Faits divers – Justice

Attentat de Corte : trois jeunes Corses écopent de cinq à huit ans de prison

Par Géraldine Houdayer, France Bleu RCFM et France Bleu jeudi 6 octobre 2016 à 16:04

Le rassemblement en soutien aux trois accusés a fini dans la violence mercredi soir à Bastia.
Le rassemblement en soutien aux trois accusés a fini dans la violence mercredi soir à Bastia. © Maxppp - Christian Buffa

La cour d'assises spéciale de Paris a condamné, ce jeudi 6 octobre, trois Corses à des peines de cinq à huit ans de prison pour l'attentat de Corte. En 2012, ils avaient lancé une voiture-bélier contre une porte de la sous-préfecture de Corte, avant de l'incendier.

La cour d'assises spéciale de Paris a condamné, ce jeudi 6 octobre, trois jeunes Corses à des peines de cinq à huit ans de prison pour un attentat en 2012 à Corte, au lendemain d'incidents sur l'île entre forces de l'ordre et nationalistes. Parmi les accusés, âgés de 22 à 24 ans, Nicolas Battini a été condamné à 8 ans de prison et Stéphane Tomasini à 5 ans. Le troisième, Joseph-Marie Verdi, petit-fils de l'ancien dirigeant indépendantiste Charles Pieri, en fuite et sous le coup d'un mandat d'arrêt, a été condamné à six ans de prison "par défaut".

Un attentat à la voiture-bélier

Les accusés étaient jugés pour avoir participé à un attentat à la voiture-bélier le 1er avril 2012 contre la sous-préfecture de Corte. Ce jour-là, une voiture avait défoncé la grille et pénétré dans la cour. Elle avait été incendiée et un engin explosif, qui n'avait pas fonctionné, avait été retrouvé. Mercredi, des peines de six à huit ans avaient été requises mercredi contre les trois accusés. Dans la soirée, à Bastia, quatre policiers et gendarmes ont été blessés lors d'incidents avec plusieurs dizaines de jeunes nationalistes corses qui dénonçaient ces réquisitions.

"Ça ne nous paraît pas être un verdict d'apaisement" - Maître Saveriu Felli, avocat de l'un des condamnés

"Huit ans, c'est une condamnation lourde pour un jeune qui n'avait que 18 ans au moment des faits", a réagi Maître Benjamin Genuini, l'un des avocats de Nicolas Battini. "Ça ne nous paraît pas être un verdict d'apaisement", a abondé son confrère, Maître Saveriu Felli. Signe du caractère sensible de ce procès dans l'île, le président nationaliste de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, était présent ce jeudi dans la salle des grandes assises de Paris. L'élu était déjà venu au premier jour d'audience expliquer à la cour que l'attentat de Corte relevait "aujourd'hui de l'histoire". Il a réagi au verdict :

Gilles Simeoni, le président du Conseil exéctuif de Corse, a aussi réagi :

Le principal accusé, Nicolas Battini, a été mis en cause par deux proches, et son ADN a été retrouvé dans une maison abandonnée à Corte, où les enquêteurs ont découvert du matériel utilisé pour l'attaque de la sous-préfecture. Il a aussi été jugé et condamné pour une attaque à l'engin explosif de l'Office de l'environnement de Corte, la nuit du 8 février 2012, qui n'avait causé que des dégâts matériels, où son ADN a aussi été retrouvé.

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