Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Attentat du musée du Bardo : des victimes du Loiret envisagent de porter plainte contre la Tunisie

lundi 10 août 2015 à 17:34 France Bleu Orléans

Trois femmes du Loiret envisagent d’engager des procédures judiciaires contre la Tunisie. Elles réfléchissent même à un éventuel dépôt de plainte après l'attentat du musée du Bardo le 18 mars dernier. Ce sont des proches d’Huguette Dupeu, une habitante d’Ascoux tuée de quatre balles lors de l’attentat. En tout, 22 personnes sont mortes dans cette attaque perpétrée au nom de l'État islamique.

Françoise (à gauche) et Dominique (à droite) reprochent à la Tunisie sa négligence. Aucun garde n'était à son poste au Bardo.
Françoise (à gauche) et Dominique (à droite) reprochent à la Tunisie sa négligence. Aucun garde n'était à son poste au Bardo. © Radio France - - Clémentine Vergnaud

Elles veulent des excuses. Que la Tunisie reconnaisse officiellement, dans les médias, sa responsabilité dans l'attentat du musée du Bardo. Elles veulent être considérées comme des victimes et surtout, qu’on ne les oublie pas. C’est pour cela que Fabienne Thauvin, Dominique Lecomte et Dominique Cazin envisagent des procédures judiciaires à l’encontre de la Tunisie, cinq mois après l’attentat du Bardo.  En tout, 22 personnes, dont 21 touristes étrangers, ont été tuées dans cet attentat mené par deux jeunes Tunisiens au nom de l'Etat islamique.

Le 18 mars, leur vie bascule à Tunis

Le 18 mars, leur croisière fait une escale à Tunis. Les quatre femmes, Huguette Dupeu, sa fille Fabienne, sa sœur Dominique et une amie de Fabienne, décident de visiter le musée du Bardo. Elles sont toutes les quatre blessées dans l’attentat. Huguette Dupeu meurt dix jours plus tard de ses blessures.  Aujourd’hui, elles se sentent oubliées. Pourtant, elles n’ont pas oublié l’horreur de l’attaque. Un traumatisme dans la vie de Françoise Thauvin, qui laisse des traces au quotidien : "Cela fait partie de notre quotidien. On se lève le matin, on pense à ça. On se couche, on pense à ça. Et même quand on dort, on y pense aussi. C’est compliqué, vous avez peur de tout . Je ne peux plus faire mes courses dans les grands supermarchés toutes seule. Quand je suis dans la foule, j’angoisse. Quand je vais quelque part je regarde toujours s’il y a un endroit où se cacher au cas où il se passerait quelque chose." 

Bardo SON 2

"On a reçu 10.000 euros et puis après débrouillez-vous"

  Ces difficultés au quotidien, Françoise a l’impression que la Tunisie ne les entend pas. Depuis son retour en France, le pays ne l’a pas suivie. Aucun représentant de la Tunisie n’était d’ailleurs présent lors des obsèques de sa mère. Quand elle atterrit en France, elle doit même se débrouiller et aller chez son médecin traitant pour soigner son épaule, blessée par balle. Conséquence : quelques jours plus tard, une phlébite la mène à l’hôpital. Françoise Thauvin s’est sentie très seule : "*On a été pris en charge jusqu’à notre retour en France. Et puis après, plus rien du tout. * On a reçu une indemnisation de 10.000 euros et après débrouillez-vous ." Un désintérêt de l’État tunisien mais aussi de l’État français, selon Dominique Cazin, l’amie de Françoise. Elle a reçu une balle dans le pied lors de la fusillade.** Bilan : double fracture, au talon et à la cheville. Elle a des débris de balles dans la jambe, ce qui l’empêche de bouger complètement ses orteils.

Dans le musée du Bardo après l'attentat - Maxppp
Dans le musée du Bardo après l'attentat © Maxppp

 

"Il n'y avait que quatre gardes dont un était malade et les trois autres à la buvette" - Philippe de Veulle, l'avocat des victimes

En Tunisie, elle est dans un autre hôpital, loin des blessés français. Elle ne reçoit aucune visite d’officiel français. Puis, en France, personne ne la contacte pour connaître son état de santé, alors qu’elle doit repasser par les urgences. Elle est désabusée : "Blessée, ce n’est pas suffisant pour l’État français. Il aurait peut-être mieux valu être enlevée ou décédée. On aurait peut-être eu plus de choses ." Leur seule demande aujourd’hui : un peu de reconnaissance. Que l’Etat tunisien admette qu’il est en faute. C'est une faute indéniable pour Philippe de Veulle, l’avocat de Françoise et de ses proches : "*Comment se fait-il qu’au Bardo, qui est le musée le plus visité de Tunis, il n’y avait que quatre gardes, dont un était malade et les trois autres à la buvette ?* Dominique Cazin se souvient d’ailleurs s’être étonnée de ne pas voir de gardes. Les quatre femmes n’ont pas été fouillées et personne ne leur a demandé leur carte d’identité. Leur guide se veut rassurant : "Les gardes sont là mais vous ne les voyez pas. " Aujourd’hui, Philippe de Veulle l’assure : la reconnaissance ne suffira pas. Il faudra indemniser les victimes, et de plusieurs centaines de milliers d’euros selon lui** .

Par :