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Dossier : Attentat mortel à Strasbourg sur le marché de Noël

VIDÉO - Attentat du marché de Noël de Strasbourg : 48 heures qui ont marqué la ville

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine

Le 11 décembre 2018, le marché de Noël de Strasbourg est la cible d’un attentat. Durant plusieurs heures le centre-ville est bouclé. Le tireur Cherif Chekatt sera abattu après une traque de plus de deux jours. Cinq personnes perdront la vie et 11 autres sont blessées.

Le 11 décembre 2018, le marché de Noël de Strasbourg est la cible d'un attentat
Le 11 décembre 2018, le marché de Noël de Strasbourg est la cible d'un attentat © AFP - ABDESSLAM MIRDASS / HANS LUCAS

Peu avant 20h, le mardi 11 décembre 2018, un homme tire à plusieurs reprises sur des passants en plein cœur du marché de Noël de Strasbourg. Sur son parcours dans les rues de la ville, cinq personnes perdront la vie et 11 autres seront blessées. 

La ville est bouclée, mais l’homme parvient à s’enfuir malgré la riposte des militaires du dispositif Sentinelle. Cherif Chekatt, un fiché S de 29 ans qui vivait à Strasbourg sera abattu deux jours plus tard dans le quartier de Neudorf. 

L’assourdissant silence

Quasiment immédiatement après les premiers tirs, la ville est entièrement bouclée. Les ponts sont fermés. Ceux qui sont à l’intérieur de la Grande Île ont des consignes : rester confiné chez eux, dans des cafés, des restaurant, les lieux de culture. Les parlementaires européens ont interdiction de quitter l’enceinte du bâtiment qui est pourtant à plus de 2 kilomètres de distance du centre-ville. Même les spectateurs qui assistent au match de basket de la SIG au Rhénus se retrouvent confinés.

Courez, il y a un homme dangereux dans le secteur

Passées les premières minutes d’affolement, où les gens courent trouver un abri, l’îlot central est désert. Il n’y a plus personne dans les rues. Lucile Guillotin, journaliste à France Bleu Alsace se souvient de ce silence pesant. 

"J'ai remonté la rue des Juifs, la rue principale de Strasbourg, et là tous les gens venaient vers moi dans l’autre sens en courant, en pleurant, en criant. Moi j’ai couru dans le centre-ville, et je me suis retrouvée toute seule et là j’ai commencé à m’inquiéter". 

Elle croise un homme de la force Sentinelle qui lui explique qu'un homme dangereux est dans le secteur. Elle sort du périmètre et enchaîne plus de 4 heures de direct sur l'antenne de France Bleu Alsace.

Je suis arrivée à la radio, j’avais presque envie de pleurer

A la fin de la soirée,  tout le monde est un peu hébété.  "Émotionnellement c’était fort. C’était assez violent. Ça a été dur 2 jours, 3 jours après. On se remet vite. Mais malgré tout, ça laisse une trace."

Les premiers témoignages

France Bleu Alsace ouvre son antenne pour une édition spéciale. A l’antenne, des premiers témoins racontent la peur de ce qu’ils ont vu ou entendu. Ceux qui sont confinés racontent l’attente interminable qui va durer prés de quatre heures. Ce n’est qu’après 1h30 du matin que le confinement est levé. Le tireur lui court toujours.

Céline Rousseau, la rédactrice en chef de France Bleu Alsace n’est pas surprise quand elle reçoit la première alerte le mardi 11 décembre. Le marché de Noël de Strasbourg, qui réunit près de 2 millions de visiteurs chaque année, est une cible symbolique pour qui voudrait commettre un attentat. 

Un attentat a d’ailleurs été déjoué en 2 000. Les mesures de sécurité, toujours de plus en plus renforcées, notamment depuis les attentats de 2015 n’empêchent pas tous de penser, que plane toujours une menace terroriste sur le marché de Noël de Strasbourg.

Le parcours du tireur

Alors que les forces de police cherchent Cherif Chekatt, les enquêteurs reconstituent son trajet dans le centre-ville. L’homme entre dans la Grande Île par le pont du Corbeau. Vers 19 h 55, les premiers coups de feu sont signalés dans la rue des Orfèvres. Le tireur vient de toucher mortellement le Strasbourgeois Bartosz Niedzielski et le journaliste italien Antonio Megalizzi. D'autres victimes sont blessées.

Il se dirige vers la rue des grandes arcades. Il fait une nouvelle victime, un garagiste dans le quartier de la Meinau, Kamal Nagchchband. Il était âgé de 45 ans et père de trois jeunes enfants.

Vers 20H, rue du Saumon, le Strasbourgeois Pascale Verdene est tué devant la brasserie de la Stub. La dernière victime est un touriste thaïlandais, Anupong Suebsamarn, qui tombera rue du moulins.

Après un échange de tir avec quatre militaires du dispositif Sentinelle, le tireur, blessé à la main, parvient à prendre la fuite. Sa course mortelle dans le centre-ville se termine dans la rue du Pont Saint-Martin, où il grimpe dans un taxi. Le chauffeur le conduit, sous la menace, dans le quartier de Neudorf. 

Tout cela s’est passé en moins d’une demi heure. Tout au long de son parcours, trois personnes ont tenté de l'intercepter. Cinq vont perdre la vie et dix autres sont blessées.

Attentat de Strasbourg : le film des événements
Attentat de Strasbourg : le film des événements © AFP - AURENCE SAUBADU, THOMAS SAINT-CRICQ, JEAN MICHEL CORNU

Une ville déserte

Le lendemain, le marché de Noël est fermé. Les touristes désertent la ville. Dans les rues, on ne voit plus que les militaires du dispositif Sentinelle.

Céline Rousseau, la rédactrice en chef de France Bleu Alsace se souvient de l'ambiance pesante : "Les gens ont peur. Ils sont devant leur télé. On se dit tous qu’il faut que la vie reprenne, mais on ne savait pas où était  le terroriste".

La traque 

Une enquête est ouverte pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste. Plus de 670 policiers sont à la recherche de cet homme : Cherif Chekatt. Il a 29 ans. Il est fiché S et il a déjà été condamné à plus de 27 reprises, principalement pour des violences.

Durant deux jours, les contrôles se multiplient. A la frontière avec l’Allemagne, les files de voiture s’allongent. C’est surtout dans le quartier de la Meinau et au Neudorf, là où le suspect a été vu pour la dernière fois, que les opérations ont lieu.

La ville est comme en état de siège

Durant deux jours, Olivier Vogel journaliste à France Bleu Alsace suit les opérations de police. Il règne une étrange atmosphère. "La ville est en quelque sorte en état de siège et puis il y a toujours cette inquiétude de savoir ce tireur armé, errer dans les rues de la ville".

Les attentes interminables sont ponctuées de coup de chaud, jusqu’à l’issue finale : Jeudi 13 décembre aux alentours de 21h Chérif Chekatt est abattu par une équipe de la BST, la Brigade de sécurité de terrain, au 74 rue du Lazaret à Neudorf. C’est dans ce quartier que les forces de l’ordre le cherchait depuis deux jours. 

Olivier Vogel, se souvient de ce moment, vécu comme un soulagement par les riverains : "Quand il est abattu, il y a un soulagement pour les habitants. Les gens reprennent une vie normale tout en imaginant qu’on n’est pas à l’abri d’un attentat et que ce risque existera toujours".

La résilience

La ville de Strasbourg et son marché de Noël se sont retrouvé dans les phares de l’actualité. Puis la pression et la tension retombent

La mémoire des victimes est encore et toujours présente mais les Strasbourgeois ont aussi la volonté de passer à autre chose explique Céline Rousseau, la rédactrice en chef de France Bleu Alsace : "Les commerçants ont très vite voulu enlever ce qui ressemblait à de la commémoration parce que c’était dur de voir ça. C’est dur de se dire que la rue des orfèvres, elle est résumée à un attentat Les gens ont aussi beaucoup envie de penser à autre chose, même si je pense qu’il y a une nécessité de résilience comme après chaque attentat".

Les victimes ne sont pas oubliées pour autant. Des commémorations sont d'ailleurs prévues durant la période de Noël 2019 à Strasbourg. Au delà du moment de mémoire, il s'agit aussi de délivrer un message de paix et de résilience pour les organisateurs.

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