Faits divers – Justice

Attaque d'un commissariat à Paris : une Tunisienne assure avoir identifié l'auteur comme étant son cousin

Par Julien Baldacchino, France Bleu Paris Région et France Bleu vendredi 8 janvier 2016 à 11:07 Mis à jour le vendredi 8 janvier 2016 à 16:57

Le quartier de Barbès a été bouclé, jeudi, après l'attaque
Le quartier de Barbès a été bouclé, jeudi, après l'attaque © Maxppp

Après l'attaque d'un commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris, le procureur de Paris François Molins a déclaré vendredi matin ne plus être "certain de l'identité" de l'homme qui a été abattu par la police. Une Tunisienne a appelé la police française pour dire qu'elle avait reconnu un proche.

Les premiers éléments de l'enquête autour de l'action menée par un homme, finalement abattu par les policiers devant un commissariat du quartier de la Goutte-d'Or jeudi à Paris, ne sont pas aussi clairs qu'ils en avaient l'air juste après les faits. L'identité de l'assaillant n'est plus certaine, a déclaré ce vendredi matin sur France Inter le procureur de la République de Paris, François Molins. Il pourrait en effet avoir eu une fausse identité. 

Vendredi après-midi, une source policière affirme qu'une jeune femme vivant en Tunisie aurait reconnu cet homme après que sa photo a été diffusée et qu'elle a appelé la police française. Elle a indiqué qu'il s'agissait de son cousin. "C'est une piste sérieuse mais des vérifications sont en cours", explique cette source policière.

Ce que l'on sait

Le déroulé des faits : L'affaire a, selon François Molins, "toutes les apparences, en termes de déroulement, de la légitime défense". L'homme, muni d'un hachoir de boucher et d'un gilet explosif qui s'est avéré factice, s'est précipité en courant vers l'entrée du commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris. "Il franchit des barrières, les policiers lui font des injonctions de s'arrêter, une fois, deux fois, en tout cas ils le font plusieurs fois (...), il sort de son blouson ce qui s'avère être un hachoir, malgré les injonctions il continue à avancer, donc il y a un policier qui tire, malgré les tirs qui l'atteignent il continue encore à avancer jusqu'à ce que le deuxième tire aussi, qu'il soit touché mortellement et qu'il s'effondre sur le trottoir".

L'homme avait été contrôlé en 2013 : Les empreintes digitales relevées sur l'assaillant correspondent bien à celles d'un ressortissant marocain né en 1995 à Casablanca. L'homme était connu de la police pour avoir été interpellé en 2012 dans une affaire de vol en réunion commise dans le Var. Mais il n'était pas connu du renseignement pour radicalisation.

Une revendication liée à Daesh : Dans les vêtements de l'homme abattu par la police se trouvait un papier manuscrit "sur lequel il y a la profession de foi musulmane, un drapeau de Daech dessiné", et sur lequel il prête également allégeance au chef du groupe Etat Islamique et "indique que son acte est en relation avec les morts qui interviennent en Syrie", selon François Molins

Ce que l'on ignore encore

La véritable identité de l'assaillant : C'est là que les choses se compliquent : le papier que l'homme portait sur lui est signé. "Il y a son nom, mais il se dit Tunisien et non Marocain". La signature ne correspond pas à l'identité révélée par les empreintes digitales. Lors de son arrestation, ainsi que d'un contrôle d'identité qui a eu lieu "il y a quelques mois", l'homme aurait pu se présenter sous une fausse identité, avec des papiers volés : "Je ne suis pas du tout certain que l'identité qu'il a donnée soit réelle", explique François Molins, qui ajoute que l'homme pourrait bien être connu sous un autre nom auprès du Renseignement. Vendredi après-midi, une Tunisienne a appelé la police française, affirmant avoir reconnu son cousin, qui serait donc bien Tunisien si cette information s'avère. 

D'éventuelles connexions : C'est peut-être l'élement qui permettra de préciser l'identité de l'homme mais aussi de savoir s'il a agi seul ou s'il était en relation avec d'autres personnes : l'assaillant avait sur lui un téléphone portable quand il a été abattu. "Il va falloir travailler sur un téléphone qu'on a trouvé, et qui est doté d'une puce allemande", affirme le procureur de la République. 

Interrogé sur la posture à adopter dans les mois à venir, François Molins a déclaré qu'il n'y a selon lui "absolument aucune raison d'être optimiste, parce qu'on a une menace grandissante, une menace protéiforme. On est clairement sur un phénomène qui s'inscrit dans la durée et qui risque de durer plusieurs années", a-t-il ajouté. 

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