Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Les deux dernières gardes à vue levées : le point sur l'attentat de Rambouillet

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu, France Bleu Paris

Une fonctionnaire du ministère de l'Intérieur a été tuée dans une attaque au couteau vendredi 23 avril dans le commissariat de Rambouillet. Le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête. Les obsèques de la victime se tiennent cet après-midi dans le plus stricte intimité.

Une fonctionnaire a été tuée à Rambouillet, dans les Yvelines.
Une fonctionnaire a été tuée à Rambouillet, dans les Yvelines. © AFP - Bertrand GUAY

Six jours après l'assassinat d'une policière à Rambouillet dans les Yvelines, les deux cousins de Jamel Gorchene, le Tunisien qui a commis l'attaque, ont été remis en liberté sans faire l'objet de poursuites à ce stade. La garde à vue du père de l'assaillant a également été levée mardi. Les gardes à vue du couple qui avait domicilié administrativement le meurtrier ont quant à elles été levées dès dimanche "sans poursuite à ce stade" a indiqué une source proche du dossier. Pour l'heure, l'hypothèse d'un homme seul, radicalisé et perturbé, est privilégiée. 

Le parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête pour "assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste". Les investigations ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Les obsèques de la victime se tiennent ce jeudi après-midi dans la plus stricte intimité à Saint-Léger-en-Yvelines, le village où elle vivait. Emmanuel Macron et son épouse Brigitte assisteront également à la cérémonie. Le lendemain, Jean Castex doit présider une cérémonie d'hommage national à Rambouillet. 

Une attaque au couteau en début d'après-midi

L'attaque s'est produite à 14h25 vendredi. La fonctionnaire rentrait d'une pause et se trouvait dans le sas d'entrée du commissariat lorsqu'elle a reçu deux coups de couteau, l'un à l'abdomen, l'autre à la gorge, avec "une lame de 22 cm", a précisé le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard lors d'un point presse dimanche. Elle est décédée sur place, malgré l'intervention des pompiers.

L'assaillant a été touché par les tirs d'un policier. En arrêt cardio-respiratoire, il est décédé.

Plusieurs éléments ont mené à une saisine du Pnat : "des éléments de repérage", la qualité de la victime - une fonctionnaire de police prise pour cible -, ainsi que les "propos tenus par l'auteur lors de la réalisation des faits", a expliqué le procureur antiterroriste Jean-François Ricard lors d'un point presse. D'après des témoins, l'assaillant a crié "Allah Akbar", selon une source proche de l'enquête.

Une fonctionnaire tuée

La fonctionnaire tuée avait 49 ans et était mère de deux enfants, âgés de 13 et 18 ans. Stéphanie M. était fonctionnaire administrative du ministère de l'Intérieur et travaillait au commissariat de Rambouillet depuis 28 ans. Elle n'était pas en uniforme ni armée au moment de l'attaque. Elle était originaire de la Manche.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Gérer mes choix

Samedi, Emmanuel Macron s'est rendu dans la boulangerie de son époux à Thoiry pour apporter son soutien à la famille "très bouleversée et très digne" selon l'Elysée.

Un hommage a été rendu lundi à 17h30 devant l'hôtel de ville et Rambouillet mais aussi partout en France, devant les commissariats et gendarmeries.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Gérer mes choix

Un homme radicalisé en quelques mois

Selon les papiers d'identité retrouvés sur lui, l'assaillant, Jamel G., est un homme âgé de 36 ans, inconnu des services de police et de renseignement. De nationalité tunisienne, il était arrivé en France en 2009. Il avait bénéficié en 2019 d'une autorisation exceptionnelle de séjour salarié, puis d'une carte de séjour en décembre 2020, valable jusqu'en décembre 2021. Il avait emménagé en décembre 2015 à Rambouillet, d'après les informations recueillies par l'AFP, et avait auparavant résidé dans le Val-de-Marne. Il était chauffeur-livreur. 

D'après le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, plusieurs éléments accréditent la piste du passage à l'acte d'un homme radicalisé en quelques mois, depuis l'automne. Une "rapide exploitation" du téléphone de l'agresseur a révélé "qu'il avait, immédiatement avant de passer à l'acte, consulté des vidéos de chants religieux glorifiant le martyr et le jihad", a-t-il précisé. Le procureur a aussi évoqué ses publications sur Facebook qui ont révélé, à compter de l'automne dernier, "une adhésion à une idéologie légitimant la violence contre ceux ayant offensé le prophète".

"Si la radicalisation de l'agresseur paraît peu contestable, la présence de certains troubles de personnalité a pu aussi être observée", a relevé le procureur. En garde à vue, son père a évoqué la "pratique rigoureuse de l'islam" et "des troubles du comportement" observés "en début d'année". Il avait bénéficié de deux consultations psychiatriques à l'hôpital de Rambouillet en février. Cependant, "il semble que son état n'a nécessité ni hospitalisation ni traitement". D'après une de ses cousines et un cousin rencontrés par l'AFP, il était suivi par un psychiatre en France pour une dépression.

Cinq personnes en garde à vue au total

Cinq personnes ont été placées en garde à vue. Il s'agit du père de l'assaillant, interpellé dès vendredi et qui a été remis en liberté mardi. Deux personnes qui l'ont hébergé, l'une récemment à Thiais (Val-de-Marne) et l'autre à son arrivée en France en 2009, ont également étaient interpellées vendredi mais dimanche, la garde à vue de ce couple a été levée, "sans poursuites à ce stade" affirme une source judiciaire.

Une quatrième personne a été placé en garde à vue samedi, a appris l'AFP de source judiciaire. Il s'agit d'un cousin de l'assaillant. Puis, un autre cousin a été placé en garde à vue, a annoncé le procureur antiterroriste Jean-François Ricard dimanche. Mardi après-midi, les deux cousins de l'auteur des faits étaient toujours entendus.

Depuis vendredi, la police a mené plusieurs perquisitions. La première a eu lieu au domicile de l'assaillant, à Rambouillet. Une autre s'est déroulée dans le Val-de-Marne, au domicile de la personne ayant accueilli Jamel G. à son arrivée en France en 2009.

Les enquêteurs chargés des investigations vont multiplier les auditions parmi ses proches, connaissances et collègues. Cette pratique systématique de l'antiterrorisme après chaque attentat n'entraîne pas nécessairement de poursuites.

Renforcement de la sécurité près des commissariats et gendarmeries

Après cette attaque, de nouvelles mesures ont été prises. Les préfets sont enjoints de "renforcer la vigilance et les mesures de sécurité dans et aux abords des commissariats de police et brigades de gendarmerie, notamment s'agissant des accueils", est-il écrit dans un télégramme envoyé par le cabinet du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Une réunion a eu lieu ce samedi après-midi entre les différents services et ministres concernés - Intérieur, Justice et Armées - autour du Premier ministre Jean Castex pour faire un point sur la situation. Gérald Darmanin doit présenter mercredi en Conseil des ministres un projet de loi, en préparation depuis plusieurs semaines, pour renforcer la lutte contre le terrorisme.

L'attaque de Rambouillet est "la 17e action terroriste islamiste commise en France depuis 2014 contre les forces de l'ordre", a rappelé le procureur national antiterroriste. Neuf fonctionnaires de police ou militaires sont morts et près d'une vingtaine ont été blessés dans ces agressions, souvent commises avec un simple couteau.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess