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Dossier : Attentats de janvier 2015, le procès

VIDÉO - Attentats de janvier 2015 : Dammartin-en-Goële reste marquée par la fin de cavale des frères Kouachi

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Le procès des attaques contre Charlie Hebdo, une policière à Montrouge et l'Hyper Cacher porte de Vincennes s'ouvre ce mercredi 2 septembre à Paris. La ville de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) est marquée durablement par la fin de cavale des frères Kouachi le 9 janvier 2015 dans une imprimerie.

La rue du général de Gaulle, artère principale du centre-ville de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne). A chaque passage d'hélicoptère, les habitants appellent en mairie pour savoir ce qu'il se passe.
La rue du général de Gaulle, artère principale du centre-ville de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne). A chaque passage d'hélicoptère, les habitants appellent en mairie pour savoir ce qu'il se passe. © Radio France - Marine Chailloux

Les frères Kouachi et Amédy Coulibaly sont morts. Mais les auteurs de la tuerie de Charlie Hebdo et le tueur d'une policière de Montrouge et auteur de l'attaque contre l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes ont bénéficié d'aides pour s'armer et organiser leurs attaques. Le procès des attentats de janvier 2015 s'ouvre ce mercredi 2 septembre 2020 . Quatorze accusés devront répondre d'avoir apporté un soutien aux frères Saïd et Chérif Kouachi et à Amédy Coulibaly pour les aider à perpétrer leurs attaques. Et à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), beaucoup attendent des réponses.

Une réhabilitation... de façade

Deux jours après l'attentat de Charlie Hebdo, les frères Chérif et Saïd Kouachi braquent une automobiliste à Nanteuil-le-Haudouin. Ils se dirigent vers Paris mais tombent sur une patrouille de gendarmerie à Dammartin-en-Goële en Seine-et-Marne. 

Said Kouachi est légèrement blessé à la gorge par un tir de riposte d'un gendarme. Les terroristes prennent la fuite et se retranchent vers 9h15 dans une imprimerie où ils prennent en otage le gérant de l'entreprise, Michel Catalano. Il sera finalement relâché à 10h26. Mais un de ses salariés reste caché sous un évier dans une salle de repos. 

A la place du bureau de Michel Catalano dans son imprimerie où s'étaient retranchés les frères Kouachi, se trouvait la salle de repos où s'était caché son salarié, sous un évier.
A la place du bureau de Michel Catalano dans son imprimerie où s'étaient retranchés les frères Kouachi, se trouvait la salle de repos où s'était caché son salarié, sous un évier. © Radio France - Marine Chailloux

Michel Catalano espère comprendre "comment ils ont pu avoir autant d'armes de guerre, arriver jusqu'ici en passant les barrages. "Ces questions ont hanté mes cauchemars, je n'aurai peut-être pas toutes les réponses mais même si on ne passe jamais à autre chose, je pourrai peut-être continuer mon chemin", confie-t-il. 

Il n'y a plus d'impacts de balles, mais le matin, quand j'arrive ici, j'ai la boule au ventre" - Michel Catalano, patron de l'imprimerie où les frères Kouachi s'étaient retranchés

Réfugié sous un masque à l'effigie de son entreprise, il affiche son logo partout sur sa tenue. "C'est ma carapace", dit-il. Depuis cinq ans, ses nuits sont courtes. L'ancien leader, capitaine d'une équipe de hockey et adepte des sports d'adrénaline, n'est plus le même. 

Dans son bureau, une phrase du Petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry : "Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve". Michel Catalano a posé derrière lui un drapeau tricolore, une photo de remise de la Légion d'honneur. Mais face à lui, il scrute en permanence les écrans de vidéosurveillance de son imprimerie et toutes les portes de sortie. 

L'imprimerie de Dammartin en Goele après l'assaut du GIGN le l8 janvier 2016, au lendemain de l'attentat de Charlie Hebdo
L'imprimerie de Dammartin en Goele après l'assaut du GIGN le l8 janvier 2016, au lendemain de l'attentat de Charlie Hebdo © Radio France - Nathalie Doménégo
L'imprimerie à Dammartin-en-Goële où s'étaient retranchés les frères Kouachi le 9 janvier 2015 a été totalement réhabilitée à l'intérieur et comme à l'extérieur en 2016.
L'imprimerie à Dammartin-en-Goële où s'étaient retranchés les frères Kouachi le 9 janvier 2015 a été totalement réhabilitée à l'intérieur et comme à l'extérieur en 2016. © Radio France - Marine Chailloux

Après les attentats et la mort des frères Kouachi le 9 janvier 2015, il a pensé tout arrêter, déménager. "Il y avait un flot continu de voitures qui passaient devant l'imprimerie, des parents qui prenaient des photos avec leurs enfants, c'était difficile à vivre". 

Mais Michel Catalano reçoit des soutiens du monde entier. "On a eu tellement de lettres, de _soutiens du monde entier_, le président de la République, le Premier ministre, de gens qui sont venus me voir, me dire qu'il faut se battre, tout cela m'a donné envie de continuer, même si c'était très difficile"

En 2016, il parvient à reconstruire son imprimerie, mais pas à l'identique. Surtout pas. À la place de la salle de repos où s'est caché son salarié sous un évier pour échapper aux terroristes, Michel Catalano a, par exemple, installé son bureau. 

Interview : Michel Catalano a réhabilité son imprimerie mais il garde en lui les impacts de l'attaque des frères Kouachi.

"On a gardé que les poutres et on a reconstruit complètement le bâtiment", explique Michel Catalano. Mais toutes les traces de l'attentat n'ont pas disparu :"Il n'y a plus d'impacts de balles, mais le matin quand j'arrive ici, _j'ai toujours la boule au ventre_. Ça reste un endroit identique. Je ne crois pas que, quand on vit un traumatisme tel que je l'ai vécu, on puisse passer à travers."

A chaque fois qu'on signe un chèque et que les gens voient le nom de la ville, ils font le rapprochement" - Josette, habitante depuis 42 ans à Dammartine-en-Goële

Une "journée abominable pour tout le monde"

Dans la ville de Dammartin-en-Goële, les habitants n'ont pas oublié non plus ce 9 janvier 2015. Dominique par exemple se souvient : "J'étais chez mon coiffeur, et on a dû fermer les commerces, c'était ville morte". Josette, elle, se rappelle "des policiers assis sur les marches, des hélicoptères qui passaient au-dessus des maisons". 

Pour Jean-Louis, ce fut une "journée abominable pour tout le monde, on ne savait pas ce qu'il se passait". Et aujourd'hui encore, beaucoup de gens leur parlent de ce 9 janvier 2015 : "Souvent quand on va en vacances, qu'on fait un chèque, Dammartin-en-Goële ça a frappé les gens, ils citent tout de suite les frères Kouachi" regrette Josette, qui habite ici depuis 42 ans. 

Archive : Le maire d'Othis, Bernard Corneille, avait fait boucler toute sa ville quand les frères Kouachi se sont retranchés dans une imprimerie à Dammartin-en-Goële, une commune voisine.

Toutes les écoles avaient été fermées, les élèves devaient rester confinés à 30 kilomètres aux alentours. Dammartin-en-Goële était totalement quadrillée par des policiers et des gendarmes en gilets pare-balles et lourdement armés. France Bleu Paris était sur place pour faire vivre les événements en direct.

Archive : ce 9 janvier 2015 au matin, la ville de Dammartin-en-Goële est totalement quadrillée par les forces de l'ordre, plus personne ne peut sortir.

Michel Dutruge, maire (LR) de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) depuis 2014 a vécu l'une des journées les plus difficiles de son premier mandat ce 9 janvier 2015.
Michel Dutruge, maire (LR) de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) depuis 2014 a vécu l'une des journées les plus difficiles de son premier mandat ce 9 janvier 2015. © Radio France - Marine Chailloux

Il y a encore un traumatisme qui perdure, Michel Dutruge, maire (LR) de Dammartin-en-Goële.

Michel Dutruge entamait son mandat de maire. Élu en 2014, il a vécu ce 9 janvier 2015 l'une des journées les plus difficiles de son premier mandat. "Il n'y a pas de préparation pour ce type d'événement. Quand le matin vous écoutez la radio et vous prenez conscience que c'est sur la commune que ça se passe, vous vous demandez ce qu'il faut faire", se souvient le maire (LR) Michel Dutruge. 

"J'ai fait fermer l'état civil, tous les lieux publics, les commerces, j'ai fait confiner toutes les écoles. Mais c'est à ce moment-là que tout commence. Les parents commencent à arriver devant les écoles pour récupérer les enfants, il a fallu organiser leur extraction, ça a été une journée très compliquée".

Interview : Le maire (LR) de Dammartin-en-Goële, Michel Dutruge, a dû improviser pour faire face à cet événement exceptionnel.

Mur de l'espoir

Le maire, comme sa ville, reste très marqué par ce 9 janvier 2015. "Ça commence à s'atténuer, mais dès qu'un hélicoptère survole la ville, les habitants appellent en mairie pour savoir ce qu'il se passe", explique Michel Dutruge. "Il y a encore un traumatisme qui perdure. Dammartin est marquée à jamais avec les frères Kouachi, ça a donné une autre dimension à la ville. Quand je dis que je suis maire de Dammartin, les gens font toujours le rapprochement".

Interview de Michel Dutruge, maire (LR) de Dammartin-en-Goële, ville "marquée à jamais par les frères Kouachi".

Dans le hall de l'imprimerie, un "mur de l'espoir" sur lequel des personnalités politiques, des habitants, des clients ont inscrit un mot de soutien.
Dans le hall de l'imprimerie, un "mur de l'espoir" sur lequel des personnalités politiques, des habitants, des clients ont inscrit un mot de soutien. © Radio France - Marine Chailloux

De son côté, Michel Catalano, l'imprimeur, a relancé son affaire. Il a inauguré sa nouvelle imprimerie le 29 septembre 2016 et il essaie de faire face à la crise économique due au coronavirus. La présidence de la République lui confie tous les ans l'impression de ses cartes de vœux

Dans le hall d'entrée de l'imprimerie, s'affichent des photos de l'inauguration des nouveaux locaux et la remise de la Légion d'honneur par François Hollande, alors président de la République. C'est aussi lui qui a inauguré les nombreuses signatures sur le "mur de l'espoir" dans le hall d'entrée. Des messages de soutien pour l'imprimeur et ses salariés.

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