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Faits divers – Justice
Dossier : Attaque à la préfecture de police de Paris

Attaque à la préfecture de police de Paris : la femme du tueur évoque une "crise mystique" la nuit précédent le drame

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Paris, France Bleu Poitou

"Pas un seul instant, je n’ai pensé qu’il pouvait s’en prendre à quelqu’un d’autre qu'à lui-même", a déclaré la femme de l'auteur de l'attaque de la préfecture de police, qui a tué quatre personnes jeudi dernier. Ce jeudi, franceinfo révèle le contenu de ce qu'elle a dit aux policiers.

La résidence où vivait Mickaël Harpon avec son épouse et ses deux enfants, à Gonesse dans le Val d'Oise.
La résidence où vivait Mickaël Harpon avec son épouse et ses deux enfants, à Gonesse dans le Val d'Oise. © Maxppp - Thibault CHAFFOTTE

Elle n'aurait jamais soupçonné son mari de pouvoir mener une telle attaque. La femme de Mickaël H., l'auteur de l'attaque qui a causé la mort de quatre personnes à la préfecture de police de Paris jeudi dernier, a dit aux policiers que rien ne laissait présager un tel geste, dévoile ce jeudi franceinfo, qui a eu accès aux auditions de l'épouse réalisées en garde à vue.

L'épouse de Mickaël H. "sidérée"

"Pas un seul instant, je n’ai pensé qu’il pouvait s’en prendre à quelqu’un d’autre que lui-même", a déclaré Ilham, l'épouse du tueur. Lors de ses auditions, elle n’a cessé de dire aux policiers sa sidération. Cette femme, qui est sourde, a pu témoigner grâce à la présence d’un traducteur en langue des signes. Selon franceinfo, ni elle ni sa famille n’ont jamais fait l’objet de soupçons de radicalisation. 

Une crise de démence la nuit d'avant la tuerie 

Elle a longuement raconté la nuit qui a précédé le passage à l’acte de son mari. Elle a raconté qu'il a été victime d'une crise en pleine nuit, à 4h du matin. A ce moment là, il l'a réveillée, ainsi que leurs deux enfants de 3 et 9 ans. Elle a raconté qu'il était dans une sorte de transe, "une crise mystique" selon elle : à ce moment-là, il récite des versets du Coran, crie "Allah Ouakbar", lui dit qu’il entend des voix, et "qu’elle doit protéger leurs enfants".

Epuisée, Ilham parvient à rendormir les enfants, avant de se coucher. Mais au matin, à son réveil, elle le retrouve prostré dans le salon. Malgré tout, Mickaël H. part travailler. Mais Ilham dit qu’elle est très inquiète. Les SMS retrouvés sur son téléphone en attestent : "Comment vas-tu ?" demande-t-elle à plusieurs reprises à son mari. "Il est bizarre, comment tu le trouves ? " écrit-elle à un de ses collègues de la préfecture de police.

Quand les policiers arrivent chez elle, elle ne comprend pas ce qui se passe 

Lorsqu’elle reçoit une alerte sur son portable qui évoque une fusillade à la préfecture de police, elle lui envoie immédiatement un SMS, ainsi qu’à d’autres connaissances de la préfecture. Quand les policiers arrivent chez elle pour la placer en garde à vue et fouiller leur appartement, ils lui parlent, sans savoir qu’elle est sourde. Elle ne comprend pas ce qui est en train de se passer, et surtout, ne comprend pas que son mari est l’homme qui a poignardé à mort quatre de ses collègues avant d’être abattu dans la cour de la préfecture de police.

"Il n'était pas un islamiste"

L’épouse de Mickael H., née en France de parents marocains, ne porte pas le voile. Elle s’habille "à l’occidentale". Elle a fait des études et a travaillé, avant de s’arrêter à la naissance de son deuxième enfant. Interrogée à de multiples reprises sur la radicalisation de son époux, elle a répété aux policiers qu’il n’était pas un islamiste, qu’il était un musulman pratiquant, qu’il allait à la mosquée, "c’est tout", selon ses mots. Lorsqu’ils se sont mariés en 2004, il n’était pas "dans cette logique de conversion" a-t-elle assuré, elle ne lui a rien demandé, "il a fait son propre chemin", a-t-elle répété aux policiers.

Des motivations plus complexes qu'en apparence ? 

Plusieurs sources proches du dossier ont par ailleurs fait part à franceinfo de leurs questionnements sur la radicalisation de Mickaël Harpon. Si son geste ressemble trait pour trait à un acte terroriste, les motivations semblent plus complexes, peut-être fondées sur un processus de frustration professionnelle qui a trouvé son expression dans un passage à l’acte terroriste, aux confins du suicide, selon franceinfo.

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