Faits divers – Justice

Attentat déjoué à Orléans : le cerveau du duo affirme que "la France l'a beaucoup déçu"

Par Patricia Pourrez et Stéphane Barbereau, France Bleu Orléans et France Bleu lundi 25 janvier 2016 à 5:22

Le commississariat d'Orléans, cible possible d'un projet d'attentat
Le commississariat d'Orléans, cible possible d'un projet d'attentat © Radio France - Stéphane Barbereau

EXCLU | France Bleu Orléans a eu accès aux premières déclarations de l'un des deux Orléanais soupçonnés de terrorisme. Agés de 24 et 25 ans, les deux hommes sont accusés d'avoir projeté un attentat contre les forces de l'ordre. Ils avaient été arrêtés juste avant Noël.

Il s'appelle Rodrigue, est présenté comme le "cerveau" du duo interpellé mi-décembre à Orléans, deux jeunes hommes de 24 et 25 ans mis en examen pour "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste". Il est originaire du Togo, mais avait grandi dans le quartier des Blossières, son complice présumé vivait, lui, à l'Argonne. Rodrigue avait quitté son pays natal à 10 ans pour s'installer à Orléans. Le décès de son père peu de temps après sera le premier choc de sa vie.

Renvoyé de l'armée

Adolescent, il est condamné pour plusieurs délits mineurs : vol, rébellion,... Mais il souhaite rebondir et choisit pour cela l'Armée. Ce sera le corps des Parachutistes. Il en est renvoyé 3 mois plus tard pour une raison encore inconnue. Selon son avocate, que France Bleu Orléans est parvenue à joindre, son client n'a toujours pas digéré son renvoi de l'armée. Elle décrit Rodrigue de la manière suivante :

"Un garçon gentil, aimable mais dont l'état d'esprit est encore difficile à cerner. Il a simplement confié en garde à vue que la France l'avait beaucoup déçu"

Ces derniers mois, le jeune homme travaillait dans le milieu médical. Il se serait radicalisé au contact d'un imam à Orléans, sans que l'on connaisse son identité ni le lieu de prière qu'il fréquentait.

Pas d'autorisation de visite pour sa mère en prison

Selon son avocate, son client est encore tiraillé aujourd'hui entre le bien et le mal. Il reconnaît avoir eu des intentions d'attentat. L'enquête montre d'ailleurs des conversations téléphoniques qui le prouvent. Le juge d'instruction ne l'a entendu qu'une seule fois jusque-là. Il a été écroué en région parisienne, le lieu de détention exacte reste inconnu, pour des raisons de sécurité. Sa mère, qui vit toujours à Orléans, n'a pas été autorisé pour l'instant à lui rendre visite. 

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