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Faits divers – Justice

Attentat de Charlie Hebdo : "J'entends encore le sifflement des balles", une policière témoigne pour la première fois

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

C'est la première fois que Géraldine Blanc s'exprime. Cette policière était membre de la brigade VTT qui est intervenue juste après l'attentat. Depuis, cette native de Tournon-sur-Rhône (Ardèche) a obtenu sa mutation à Valence. Pour elle, il y a un avant et un après 7 janvier 2015.

Géraldine Blanc a essuyé les tirs des frères Kouachi
Géraldine Blanc a essuyé les tirs des frères Kouachi © Radio France - Florence Beaudet

Valence, France

C'était il y a quatre ans jour pour jour. Et le souvenir est intact. "Je me souviens de tout, avec précision, chaque détail". L'attentat a fait basculer la vie de Géraldine Blanc. Quatre ans après, elle parle pour la première fois. Parce qu'elle se sent assez forte pour ne pas s'effondrer en évoquant l'attentat. Parce que "c'est important de ne pas oublier les victimes".

L'une des premières sur les lieux

Elle avait alors 32 ans, était membre de la brigade VTT du 11e arrondissement de Paris. Quand sur sa radio, elle entend qu'il y a des coups de feu rue Nicolas Appert, elle ignore alors que c'est là que se trouve le journal satirique. "Je pense que ce sont des enfants qui jouent avec des pétards dans la rue". A son arrivée, des personnes lui font signe depuis le toit de l'immeuble de Charlie Hebdo. Mais elle ne comprend pas ce qu'ils lui disent. Soudain, les frères Kouachi surgissent dans la rue "en noir, gilets pare-balles, et armes de guerre à la main".

"Je n'avais plus la notion du temps"

Ils tirent dans sa direction. "Je jette mon vélo et je cours comme je peux. Les balles sont passées à 10 à 20 centimètres. J'ai encore leur sifflement dans les oreilles". Elle réussit à se réfugier dans une rue perpendiculaire. Et puis, elle entend dans sa radio "un policier à terre". Elle retourne sur place. Et découvre Ahmed Mérabet sur le sol, blessé mortellement par les terroristes. C'est elle qui alerte les pompiers. "Je n'avais plus la notion du temps, j'étais en état de choc, je n'ai compris que plus tard qu'il s'agissait d'un attentat".

Attentat de Charlie Hebdo - Géraldine Blanc : "J'entends encore le sifflement des balles"

Impossible pour elle de travailler en tenue

Depuis, tout a changé pour Géraldine Blanc. "J'ai été arrêtée durant quatre mois. Je n'arrivais pas à sortir seule de chez moi, même pour faire des courses. Je pensais que des terroristes allaient finir le travail et me tuer". Ensuite, elle reprend le travail mais elle ne peut plus porter l'uniforme "c'est impossible, j'ai l'impression d'être une cible"

Elle est restée policière en civil à Paris mais après le Bataclan et surtout l'assassinat d'un policier sur les Champs-Elysées, elle craque. Elle demande sa mutation à Valence pour se rapprocher de sa famille installée à Tournon-sur-Rhône. Aujourd'hui encore, elle poursuit sa reconstruction, dit souffrir de la culpabilité du survivant et "je pense chaque jour, vraiment chaque jour, à Charlie Hebdo".

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