Faits divers – Justice

Attentat raté contre le Thalys : le terroriste visait "une cible précise, déterminée"

Par France Bleu, France Bleu jeudi 15 décembre 2016 à 11:14

Muni d'une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins, il avait ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris le 21 août 2015
Muni d'une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins, il avait ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris le 21 août 2015 © Maxppp - Philippe Huguen

Près de 18 mois après l'attentat raté contre un Thalys, en août 2015, Ayoub El Khazzani a reconnu mercredi pour la première fois son implication dans l'attaque djihadiste, tout en réfutant avoir voulu commettre un "massacre de masse".

Ayoub El Khazzani, l’auteur de l’attentat raté contre le Thalys en août 2015, a reconnu mercredi pour la première fois son implication dans l'attaque djihadiste, 18 mois après l’attaque. Il réfute cependant avoir voulu commettre un "massacre de masse".

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Une kalachnikov, neuf chargeurs pleins

Entendu pendant plus de cinq heures devant un juge d'instruction antiterroriste, ce Marocain de 27 ans est revenu sur son parcours jusqu'à cette journée du 21 août 2015 lorsque muni d'une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins, il a ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris, peu après son entrée en France, dans le Pas-de-Calais. Il avait grièvement blessé un passager avant l'intervention de militaires américains en vacances qui l'avaient maîtrisé, mettant ainsi en échec un potentiel carnage, sept mois après les attentats contre l'Hyper cacher, à Montrouge et contre Charlie Hebdo.

Ce qu'il comptait faire savoir, c'est qu'il n'était pas là pour faire un massacre de masse et tuer n'importe qui

"Maintenant il assume, il prend ses responsabilités. Il explique que c'est en tant que jihadiste qu'il est monté dans ce Thalys (...) mais ce qu'il comptait faire savoir, c'est qu'il n'était pas là pour faire un massacre de masse et tuer n'importe qui (...) Pas du tout", a déclaré à la presse son avocate Sarah Mauger-Poliak à l'issue de l'audition. Selon elle, Ayoub El Khazzani avait "une cible précise, déterminée". "Ce n'est pas un hasard s'il est monté en première classe", a-t-elle ajouté sans en dire plus.

Une première version rocambolesque

Après les dénégations puis le silence, Ayoub El Khazzani entendait "revenir" sur ses premières déclarations en garde à vue, a justifié l'avocate. Mis en examen pour "tentatives d'assassinats à caractère terroriste", Ayoub El Khazzani avait à l'époque livré une version rocambolesque, expliquant avoir voulu rançonner les voyageurs du Thalys, avec des armes trouvées par hasard dans un parc de Bruxelles où il dormait avec des SDF. Convoqué depuis devant le juge, il gardait le silence. Son avocate demandait à ce qu'il soit réentendu.

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El Khazzani "se définit comme un jihadiste, il le revendique, pas avec fierté", a affirmé son avocate, décrivant l'émotion et les larmes de son client au cours de l'audition. "Il a une position très compliquée et encore assez ambivalente". Le juge doit le réentendre le 20 décembre.