Faits divers – Justice

Attaque aux cocktails Molotov : un policier toujours entre la vie et la mort

Par Germain Arrigoni, France Bleu Paris Région, France Bleu Drôme-Ardèche et France Bleu dimanche 9 octobre 2016 à 15:21 Mis à jour le lundi 10 octobre 2016 à 16:37

Les deux voitures de police attaquées au cocktail Molotov à Viry-Châtillon samedi
Les deux voitures de police attaquées au cocktail Molotov à Viry-Châtillon samedi © AFP - Thomas SAMSON

L'un des quatre policiers visés par une attaque aux cocktails Molotov, samedi après-midi à Viry-Châtillon (Essonne), est toujours entre la vie et la mort ce lundi matin. Le syndicat Alliance appelle les policiers à une "grève du zèle", et deux autres organisations à des rassemblements silencieux.

Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix, a appelé lundi les policiers, qui n'ont pas le droit de grève, à faire la "grève du zèle" après l'attaque aux cocktails Molotov contre quatre agents samedi dans l'Essonne. Il demande aux policiers de ne s'occuper que des cas graves et des urgences. Plus question de s'occuper du stationnement gênant par exemple, indique Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat. "Il faut des peines exemplaires et que la peur change de camp" dit-il. Il réclame au gouvernement plus de fermeté pour les "agresseurs et assassins de policiers". Il veut des renforts d'effectifs pour l'Essonne. Il demande que les policiers puissent se recentrer sur leur cœur de métier. Il veut plus de patrouilles et "non des surveillances de points statiques".

Deux autres organisations ont appelé de leur côté à des rassemblements silencieux mardi à 12h15 devant tous les commissariats de police. Dans un communiqué, elles précisent que ces rassemblements auront lieu "sans banderole ni affichage syndical en soutien à nos collègues dans l'épreuve". Les organisations dénoncent les zones de non-droit qui "existent toujours en France aux mains de quelques gangs délinquants et criminels". Elles se demandent "si les forces de l'ordre ont vraiment les moyens de riposter" et "de pénétrer ces quartiers pour y rétablir la sécurité".

30% du corps brûlé

Parmi les quatre policiers attaqués au cocktail Molotov samedi, l'un d'entre eux est entre la vie et la mort. Hospitalisé à Saint-Louis à Paris, cet adjoint de sécurité de 28 ans du commissariat de Savigny-sur-Orge (Essonne), a son "pronostic vital engagé" selon Eric Lallement, le procureur d'Evry dans un communiqué à l'AFP. Et d'ajouter : les médecins ne pourront se prononcer que "dans un délai de 48 heures".

Il "a été placé sous coma artificiel le temps de stabiliser son état", a indiqué une source judiciaire. "Il est brûlé sur 30% de la superficie de son corps, aux mains et au visage", a-t-elle ajouté. La gardienne de la paix de 39 ans, qui l'accompagnait dans la voiture prise d'assaut par une quinzaine d'individus, est "toujours hospitalisée pour des brûlures", mais son état suscite "moins d'inquiétude" selon la source judiciaire.

Les deux autres agents, une femme de 28 ans et un homme de 38 ans appelés en renfort, "sont sortis de l'hôpital" de Longjumeau (Essonne) samedi soir, selon deux sources policières. "Ils sont tous les deux extrêmement choqués", a précisé l'une de ces sources. La gardienne de la paix toujours hospitalisée se verra prescrire au moins trois mois d'ITT (incapacité totale de travail), et les deux agents sortis de l'hôpital ont trois semaines d'arrêt de travail, a précisé une source policière.

VIDEO. Les voitures de police en feu filmées par un témoin.

Aucune interpellation

Les enquêteurs étaient toujours dimanche à la recherche des auteurs de ces violences. Elles sont survenues tout près de la cité de la Grande Borne, qui se trouve à cheval sur les communes de Viry-Châtillon et Grigny, à un feu rouge qui fut longtemps le théâtre d'agressions.

Depuis plus d'un an, la mairie de Viry-Châtillon tente de reprendre le territoire aux agresseurs à ce carrefour dit "du Fournil" et y a dans ce but installé une caméra de vidéosurveillance, que les policiers attaqués étaient chargés de protéger.

"Quand on attaque des fonctionnaires qui portent un uniforme, c'est l'Etat qu'on attaque", a estimé dimanche le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas au "Grand rendez-vous" Europe 1/iTELE/Les Echos, évoquant un "symbole". Les sanctions seront "évidemment" sévères "puisqu'il y a à l'évidence intention non seulement de porter atteinte aux policiers" mais aussi "de porter atteinte à la vie", a-t-il dit. Il a toutefois assuré qu'"il n'y a pas de zone de non-droit" en France.

Le président François Hollande a affirmé samedi que "tout sera fait pour retrouver les auteurs de cette attaque et les traduire devant la justice pour qu'ils soient condamnés à une peine à la mesure de la gravité de leur acte".

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