Faits divers – Justice

Attentats de janvier : le garde du corps de Charb a été "sacrifié" selon sa veuve qui porte plainte

Par Marina Cabiten, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu mardi 5 janvier 2016 à 8:44

Ingrid Brinsolaro, la veuve du policie tué à Charlie Hebdo
Ingrid Brinsolaro, la veuve du policie tué à Charlie Hebdo © Maxppp

L'épouse d'un policier tué lors de l'attaque contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 a déposé lundi une plainte contre X, rapporte l'hebdomadaire L'Éveil normand, dont elle est rédactrice en chef.

L'épouse du policier Franck Brinsolaro, qui a perdu la vie dans l'attentat contre Charlie Hebdo, il y a un an, a porté plainte contre X, ont rapporté lundi soir L'Eveil Normand et Normandie Actu. La veuve réclame "des réponses". 

Des "faits troublants"

Me Philippe Stepniewski, l'avocat d'Ingrid Brinsolaro, elle-même rédactrice en chef de L'Eveil Normand, déclare avoir déposé lundi une plainte contre X auprès du procureur de Paris, François Molins. Une plainte pour "homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement en application des articles 121-3 et 221-6 du code pénal". Franck Brinsolaro assurait la protection du rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Stéphane Charbonnier, qui avait comme pseudonyme de presse Charb. 

Me Stéphane Stepniewski avec Anne Betrand

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Dans la plainte déposée, l'avocat d'Ingrid Brinsolaro estime que des interrogations existent sur "les raisons pour lesquelles le dispositif de protection de Stéphane Charbonnier (Charb) a été tantôt renforcé, tantôt allégé". La question se pose également de savoir "si les informations obtenues et exploitées par les services de renseignements l'ont été correctement".   Dans les colonnes de l'Eveil Normand, l'avocat Me Stepniewski insiste sur "deux faits troublants qui attestent des manquements de la Direction générale de la sécurité intérieure". Le premier fait "troublant" porte "sur les informations relatives aux menaces dont Stéphane Charbonnier faisait l'objet". Le second fait troublant porte sur le témoignage apporté par un journaliste travaillant à proximité des locaux de Charlie Hebdo qui avait discuté quelques mois avant l'attentat avec un homme qui cherchait à localiser les bureaux du journal. Ce journaliste en avait informé le chef de mission du service en charge de la protection de Stéphane Charbonnier, qui aurait rédigé un rapport à l'intention de la DGSI. "Avec ma cliente, nous voulons savoir si ce rapport, établi suite au signalement du témoin, a bien été rédigé et transmis", a précisé l'avocat. 

Un policier "sacrifié" selon sa veuve

Il ne s'agit pas d'être "dans la polémique", insiste Me Stepniewski, mais Mme Brinsolaro veut "des réponses aux questions" qu'elle pose depuis un an. Si dysfonctionnement il y a eu, l'épouse du policier "veut que des responsabilités soient prises", ajoute l'avocat. Lundi sur RTL, Ingrid Brinsolaro a estimé que son époux "a été sacrifié, il n’y a pas d’autres mots." 

Il voyait les dysfonctionnements, il regrettait le manque de sécurité dans les locaux, il disait que c’était une passoire et que c’était impossible de faire correctement son métier dans ces conditions-là - Ingrid Brinsolaro

Douze personnes avaient perdu la vie le 7 janvier 2015 dans l'attaque de Charlie Hebdo par deux jihadistes.

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