Faits divers – Justice

Attentat sur les Champs-Élysées : "L'assaillant n'était pas fiché S", confirme le procureur de Paris François Molins

Par Géraldine Houdayer, France Bleu Paris et France Bleu vendredi 21 avril 2017 à 18:36 Mis à jour le vendredi 21 avril 2017 à 19:39

Au lendemain de l'attentat sur les Champs-Elysées, le procureur de paris François Molins a détaillé le parcours judiciaire du tireur.
Au lendemain de l'attentat sur les Champs-Elysées, le procureur de paris François Molins a détaillé le parcours judiciaire du tireur. © AFP - Christophe Archambault

Après l'attentat de jeudi soir sur les Champs-Élysées, le procureur de la République de Paris François Molins a tenu une conférence de presse vendredi. Il a confirmé que l'auteur des tirs était connu des services de police mais a affirmé qu'il ne présentait pas de signe de radicalisation.

Après l'attaque terroriste qui a eu lieu sur les Champs-Élysées, à Paris, jeudi soir, le procureur de la République de Paris François Molins a tenu une conférence de presse ce vendredi. Il est notamment revenu sur le long parcours judiciaire de l'auteur de l'attaque. Il était connu des services de police et de justice, après plusieurs séjours en prison, a confirmé le procureur. François Molins a aussi affirmé que l'auteur des tirs n'était pas fiché S, et ne présentait pas de signe de radicalisation.

Quatorze ans en prison, pas de signe de radicalisation

L'assaillant était connu des services de police et de justice, a confirmé François Molins. Mais "il n'était pas fiché S et n'avait pas présenté, pendant ses presque 14 ans de prison, de signe de radicalisation ou de prosélytisme", a répété le procureur. En 2005, le tireur avait été condamné à 15 ans de prison pour tentative de meurtre sur personne dépositaire autorité publique, des faits commis en 2001. Il a ensuite écopé de plusieurs autres condamnations. En janvier dernier, le parquet antiterroriste est saisi, car "il cherche a se procurer des armes et veut tuer des policiers", a indiqué le procureur. L'homme avait en effet été arrêté le 23 février par la police judiciaire de Meaux. Mais il avait été relâché le lendemain à l'issue de sa garde à vue, faute d'éléments, a confirmé François Molins. En avril dernier, il avait été convoqué par la justice après avoir effectué un voyage en Algérie, et le juge ne l'avait pas renvoyé en prison. Le juge d'application des peines de Meaux lui avait rappelé ses obligations dans le cadre de son sursis avec mise à l'épreuve, après une condamnation pour vol avec effraction. L'intéressé avait expliqué être parti en Algérie du 15 janvier au 14 février 2017, "pour s'y marier" , a précisé le procureur. Il avait pourtant pour obligation d'avertir la justice de son voyage.

Le policier tué de deux balles dans la tête

François Molins est revenu sur le déroulement de l'attaque, et a confirmé que l'auteur a tiré avec un fusil Kalachnikov sur un car de policiers. Jeudi soir, vers 20h50, la voiture de l'assaillant s'est portée à la hauteur d'un car de police qui stationnait devant l'office de tourisme de Turquie. "L'auteur a mis pied à terre, a contourné son véhicule par l'avant et a fait feu avec un fusil d'assaut Kalachnikov en direction de la vitre conducteur du car de police, atteignant mortellement de deux balles à la tête un fonctionnaire de police âgé de 37 ans", a déclaré François Molins. Un deuxième policier est grièvement blessé. Un troisième fonctionnaire est blessé plus légèrement, a indiqué François Molins.

Un message manuscrit défendant Daech

"L'auteur des faits a été rapidement identifié", a indiqué François Molins. Il s'agit d'un Français né en 1977 en Seine-Saint-Denis. "Un morceau de papier retrouvé" près du corps du terroriste "supportait un message manuscrit défendant la cause de Daech", a expliqué François Molins. Plusieurs autres morceaux de papier ont été retrouvés dans le véhicule, "avec plusieurs adresses de services de police." "Dans le coffre du véhicule, les enquêteurs ont découvert un grand sac de sport noir, contenant un fusil à pompe, des munitions de calibre 12, deux gros couteaux de cuisine, un sécateur et un Coran" , a confirmé François Molins.

Le procureur a précisé qu'une enquête en flagrance avait été ouverte, dans la nuit de jeudi à vendredi, pour assassinat et tentatives d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste, et association de malfaiteurs terroriste criminelle, en vue de la préparation de crimes d'atteinte aux personnes.