Faits divers – Justice

Assises de la Savoie : déni, mensonge et revirement au procès de l'agression de Nicole Pallud

Par Bleuette Dupin, France Bleu Pays de Savoie vendredi 23 septembre 2016 à 19:39

Les deux premières journées d'audience ont permis de cerner les personnalités mais pas d'en savoir plus sur l'agression de Nicole Pallud
Les deux premières journées d'audience ont permis de cerner les personnalités mais pas d'en savoir plus sur l'agression de Nicole Pallud © Radio France - BD

La cour d’assises s’est intéressée ce vendredi au jour de l’agression de Nicole Pallud le 29 septembre 2013 à Chambéry, et aux conditions de reventes de ses bijoux au receleur présumé. De nombreuses incohérences et dénégations des accusés et des témoins ont embrouillé les jurés.

Le jour de la braderie d’automne en 2013 à Chambéry, Abousalem Nagad, un Tunisien de 26 ans qui nie le vol avec violence ayant entrainé la mort, assure avoir passé l’après-midi avec un certain Amine, faubourg Montmélian. Devant la Cour, Amine dit qu'il n'était pas tout ce dimanche après-midi avec l'accusé, qu'il ne l'a vu qu'une heure en début d'après-midi au bar-PMU du faubourg Montmélian pour une dette de 20 euros. Nicole Pallud a été agressée peu avant 17h.
Interrogé par l'avocat de Nagad, Amine perd pied, trouve une Sarah qui habite Chambéry-le-Haut avec qui il s'est promené à la braderie sans donner son nom ni son adresse, puis un Karim chez qui il est allé.

L'ancienne compagne de Nagad revient sur toutes ses déclarations aux enquêteurs

La compagne d'A. Nagad au moment des faits n'apparait pas beaucoup plus crédible. Agressive à l'égard de la cour, elle revient sur toutes ses déclarations devant les enquêteurs à qui elle a notamment déclaré que Nagad lui avait vendu du cannabis, ou encore qu'il était avec elle pour obtenir des papiers parce qu'elle était enceinte et que cet homme était un manipulateur. Au président qui lui fait remarquer que ces déclarations, elle les a signées, elle dit : " parce que j'en avait marre de cette histoire. Moi je lui ai pas dit de tuer. Je sais pas pourquoi il a tué ".

Bengaoui, le témoin-clé qui n'est pas là

Reste un témoin-clé, un certain Bengaoui sans qui " il nous aurait été très difficile de retrouver les bijoux et d'orienter l'enquête " déclare à la barre le policier directeur d'enquête. C'est cet homme, un Algérien d'une cinquantaine d'années qui a orienté la police vers les deux accusés. Mais ce témoin-clé, " dont tous les témoignages se sont vérifiés " précise le policier, il est désormais introuvable. L'avocat de Nagad remarque qu'il n'a même pas été confronté à son client au cours de l'instruction. Or Nagad nie avoir jamais rencontré cet homme qui l'a entendu se vanter d'avoir agressé Nicole Pallud et qui l'a vu remettre les morceaux du collier arraché au receleur présumé.

Lundi l’audience reprendra avec les derniers témoins et la plaidoirie de la partie civile. Le verdict est attendu mardi soir. Le principal accusé Nagad encourt la perpétuité, Bendib encourt cinq ans.

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