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Faits divers - Justice

Attaque des militaires à Valence : "On a volé en l'air, percutés par une voiture qu'on n'a pas vue arriver"

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Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu
Valence, France

Le verdict est attendu ce mercredi soir aux assises de la Drôme pour Raouf El Ayeb accusé d'avoir voulu tuer des militaires de Sentinelle en leur fonçant dessus en voiture il y a quatre ans devant la mosquée de Valence. Mardi, l'accusé et les victimes ont été entendus.

Assises de la Drôme, procès de Raouf El Ayeb
Assises de la Drôme, procès de Raouf El Ayeb © Radio France - Nathalie de Keyzer

Au cours de la deuxième journée du procès, ce mardi, les débats ont encore longuement porté sur la personnalité de l'accusé et son état mental. D'une voix terne, Raouf El Ayeb commence par évoquer sa maladie : " j'ai changé : avant j’étais courageux, actif, intelligent, depuis que je suis malade tout a basculé". L’homme se définit d’abord et avant tout comme malade.  Au point que la présidente s’étonne: "vous n’êtes que cela ?" L'accusé reprend en parlant des angoisses et des idées noires qui le hantent à chaque seconde. 

Radicalisation ou simple curiosité ?

Pour l'expert psychologue pourtant, Raouf El Ayeb n'a pas de maladie mentale, tout au plus des troubles de la personnalité. Autre question sans véritable réponse :  Raouf El Ayeb était-il en cours de radicalisation ? Lui assure que non. Si on a trouvé huit vidéos de l'État islamique dans son ordinateur, c’est juste parce qu'il cherchait à avoir des nouvelles de ses deux cousins partis en Syrie. 

Quant au petit livret de six pages trouvé dans son appartement et intitulé "Vivre chez les mécréants : règles et conditions", ça non plus, ça ne voudrait rien dire. Selon l'accusé, c'est un ami qui lui avait donné ce livret. "Je ne l'ai pas lu" affirme Raouf El Ayeb. Pourquoi alors l'avoir gardé depuis des mois sur la table du salon de son appartement s'interroge l'avocat des militaires ?

La dignité des victimes

Il a fallu attendre 19 heures ce mardi pour pouvoir entendre les victimes. Trois des quatre soldats renversés le 1er janvier 2016 sont présents au procès. Le dernier n'a pas pu venir, incapable d'affronter le regard de celui qui a voulu le tuer. Ses trois camarades sont venus dire à la cour comment ils ont vécu les faits et surtout comment ils vivent avec ce traumatisme quatre ans après. Tous ont ou vont quitter l'armée.

On a volé en l'air, percuté par une voiture qu'on n'a pas vue arriver

Rachid le chef de groupe de la patrouille sentinelle est le premier à se présenter à la barre. Après 11 ans de service, il a quitté l'Armée : "après ça, je n'ai plus eu envie de toucher une arme".  Ce sergent qui a fait l’Afghanistan l'avoue :"là bas on était préparé à ce qui pouvait arriver, mais ça là chez moi en France... non on est pas prêts à ça". Autre choc :  "devoir tirer sur un individu sur le territoire français parce qu'on nous attaque". Le chef de groupe de 37 ans reprend :

"Je suis de confession musulmane, ce qu'il a fait est inadmissible ! Pas la peine d'aller faire ses cinq prières par jour si c'est pour faire ça après."

Les deux autres militaires n'avaient que 19 et 20 ans le jour des faits. Engagés depuis quelques mois, ils racontent  la peur de mourir percutés par cette voiture. L'un projeté sur le capot, l'autre coincé entre le pare-choc et un autre véhicule garé devant la mosquée. Touché au genou, le plus jeune des chasseurs alpins ne pourra plus faire partie des troupes de montagne. C’était son rêve de gosse, il s'effondre à la barre incapable de retenir ses larmes lorsqu'il reconnait qu'il est contraint par cette blessure de quitter l’armée.  

Les trois hommes racontent aussi les nuits sans sommeil depuis et l'hyper-vigilance pour ceux qui ont repris des patrouilles sentinelles. Rachid, l'ex-sergent chef de groupe, jette un œil à l'accusé et conclut : "ça m’énerve de le voir là tout penaud dans son box, c'est pas lui la victime ... c’est nous."

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