 18:57

Kevin Weber, accusé de l'assassinat de Carmelo Castronovo.
Kevin Weber, accusé de l'assassinat de Carmelo Castronovo. © Maxppp - Pascal Brocard

Pendant près de trois ans, il a nié en bloc. Et au premier jour de son procès aux assises de la Moselle pour l’assassinat de Carmelo Castronovo, dans la nuit du 4 au 5 décembre 2013, à Vahl-Ebersing (au sud de Saint-Avold), l’accusé a avoué avoir porté des coups et caché le corps.

Ses premiers mots à son procès aux assises de la Moselle pour l’assassinat de Carmelo Castronovo sont pour la famille, « il est temps de parler, la famille a le droit de savoir. J’étais incapable de le dire jusqu’à maintenant ». Oui, l’accusé reconnait avoir porté des coups, au moins 16 (c'est la marque d'un crime passionnel selon les enquêteurs). Oui, il a caché le corps. Ses aveux devront encore passer au crible des questions des parties civiles, pas totalement convaincues.

Depuis près de trois ans, depuis cette nuit du 4 au 5 décembre 2013, l’accusé a nié en bloc, il a menti, changé de version. Cet homme âgé de 33 ans a donc changé radicalement de défense. « Il est parfois difficile de reconnaître des faits. Il y a une maturation à faire. Peut-être le fait de se retrouver devant les familles l’a poussé à parler, à se dire qu’il leur devait au moins ça. Reste à savoir s’il y avait préméditation, et même s’il avait la volonté de donner la mort », réagit l’un de ses deux avocats, Thomas Hellenbrand.

Mais sur le déroulé des faits raconté par l’accusé, la partie civile relève des incohérences, ce qui fait dire à Ludmilla Diakowski, qui représente une partie de la famille Castronovo : « l’accusé ne dit pas clairement qu’il a tué, il se cherche des excuses. Ce sont des demi aveux, un déni de responsabilité ».

15.000 euros en cas de rupture du pacs

Carmelo Castronovo a été tué d’au moins 16 coups portés à la tête. Son corps avait été retrouvé dans un bosquet à Vahl-Ebersing, au sud de Saint-Avold. Il allait devenir papa. Sa compagne est l’ex de l’accusé. Elle avait rompu le pacs, sauf qu’il y avait une clause peu banale, "farfelue et sans fondement juridique" commente le président Gabriel Steffanus, dans ce pacte civil de solidarité. Celui qui partait devait prévenir au moins 10 jours avant et verser à l’autre la somme de 15.000 euros, et même 45.000 euros en cas de tromperie. L’accusé harcelait le couple pour obtenir l’argent. Mais lui explique que c'était sa nouvelle compagne qui le poussait.

Un manipulateur, jaloux maladif

Cet homme est décrit par ses proche comme un manipulateur, jaloux maladif, avec une double personnalité, parfois violent. Il a notamment frappé Deborah, son ex devenue la compagne de Carmelo. Celle-ci est aujourd'hui la maman d'une petite fille née deux mois après la mort de son père, Carmelo Castronovo.

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