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Faits divers – Justice

Attaque à la voiture bélier à Sept-Sorts : les victimes ne veulent pas être oubliées

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

Deux ans, jour pour jour, après l'attaque à la voiture bélier qui avait coûté la vie à la petite Angela, des victimes ont pris la parole pour la toute première fois ce mercredi soir. Elles ont exprimé leurs douleurs, mais aussi leur sentiment collectif d'injustice et d'abandon.

La pizzeria détruite par une voiture lundi soir à Sept-Sorts
La pizzeria détruite par une voiture lundi soir à Sept-Sorts © Radio France - Nicolas Mathias

La Ferté-sous-Jouarre, France

Ce mercredi soir à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), une quinzaine de victimes étaient réunies pour la toute première fois, deux ans après l'attaque de Sept-Sorts. Le 14 août 2017, un homme avait foncé sur une pizzeria, tuant Angela, 13 ans à l'époque, et blessant une dizaine d'autres personnes. 

Les parents d'Angela, comme chaque année, ont donc rendu hommage à leur fille disparue, mais ont aussi invité toutes les autres victimes de ce drame à venir s'exprimer. Au total, une quinzaine de victimes se sont enfin senties prêtes à parler de leurs blessures, physiques et psychologiques.

Sentiment d'abandon et d'injustice

Stéphanie Fillion, 46 ans, a été l'une des plus grièvement blessées ce soir là et dénonce, deux ans plus tard, un sentiment d'abandon. "J'ai des séquelles à vie. On a cette sensation qu'on nous demande de passer vite à autre chose et on n'y arrive pas, on n'y arrivera pas dans ces conditions là". Stéphanie dit même qu'elle a l'impression d'être morte ce soir-là. "Je me retrouve dans le corps de quelqu'un que j'apprends à découvrir. Je suis une autre personne et ça, c'est horrible".

Maggy, elle, n'a pas été physiquement blessée, c'est donc d'autant plus compliqué de faire comprendre sa douleur à son entourage. "On a vu des choses horribles, ça a changé notre vie à tout jamais (...) on peut pas passer à autre chose."

Betty Jakov, la maman d'Angela, elle, explique que le temps ne semble pas arranger les choses à ses yeux. "C'est encore plus difficile. Plus le temps passe, plus elle nous manque. Je n'ai plus une vie normale, je ne me sens plus comme avant. Je vis juste à travers mes enfants."

Un procès très attendu

Thomas lui était l'un des serveurs de la pizzeria ce soir là. Il a aussi parlé et se sent un peu mieux. "Ça fait du bien, même si j'ai pas pu cracher tous les morceaux que j'avais en moi. Le seul truc qu'il faut, c'est que la justice soit faite pour que tout le monde aille mieux. Obligatoirement il faut un procès, ça permettrait de passer à autre chose."

Pour l'instant, aucune date de procès. L'auteur présumé de l'attaque patiente toujours en prison. De leur côté, les victimes disent faire face à de nombreux obstacles, notamment les lourdeurs administratives et, pour certains, des coûts financiers difficiles à supporter. Stéphanie, l'une des victimes, dit avoir notamment fait l'objet de plusieurs saisies sur salaire pour le règlement de frais médicaux alors que celle-ci vit avec un salaire amputé de moitié depuis le drame. Les victimes réfléchissent à une manière de se regrouper de sorte à faire avancer leurs dossiers.

Sept-Sors, en Seine-et-Marne - Visactu
Sept-Sors, en Seine-et-Marne © Visactu -