Faits divers – Justice

Attentat sur les Champs-Élysées : le profil de l'assaillant au cœur de l'enquête, trois personnes en garde à vue

Par Marina Cabiten, France Bleu Paris Région et France Bleu vendredi 21 avril 2017 à 6:56 Mis à jour le vendredi 21 avril 2017 à 14:44

Vendredi matin, des Parisiens déposaient des gerbes de fleurs sur les Champs-Elysées
Vendredi matin, des Parisiens déposaient des gerbes de fleurs sur les Champs-Elysées © Maxppp - LP/ Jean Nicholas Guillo

L'enquête sur l'attentat des Champs-Elysées, qui a coûté la vie à un policier, se concentrait vendredi, à l'avant-veille de l'élection présidentielle, sur le profil de l'assaillant dont trois proches étaient entendus en garde à vue.

À trois jours d'une Présidentielle placée sous haute surveillance en raison de la menace jihadiste, la France a été frappée jeudi soir par un nouvel attentat : un policier a été tué en plein coeur de Paris, sur les célèbres Champs-Elysées. Deux autres policiers ont été blessés, dont l'un grièvement, tandis qu'une touriste a été plus "légèrement" touchée par balle, selon les autorités. L'assaillant a été abattu par la police. L'attaque a été presque aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste État islamique (EI).

Comment s'est déroulée l'attaque ?

"L'agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l'arme automatique, a tué l'un des policiers et à essayé de s'en prendre aux autres en courant", a rapporté une source policière. Il était peu avant 21h. Le quartier a été bouclé et d'importantes forces de police ont été déployées sur la célèbre et très touristique artère de la capitale. Un hélicoptère a survolé la zone. Choukri Chouanine, gérant d'un restaurant situé rue de Ponthieu, dans une rue adjacente, a raconté à l'AFP avoir entendu une "fusillade brève" mais avec "beaucoup de tirs". "On a dû cacher nos clients dans nos sous-sols", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl a salué "le professionnalisme immense, le dévouement, le sens du devoir des policiers" qui "a permis d'éviter un carnage sur les Champs-Elysées".

Des armes et un coran retrouvés dans la voiture de l'assaillant

Un fusil à pompe avec des munitions, deux gros couteaux de cuisine et un sécateur, ainsi qu'un Coran ont été retrouvés dans la voiture de l'assaillant, a appris franceinfo vendredi. Les enquêteurs ont également retrouvé un papier faisant référence à Daech. Dans le GPS de la voiture, se trouvaient les adresses de la Direction générale de la sécurité intérieure, du commissariat de Lagny (Seine-et-Marne) ainsi que de plusieurs armureries.

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Qui est l'auteur ?

"L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique", selon un communiqué publié par son organe de propagande Amaq. Or, selon des sources proches de l'enquête, l'assaillant est un Français de 39 ans. "L'identité de l'attaquant est connue et a été vérifiée", a indiqué devant la presse, près du lieu de l'attaque, le procureur de la République de Paris François Molins.

L'homme était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers et avait été arrêté le 23 février, avant d'être remis en liberté par la justice faute de preuves suffisantes, selon des sources proches de l'enquête. Il avait déjà été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion pour tentatives d'homicide volontaire sur un policier, un élève gardien de la paix et le frère de celui-ci, en Seine-et-Marne. Une perquisition a été menée jeudi soir dans ce département au domicile de l'assaillant, titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l'attaque.

Trois proches de l'assaillant qui a tué un policier sur les Champs-Elysées jeudi soir, une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), étaient interrogés en garde à vue par les services antiterroristes vendredi matin. Ces trois personnes font partie de l'entourage du tueur abattu par les forces de l'ordre, un Français de 39 ans, et se trouvaient aux domiciles perquisitionnés par les enquêteurs durant la nuit de jeudi à vendredi. Par ailleurs, en Belgique, un homme signalé jeudi par les services belges à leurs homologues français, et soupçonné d'être en lien avec l'attentat sur les Champs-Elysées, s'est présenté vendredi matin dans un commissariat.

Et maintenant ?

Vendredi matin, les Champs-Élysées étaient complètement ouverts à la circulation piétonne et véhiculée. Le cordon de sécurité a été retiré. Les investigations se poursuivent autour du terroriste. François Hollande a "convoqué" un conseil de défense vendredi matin. À son issue, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a souligné que "rien ne doit entraver (le) moment démocratique" de la présidentielle avant d'en appeler à "l'unité" du pays, sans annoncer de nouvelles mesures de sécurité.

Le Chef de l'État a annoncé qu'un "hommage national" sera rendu au policier tué. Les principaux candidats à la présidentielle, qui défilaient sur un plateau de télévision pour un dernier grand oral, ont dénoncé l'attentat et apporté leur soutien aux forces de l'ordre. Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron ont annulé leurs derniers déplacements de campagne prévus vendredi.