Faits divers – Justice

Un meurtre dans le quartier naturiste du Cap d'Agde jugé trois ans après

Par Marie Ciavatti, France Bleu Hérault et France Bleu lundi 17 octobre 2016 à 21:29

L'accusé est soupçonné d'avoir tué sa compagne, alors qu'il était complètement ivre ce soir du 18 octobre 2013
L'accusé est soupçonné d'avoir tué sa compagne, alors qu'il était complètement ivre ce soir du 18 octobre 2013 © Maxppp -

Un homme de 39 ans comparait aux assises de l'Hérault à partir de ce mardi pour le meurtre de sa compagne en octobre 2013. Son corps avait été découvert dans leur maison au Cap d'Agde, en plein quartier naturiste. Lui affirme ne plus se souvenir de cette soirée de beuverie.

C'était il y a trois ans jour pour jour. Le 18 octobre 2013, vers 10h, les gendarmes sont avertis de la découverte d'un corps dans le village naturiste du Cap d'Agde.

La victime, Muriel Baranzelli, gît dans son petit jardin, habillée. Elle est face contre terre et son corps porte une trentaine de marques de coups. Elle a les cervicales brisées.

"On ne sait même pas comment il est rentré chez lui ce soir là."

Son compagnon de l'époque est jugé à partir de ce mardi devant la cour d'assises de l'Hérault pour meurtre aggravé. Frédéric Allègre a 39 ans et un passé d'alcoolique invétéré.

Les heures qui ont précédé le crime, "le couple a passé toute la journée à boire, dans un bar puis un restaurant", explique l'avocat d'Allègre, Maître Gallix. "Elle est rentrée à minuit chez elle et lui a poursuivi jusqu'à 4 ou 5 heures du matin. Entre-temps il a encore bu un litre de vodka. On ne sait même pas comment il est rentré chez lui".

Une dispute, des traces de lutte

Lui même d'ailleurs affirme ne pas se souvenir de cette fin de soirée. Il n'a que des "flashs". Quand il rentre, elle l'attend. Une dispute éclate. Le désordre dans le jardin laisse penser qu'ils se sont battu. L'accusé assure n'avoir repris ses esprits qu'à son réveil vers 9h du matin.

"Là il a retrouvé sa compagne morte, raconte l'avocat. Il a prévenu un voisin. Il y a des traces de lutte mais on ne sait pas comment ça s'est passé. C'est un couple qui s'est noyé dans l'alcool. Que ça se termine mal, c'était presque inéluctable."

L'alcool, la clé du dossier pour l'avocat de l'accusé Maître Marc Gallix

Lors de son interrogatoire, il tente de se servir un verre de rosé

Quand les gendarmes arrivent sur les lieux dans la matinée, Frédéric Allègre est encore ivre mort. A midi, les enquêteurs mesurent qu'il a 3.7 grammes d'alcool par litre de sang.

La victime était à 3 grammes quand elle est morte vers 5h du matin. Quand on l'interroge sur place, Allègre tente même de se servir un verre de rosé. Les voisins parlent d'un "couple d'alcooliques qui se disputait souvent".

Ils étaient ensemble depuis 2007, vivaient ensemble depuis 2010. Lui à ses crochets, bossant parfois comme serveur ou barman. Cette maison, dans le quartier naturiste du cap d'Agde, appartenait à Muriel, de 20 ans son aînée. Elle ne travaillait plus.

Une vie à la marge

Ils menaient une vie qualifiée de "marginale". Beaucoup d'alcool. Beaucoup de sexe : ils pratiquaient l'échangisme. Pour Maître Marc Gallix, ce n'est pas un cas classique de violences conjugales.

"L'alcool, l'échangisme: une vie de débauche" selon Maître Gallix

Frédéric Allègre est détenu depuis octobre 2013 à la prison de Béziers. Il est le seul accusé de ce procès.

Les deux filles de la victime se sont portées parties civiles. La cour doit rendre son verdict vendredi au plus tard.

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