Faits divers – Justice DOSSIER : Attentat de Nice

Attentat de Nice : les plaintes de proches de victimes contre l'État et la municipalité classées sans suite

Par Anne Jocteur Monrozier et Isabelle Lassalle, France Bleu Azur et France Bleu jeudi 19 janvier 2017 à 14:41 Mis à jour le jeudi 19 janvier 2017 à 16:55

Hommage aux victimes de l'attentat de Nice sur la promenade des Anglais en octobre 2016.
Hommage aux victimes de l'attentat de Nice sur la promenade des Anglais en octobre 2016. © Maxppp -

Le parquet de Nice a annoncé ce jeudi que les plaintes contre l'État et la municipalité de Nice pour mise en danger de la vie d'autrui, déposées par 23 familles ou proches de victimes de l'attentat du 14 juillet, étaient classées sans suite.

Les plaignants contestaient le dispositif de sécurité déployé lors des festivités du 14 juillet. Mais le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre a estimé ce jeudi qu'il ne peut retenir "aucun fait de nature à engager une quelconque responsabilité pénale à l'encontre de quiconque".

Les plaintes contre l'État et la municipalité de Nice pour mise en danger de la vie d'autrui ont été classées sans suite. Elles avaient été déposées par 23 familles ou proches des victimes de l'attentat du 14 juillet qui a fait 86 morts, à la fin du feu d'artifice.

Une décision susceptible de recours

Le procureur a précisé que "pour que l'infraction pénale soit constituée, il ne faut pas simplement avoir été imprudent ou avoir commis une erreur, mais il faut avoir eu conscience d'un risque important, que la couverture de ce risque ait été prévue et que le responsable ait sciemment décidé qu'il n'en ferait rien. Ce n'est pas ce qui a été constaté dans cette affaire".

Afin de prévenir les possibles objections des familles endeuillées, le procureur Jean-Michel Prêtre a prévenu que sa décision était susceptible de recours, "elles peuvent déposer plainte avec constitution de partie civile devant un juge d'instruction ou un tribunal correctionnel". Elles peuvent aussi se retourner devant des juridictions administratives ou civiles.

L'hypothèse d'un attentat avec un camion avait bien été envisagée, mais pour l'Euro 2016 de football, pas pour le soir du feu d'artifice. "Les services concernés n'ont pas transmis aux responsables de la sécurité ici d'indications relatives à un risque particulier de type voiture ou camion-bélier", a précisé le procureur.

Le contrôle des poids lourds remis en cause

Parmi les nombreuses plaintes, l'avocat des parents du petit Yanis, tué lors de l'attentat, visait en particulier "le défaut de mise en place de contrôles de la circulation des poids lourds" aux abords de la Promenade des Anglais. Le conducteur avait pu se rendre sur la Promenade des Anglais à onze reprises entre le 11 et le 14 juillet avec son 19 tonnes.

"Il s'avère qu'il n'y a pas à Nice ni ailleurs de texte interdisant totalement la circulation d'un type de véhicule donné. Les arrêtés visent les camions en transit. Le fait qu'il y ait un camion de 19 tonnes sur la Promenade ne se heurte pas à la loi et on ne voit pas pourquoi le service de vidéo-surveillance aurait dû s'alarmer", a répondu le procureur.

Il a précisé, "moi, ce que j'ai constaté, c'est que tous les postes de sécurité étaient tenus et qu'il n'y a eu aucun trou".