Faits divers – Justice

Attentat de Londres : "Mon frère a vu la haine dans les yeux du terroriste"

Par Hajera Mohammad, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu lundi 5 juin 2017 à 14:42

Des fleurs déposées près de Borough Market en hommage aux victimes de l'attentat de Londres, le 3 juin 2017.
Des fleurs déposées près de Borough Market en hommage aux victimes de l'attentat de Londres, le 3 juin 2017. © Maxppp - Maxppp

Sept personnes ont été tuées dans l'attentat de Londres, le 3 juin dernier. Parmi ces victimes, un jeune Français qui travaillait dans un bistrot dirigé par un Breton. La sœur de ce restaurateur témoigne sur France Bleu Armorique.

Toute la famille Le Berre est encore sous le choc. Marie-Jo et Jean-Christophe, les parents, tiennent un café dans le petite village de Kerfourn, près de Pontivy dans le Morbihan. Ils travaillaient samedi soir quand l'attaque s'est déroulée à Londres, à Borough Market. Un quartier très animé de la capitale anglaise, que le couple et sa fille Lisa, connaissent bien puisque le fils de la famille, Vincent, y travaille depuis cinq ans. Il dirige le restaurant Boro Bistro.

"Mon frère s'est retrouvé face au terroriste" - Lisa, sœur de Vincent Le Berre, rescapé de l'attentat de Londres

Quelques minutes après l'attentat, Vincent appelle sa famille pour les rassurer. Il n'est pas blessé, mais très choqué car il a vu le van des terroristes avancer, juste au-dessus du Boro Bistrot et s'est retrouvé face à l'un d'entre eux. "Un des assaillants a sauté [du pont] sur les parasols de la terrasse du restaurant", raconte Lisa. "Mon frère s'est retrouvé face à cette personne-là, ils se sont regardés droit dans les yeux et mon frère m'a dit qu'il avait vu la haine dans les yeux du terroriste." Malgré tout, Vincent, avec des collègues, parvient à mettre à l'abri plusieurs clients. "Il a mis une quarantaine de personnes au sous-sol dans la cuisine et il leur a dit de ne pas faire de bruit, d'attendre", affirme Lisa. Un réflexe utile. D'ailleurs toute l''équipe du Boro Bistrot avait reçu une formation, une semaine auparavant, pour savoir comment réagir en cas d'attaque terroriste.

Un jeune français de 27 ans tué

Malheureusement, l'un des collègues de Vincent, "son meilleur ami" d'après son père, n'a pas survécu. Blessé à coups de couteau, le jeune Alexandre, 27 ans, avait des "attaches familiale à Saint-Malo, mais n'était pas lui-même un habitant de la ville", affirme le maire de la commune, Claude Renoult. Au total, sept Français ont été blessés dans cette attaque, dont quatre grièvement. Jean-Yves Le Drian, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères s'est rendu à leur chevet ce lundi après-midi. Vincent Le Berre, lui, devrait rentrer quelques jours à Kerfourn "pour se ressourcer auprès des siens", d'après son papa.

Mais pas de doute, Vincent retournera bientôt travailler, avec son équipe, au Boro Bistro : "Ils n'attendent que ça, retrouver le travail. Et puis ce restaurant est extraordinaire, c'est une leçon de vie parce que des personnes de toutes les nationalités y travaillent. Il y a des Polonais, des Algériens, des Sénégalais, avec une ambiance extraordinaire", explique Jean-Christophe Le Berre. "Si on avait que des gens comme ça sur Terre, on serait tranquille, il n'y aurait pas guerre", conclut, très ému, le père.

"Mon frère a vu la haine dans les yeux du terroriste" - Témoignage de Lisa, la sœur de Vincent Le Berre, rescapé de l'attentat de Londres