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Faits divers – Justice

Attentat de la rue des Rosiers : l'ex-patron du renseignement français avait conclu un accord avec le groupe terroriste

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Paris

L'ancien patron du renseignement français, Yves Bonnet, a reconnu en janvier dernier devant un juge avoir négocié un accord avec le groupe terroriste responsable de l'attentat de la rue des Rosiers à Paris en 1984. La tuerie avait fait six morts et 22 blessés.

L'attentat avait fait six morts et 22 blessés.
L'attentat avait fait six morts et 22 blessés. © AFP - JACQUES DEMARTHON

Yves Bonnet, l'ancien patron des services de renseignements français a reconnu en janvier dernier devant un juge avoir passé un accord avec le groupe palestinien Abou Nidal, à qui l'attentat de la rue des Rosiers a été attribué, selon une information du Parisien confirmée par franceinfo. 

Six morts et 22 blessés 

Il y a 37 ans jour pour jour, le 9 août 1982, un commando avait fait exploser une grenade dans le célèbre restaurant de Jo Goldenberg dans le quartier juif au sein du Marais, au milieu d'une cinquantaine de personnes. Composé de trois à cinq hommes, le groupe de terroristes a ensuite remonté la rue, vidant les chargeurs de leurs pistolets-mitrailleurs en direction des passants. 

Le bilan de l'attaque est terrible, six morts et 22 blessés. L'attentat a été attribué à un groupe dissident de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), le Fatah Conseil Révolutionnaire (Fatah-CR) aussi dénommé organisation Abou Nidal. 

Un accord avec le groupe terroriste 

C'est avec des représentants de l'organisation d'Abou Nidal que la Direction de la surveillance des territoires (DST devenue DGSI) va négocier un accord. "On a passé une sorte de deal verbal en leur disant : "Je ne veux plus d'attentats sur le sol français et, en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu'il ne vous arrivera rien", rapporte le Parisien reprenant des propos d'Yves Bonnet, ancien patron de la DST. Les renseignements auraient même permis à deux membres de l'organisation de rendre visite à deux prisonniers responsables du meurtre d'un représentant de l'OLP à Paris. 

Le quotidien rapporte également que la DST a organisé une rencontre peu après l'attentat. "Ce sont mes collaborateurs qui les ont vus", détaille Yves Bonnet devant le juge avant de prendre position : "Je ne vais pas les dénoncer. C'est moi qui prends les responsabilités de l'accord". 

Fin de la vague d'attentats

Il n'a pas dit quels sont les terroristes rencontrés, mais selon lui ce ne sont pas les auteurs de l'attaque de la rue des Rosiers. Selon l'ancien patron de la DST, l'accord est une réussite : "Ça a marché, il n'y a plus eu d'attentats à partir de fin 1983 (...) jusqu'à fin 1985", a t-il dit déclaré en audition. Il refuse néanmoins le terme de "collaboration". 

Il a poursuivi en expliquant : "Après qu'ils commettent des attentat en Italie, par exemple, ça ne me regardait pas tant qu'il n'y en avait pas sur le sol français". 

Deux autres ex-responsables de la lutte antiterroriste ont été auditionnés en février, mais ils ont invoqué le secret-défense.

"L'Élysée n'en savait rien" 

Est-ce que François Mitterrand, alors président de la République, était au courant ? Et bien officiellement, "l'Élysée n'en savait rien" explique Yves Bonnet. Cependant il affirme qu'il disait tout au directeur de cabinet de Mitterrand, Gilles Ménage. Difficile alors d'imaginer que le président n'en fût pas informé. 

Les victimes demandent la levée du secret-défense

Les victimes s'interrogent et demandent q'une enquête parlementaire soit créée pour savoir si la France a négocié ou négocie encore avec des groupes terroristes. 

L'avocat de plusieurs familles de victimes de l'attentat, Maître Avi Bitton demande la levée du secret-défense, "Nous allons demander au juge d'instruction de faire des requêtes pour lever le secret défense afin qu'il puisse enquêter sur cette éventuel accord secret passé entre l'Etat français et cette organisation terroriste", a t-il déclaré sur franceinfo. "Les Français ont le droit de savoir que leur gouvernement aurait passé un accord secret avec un groupe terroriste", a conclu l'avocat. 

Dans cette affaire, quatre suspects ont été identifiés en Jordanie, en Norvège et dans les territoires palestiniens. Le juge français antiterroriste Marc Trévidic a délivré en 2015 des mandats d'arrêts internationaux contre eux, mais la justice n'a pas réussi à obtenir leur extradition.