Faits divers – Justice

Attentats de Bruxelles : l'insupportable attente des familles de disparus

Par Julie Guesdon, France Bleu jeudi 24 mars 2016 à 13:18

Sur Twitter, des avis de recherche pour retrouver les proches disparus
Sur Twitter, des avis de recherche pour retrouver les proches disparus - Capture d'écran

De nombreuses familles sont sans nouvelles de leurs proches, deux jours après les attentats de Bruxelles. Ce jeudi, seules quatre victimes ont été identifiées sur les 31 personnes tuées dans les explosions et les réseaux sociaux pullulent de photos de disparus.

Deux jours après les attentats de Bruxelles, de nombreuses familles, sans nouvelles de leurs proches et plongées dans une insoutenable angoisse, se sont lancées depuis mardi dans une recherche désespérée sur place ou sur les réseaux sociaux. Les explosions meurtrières ont fortement abîmé les corps des 31 personnes tuées à l'aéroport et dans le métro de la capitale belge, rendant difficile le travail des enquêteurs qui n'ont pu identifier, pour le moment, que quatre victimes.

Des jours, voire des semaines, pour identifier les victimes

Un centre d'accueil a été mis en place à l'hôpital militaire de Bruxelles, afin d'informer les familles. Mais plusieurs spécialistes en médecine légale expliquent dans les médias que les identifications peuvent prendre des jours, voire plusieurs semaines.

Comme l'a précisé mercredi soir Ine Van Wymersch, sur la chaîne de télévision flamande VTM, l'équipe d'identification doit prendre d'importantes précautions avant d'annoncer un décès, et uniquement à partir de "preuves scientifiques". D'autant plus qu'il n'est pas possible d'identifier les victimes avec une simple "comparaison visuelle". Empreintes et empreintes dentaires, recherche ADN, tatouages, bijoux... La police judiciaire a même fait appel à Interpol pour les victimes étrangères.

Pour l'heure, les restes des victimes de Zaventem ont été envoyés à l'Université de Louvain, selon la commissaire générale de la police judiciaire. Quant aux victimes du métro de Maalbeek, les dépouilles sont acheminées vers l'hôpital militaire de Neder-Over-Heembeek.

Des avis de recherche sur les réseaux sociaux

En attendant, comme après les attentats à Paris en novembre, de nombreux appels à témoin ont été lancés sur Facebook et Twitter où les proches ont partagé des photos des disparus. Un compte Twitter @RechercheBXL a même été lancé pour regrouper tous les avis, comme cela avait été également fait lors des attentats de Paris.

"AVEZ-VOUS VU CETTE JEUNE FEMME ? Elle s'appelle ALINE BASTIN, de nationalité belge, 29 ans. Elle était très probablement dans le métro de l'attentat. Nous sommes DÉSESPÉRÉMENT à sa recherche - si vous l'avez vue, SVP contactez-nous!", dit un des messages, partagé des milliers de fois.

"Si vous avez des nouvelles elle s'appelle "loubna lafquiri" Elle se trouvait à 09h15 à la station de métro puis plus de nouvelle on a appelé les hôpitaux mais en vain...", lit-on dans un autre post.

Etudiant en marketing, Bart Migom, 21 ans, devait s'envoler pour les États-Unis pour rejoindre sa petite amie, Emily Eisenman. "Il m'a envoyé un texto depuis le train pour l'aéroport de Bruxelles. Il devait m'envoyer ensuite une photo de sa carte d'embarquement mais il ne l'a jamais fait", a-t-elle déclaré à une chaîne de télévision américaine.

Sascha et Alexander Pinczowski, une soeur et un frère américains, étaient également à l'aéroport. Selon des médias, ils étaient au téléphone avec leur famille lorsque les bombes ont détonné. Ils sont sans nouvelles depuis.

Le Britannique David Dixon, un informaticien de 51 ans vivant en Belgique, est également porté disparu. Sa tante a raconté au Daily Telegraph qu'il lui avait envoyé un SMS disant qu'il était "sain et sauf" après l'explosion à l'aéroport.

Elle craint qu'il ne soit ensuite descendu dans le métro parce qu'il n'est jamais arrivé à son travail et qu'il n'a plus donné signe de vie depuis. Sa compagne continue de faire le tour des hôpitaux.