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Dossier : Attentat de Conflans-Sainte-Honorine

Attentat de Conflans : les musulmans de Savoie condamnent un acte "barbare"et "injustifiable"

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Au nom de seize mosquées de Savoie, le Conseil du culte musulman prend la parole pour condamner l'attentat qui a coûté la vie à Samuel Paty.

Le conseil départemental du culte musulman en Savoie
Le conseil départemental du culte musulman en Savoie © Radio France - Christophe Van Veen

Le Conseil départemental du culte musulman est une instance toute nouvelle, dans la ligne du Conseil national du culte musulman. Créée le 26 septembre dernier, cette réunion de seize mosquées de Savoie (la quasi-totalité) se veut le relais, l'intermédiaire, la médiatrice, avec les institutions et les fidèles. Devenir des interlocuteurs crédibles et efficients. Identifier les problèmes. Faire preuve de pédagogie. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le Conseil est déjà au pied du mur après l'assassinat de Samuel Paty dans les Yvelines. 

Il condamne sans équivoque l'acte terroriste, par l'intermédiaire de son premier communiqué officiel : "Rien ne peut justifier un acte aussi barbare, et encore moins au nom d’une religion." Les membres seront présents dans les lieux de recueillement ce mercredi en hommage à Samuel Paty. 

Le Conseil redoute par ailleurs que les musulmans de France soient stigmatisés au point de subir des violences. Yavouz Yilmaz, qui préside la mosquée de Barberaz, près de Chambéry, est aussi le vice-président du Conseil : "Je condamne avec une grande véhémence cet acte atroce. Il a été commis par un tchétchène se revendiquant "musulman" alors que ce n'est pas la conception de l'islam." 

La prise de parole est précieuse et nécessaire. "On est dans un moment émotionnel. On est tous touchés au plus profond car c'est la République qui est touchée. Et je redoute des dérapages, des exagérations. Quand je vois comment se passent les descentes dans les associations musulmanes, ces derniers jours, elles sont très agressives, alors que nous n'avons rien à cacher."

Yavuz Yilmaz
Yavuz Yilmaz © Radio France - Christophe Van Veen

Ce mardi soir, à Chambéry, à la veille de l'hommage national à Samuel Paty, autour de la table et du thé à la menthe généreux offert par le responsable de la mosquée des Landiers, la peur n'est pas absente. On fait référence à des femmes voilées agressées à Lyon, à une stigmatisation des musulmans qui marque un peu plus à chaque attentat. 

"Le professeur est le seul maître dans sa classe. J'aurais pu me trouver à sa place, même en étant musulman." - Mohammed prof d'histoire-géographie

Membre actif du Conseil, Mohammed ne le cache pas, tout en refusant un discours victimaire. Il redoute que quelqu'un débarque dans les mosquées et commette le pire. Ce professeur d'histoire-géographie se sent proche de la victime des Yvelines, Samuel Paty : "Je suis tellement choqué. Dans l'incompréhension totale. En fait, je me sens désemparé. Dans toutes mes formations, j'ai appris que l'enseignant est le maître dans sa classe. L'inspection d'académie contrôle ce qui se passe dans la classe, mais certainement pas les parents. Si les parents imposent leur avis sur le contenu des cours, où va-t'on ? Et surtout pas sur les réseaux sociaux, avec des appels à la haine. L'école n'est plus un sanctuaire. J'aurais pu me trouver à la place de ce professeur, même en étant musulman." 

Un travail de pédagogie vital auprès des jeunes générations

Les représentants des mosquées ne se posent pas en victimes, mais plutôt en acteurs pour éviter une plus grande fracturation de la société. Prenant le contre-pied du discours dominant qui voudrait que les musulmans soient des ennemis de la laïcité et de la liberté d'expression, Yavuz Yilmaz est clair : "Non seulement le professeur a fait son travail - il était dans son droit - mais j'aurais voulu que tous les élèves musulmans participent à son cours sur la liberté d'expression. On sait qu'on a des problèmes dans les familles. Et justement, grâce à l'éducation des jeunes, on doit leur faire comprendre que la liberté d'expression et la laïcité sont les fondements de la République française. C'est accepter les caricatures, même si elles choquent nos valeurs. Nous sommes Français. Nous devons être une valeur ajoutée pour la société, et pas un fardeau pour ce pays. Et dans ce pays, on a le droit de dire ce que l'on pense, dans le respect des lois. " 

"Le professeur était dans son droit. Il a fait son travail. Il faut éduquer les jeunes à la liberté d'expression même si ça choque" - Yavuz Yilmaz

Juste après l'interview, le responsable de la mosquée de Barberaz devait rencontrer des jeunes pour les sensibiliser à la liberté d'expression. Un travail de pédagogie salutaire." Malheureusement, il existe des mosquées et des prédicateurs qui pourrissent la vie et l'esprit des plus faibles, c'est-à-dire des jeunes. On doit tous faire ce travail d'éducation." 

Cette oeuvre de pédagogie vaut aussi pour les textes du Coran. Ne pas dévoyer les versets est essentiel pour le professeur d'histoire-géographie Mohammed : "L'attentat est le contraire de l'islam, commis par des ignorants qui se réclament d'une religion qu'ils ne connaissent pas. Quand Mahomet est molesté et insulté, il ne réplique pas. Il répond par un sourire, par la paix et par l'amour. Il faut revenir aux origines de l'Islam, à la source."  

Le communiqué du Conseil du culte musulman de Savoie
Le communiqué du Conseil du culte musulman de Savoie - Capture

Les catholiques aux côtés des musulmans

Dans cette petite salle située non loin du lieu de prière érigé dans la zone commerciale des Landiers, s'est joint un émissaire de l'évêque de Chambéry : Bruno Michaud, délégué au dialogue avec les musulmans. Lui aussi redoute les amalgames. "Dans les médias, il semble qu'il n'y ait pas de frontières très nettes entre terrorisme, islam radical et musulmans. Tout le monde dans le même sac ! Je viens ici parce que je connais mes frères musulmans depuis des dizaines d'années. Je veux leur témoigner ma fraternité. Et je rappelle aussi notre condamnation de cet épouvantable assassinat qui est un défi à la laïcité, un défi à la France. Nous devons être solidaires les uns les autres."  

  • Les rassemblements en hommage à Samuel Paty en Savoie :  11h à Chambéry place du palais de Justice. 11 h place de la gare à Saint-Michel-de-Maurienne. 12 heures à Aix les Bains place Maurice Mollard. 18h à Albertville.   
  • En Haute-Savoie : Annecy , 18h , devant la préfecture et à Annemasse, devant l'hôtel de ville, à 18 heures.
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