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Attaque de la gendarmerie de Dax : confinement, complotisme et bipolarité

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Par , France Bleu Gascogne

L'auteur de l'attaque de la gendarmerie de Dax a été condamné ce jeudi à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal judiciaire de Dax. Un sursis renforcé pour l'obliger à suivre des soins psychiatriques.

Voiture de gendarmerie, image d'illustration
Voiture de gendarmerie, image d'illustration © Radio France - Sébastien Berriot

L'auteur de l'attaque de la gendarmerie de Dax a été condamné ce jeudi à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal judiciaire de Dax. Un sursis renforcé pour l'obliger à suivre des soins psychiatriques, à indemniser les trois gendarmes qu'il a violentés sans les blesser le 25 novembre 2020 et à indemniser l'Etat à hauteur de 20 000 euros, montant de la facture pour le portail de la gendarmerie fracturé et pour les véhicules des militaires qu'il a détériorés. 

Si ce Dacquois n'a pas été condamné à de la prison ferme comme le demandait la procureure de la République dans ses réquisitions, c'est que son casier vierge et sa pathologie psychiatrique ont été pris en considération. L'homme a en effet été diagnostiqué bipolaire et visiblement, cette décompensation est consécutive au confinement du mois de mars

Confinement et vidéos complotistes

Jeff est kinésithérapeute dans un établissement thermal de Dax. Jamais avant le mois d'avril 2020, il n'avait eu de problème psychiatrique. "J'avais une vie normale", dit il a la barre quand on lui demande s'il avait déjà eu des signes de bipolarité avant. Mais avec la pandémie, le confinement en mars dernier, il s'est retrouvé à la maison, il ne pouvait plus travailler. Plus rien d'autre à faire que de regarder sur internet des vidéos complotistes, notamment sur la pandémie. 

Peut-être avait-il déjà une fragilité, il consommait aussi du cannabis. Quoiqu'il en soit, le premier séjour de sa vie en hôpital psychiatrique, c'était en avril dernier. Il avait été arrêté alors qu'il traînait déjà autour de la gendarmerie de Dax. Lors de son premier séjour à l'hôpital, Jeff est diagnostiqué "bipolaire".  Ce Dacquois de 39 ans, cheveux court poivre et sel, barbe parfaitement ajustée et look tout ce qu'il y a de plus normal, est soumis à un traitement. Mais au grand désarroi de sa mère, il décide de l’arrêter rapidement. Il se pense guéri et se plaint d'effets secondaires. 

Une lettre à Donald Trump

Durant ces mois de pandémie, il entre en contact numérique avec un mentor de la sphère complotiste. Un homme qui s'appelle Rémy Daillet-Wiedemann avec lequel il échange sur messagerie électronique. Cet homme est un ancien président du Modem de Haute-Garonne. Il vit aujourd'hui à l'étranger et sur ses sites internet, il appelle au coup d'Etat contre "la dictature" en France. Pour cela, il demande à ses adeptes, comme le Dacquois, de se préparer à agir, via des formulaires d'inscription. 

Dans son délire, Jeff va même envoyer une lettre à Donald Trump pour lui demander de l'aider à devenir président de la République en France. C'est donc dans ce contexte d’imprégnation de thèses complotistes, au milieu d'une décompensation psychiatrique en plein confinement, que le kinésithérapeute a agi et a attaqué la gendarmerie de Dax. 

Vol de matraque 

Fin novembre dernier, Jeff est en crise. Ce jeudi, le tribunal a diffusé les images de la vidéo surveillance de la ville de Dax et de la gendarmerie. On voit le kinésithérapeute et sa voiture se livrer d'abord à un rodéo dans les rues de Dax. Il va notamment faire des tours dans le parc des arènes à vive allure et en zig zag, prendre des rues à contre sens et griller des feux de signalisation. 

Il se dirige ensuite à la gendarmerie, pousse le portail de la gendarmerie avec sa voiture jusqu'à le faire céder et entre dans la cour de la caserne. Là, il va s'acharner sur tout ce qui est bleu. Casser des voitures, que celles siglées "gendarmerie". Dans un véhicule qu'il a forcé, il vole des matraques et casse d'autres véhicules avec. Alerté par le bruit, alors qu'il est 23h10, un capitaine de gendarmerie descend à sa rencontre. Les vidéos tournées par les familles des gendarmes depuis leur balcon sont édifiantes. Le kinésithérapeute hurle et court après les gendarmes matraque à la main. Il crache sur deux jeunes gendarmes et se fait finalement plaquer au sol. 

"En 30 ans de gendarmerie, c'est la première fois que je suis confronté à ce genre de fait", déplore le capitaine de gendarmerie dacquois devant le tribunal avant d'ajouter avec émotion : "Jusque là, les familles et les enfants des gendarmes se sentaient en sécurité dans la caserne".  Sur les vidéos diffusées dans la salle d'audience, on entend ces familles apeurées. 

"Des faits graves qu'il faut condamner à la lumière de l'expertise psychiatrique", dira la procureure de la République dans son réquisitoire. L'expert psychiatre, dans son rapport au tribunal sur le kinésithérapeute, décrit une altération grave du discernement au moment des faits.  Maître Renaudie, l'avocat du prévenu, a tenté d'expliquer que la limite entre "altération grave du discernement" et "abolition du discernement" était très mince. Si l'expert avait dit abolition, le Dacquois n'aurait pas pu être jugé. Ce dernier s'est excusé à la barre et a conclu : "J'ai compris qu'il fallait que je me soigne". 

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