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Faits divers – Justice

Attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray : un an après, retour sur le parcours terroriste d'Abdel-Malik Petitjean

mercredi 26 juillet 2017 à 0:30 Par Bleuette Dupin, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu Pays de Savoie et France Bleu

Hommage ce mercredi au Père Hamel, assassiné il y a un an dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray en Seine-Maritime par deux djihadistes de 19 ans. L'un d'eux vivait à Aix-les-Bains avec sa mère. Retour sur son parcours de radicalisation.

un an jour pour jour après l'assassinat du Père Hamel, le président Macron assistera à une cérémonie d'hommage ce mercredi à Saint-Etienne-du-Rouvray
un an jour pour jour après l'assassinat du Père Hamel, le président Macron assistera à une cérémonie d'hommage ce mercredi à Saint-Etienne-du-Rouvray © Maxppp - Arnaud Journois

Aix-les-Bains, France

Il y a un an le père Hamel, prêtre de 85 ans, était égorgé en pleine messe dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray en Seine-Maritime par deux djihadistes. Les assassins, Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, 19 ans, ont été abattus par les forces de l'ordre à leur sortie de l'église.

Adel Kermiche, qui vivait à Saint-Etienne-du-Rouvray chez ses parents, était connu comme islamiste radical depuis plus d'un an. Abdel-Malik Petitjean, présenté comme celui qui a donné les coups de couteaux mortels au prêtre, faisait l'objet d'une recherche depuis quelques jours après une vidéo de menaces diffusée sur internet.

Le nom Abdel-Mallik Petitjean, a résonné pour de nombreux aixois. Ceux qui l'ont cotoyé dans le lycée Marlioz où il avait décroché son bac, ceux qui l'ont employé ou ont travaillé à ses côtés lors de ses stages dans des commerces, ses missions d'interim. Les enquêteurs ont retracé son parcours.

Abdel-Malik Petitjean, radicalisé depuis plusieurs mois

En mars 2016, quatre mois avant l'assassinat, son père adoptif qui vit en Gironde est alerté par sa mère de sa radicalisation. Le père expliquera avoir tenté de le contacter en vain.
En juin, Petitjean tente de se rendre en Turquie, sans doute pour rejoindre la Syrie, en passant par la Suisse, il échoue mais se fait repérer. En juillet, il navigue entre Aix-les-Bains, le domicile de sa mère, Montluçon, chez sa grande sœur, et Nancy où il a un cousin.Il cherche à passer à l'acte mais seul, il a du mal.

Ses conversations du Telegram, l'élément déclencheur

C'est sur l’ordinateur portable de sa sœur à Montluçon où il passe trois jours, qu'il échange longuement via la messagerie Telegragram avec Adel Kermiche. Il a le même âge, 19 ans, il vit chez ses parents à Saint-Etienne-du-Rouvray. Il est fiché S, il a tenté de se rendre à deux reprises en Syrie. Il est sous contrôle judiciaire avec un bracelet électronique et peut donc difficilement s’éloigner de chez lui sans être repéré. Il anime une chaîne de discussion privée sur Telegram sur laquelle il fait l'apologie de Daesh.

Petitjean est aussi en contact avec Rachid Kassim, considéré comme un des propagandistes français les plus dangereux depuis la Syrie. Il serait mort en février dernier dans un bombardement de la coalition. Kassim le presse d'agir, l'oriente vers un lieu hautement symbolique.

Petitjean n'a pas d'argent pour le voyage vers Rouen. Il va rejoindre Kermiche en blablacar trois jours avant l'attentat. Le chauffeur du second véhicule racontera que la conversation était tout à fait normale avec lui et ses deux autres passagers, pendant les deux heures de trajet entre Paris en Rouen.

Les deux terroristes vont tenter une première action le 25 juillet mais la porte de l'église est fermée. Ils récidivent le lendemain. Entre la prise de contact des deux terroristes et l'attentat il s'est écoulé cinq jours.

Deux hommes sont écroués dans le cadre de l'enquête : un cousin d'Abdel-Malik Petitjean, de Nancy, âgé de 31 ans, dont les enquêteurs ont la conviction qu'il connaissait son projet, et un homme de 22 ans, originaire de la banlieue toulousaine, qui a rejoint les assassins à Saint-Étienne-du-Rouvray, mais les a quittés sans participer à l'attaque.